Julien Bonnecase

Julien Bonnecase
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Faculté de droit de Bordeaux (d) (-)
Faculté de droit de Grenoble (d) (-)

Joseph Julien Bonnecase, plus connu sous le nom de Julien Bonnecase est né à Bilhères le 6 mai 1878 et mort à Perthes le 30 décembre 1950. C'est un juriste et professeur de droit français.

Biographie

Né le 6 mai 1878 à Bilhères, (France), Julien Bonnecase est le fils du géomètre Joseph Bonnecase et de Jeanne-Marie Peyrègne. Il est l'aîné de six frères et sœurs. Bachelier en 1897, il fait ses études de droit à Toulouse. Il est docteur en droit en 1905 et 1905[1]. Reçu au concours d’agrégation en 1908, il est nommé, à cette date, professeur de droit civil à la faculté de droit de Grenoble, où il enseigne, entre 1910 et 1919, diverses matières ( droit pénal, droit commercial comparé, législation industrielle...), jusqu'à sa nomination en 1913 à une chaire permanente de droit maritime à la faculté de droit de Bordeaux où il enseigne jusqu'au 9 mars 1941, date à laquelle il est révoqué[2] et mis d’office à la retraite[3]. Il meurt le 30 décembre 1950 à Perthes, en France[4].

Doctrine

Outre ses enseignements et une activité de consultation, Julien Bonnecase publie de nombreux ouvrages en droit positif, en histoire et en philosophie du droit.

À partir de 1927, il est directeur de la Revue générale du droit, de la législation et de la jurisprudence en France et à l’étranger[5],[6].

Dans « La notion de Droit en France au Dix-Neuvième Siècle », paru en 1919, il expose, dans une synthèse critique et en quatre chapitres, l'origine de la notion de droit, son contenu, sa fonction, ainsi que la philosophie française du droit de l'époque et ses tendances futures. Il se réfère à la doctrine métaphysique, selon saint Thomas d'Aquin, comme fondement des assises premières du droit[7].

En 1925, il publie un traité élémentaire de droit civil, devenu un ouvrage classique. Il élargit la matière en abordant des sujets tels que la personnalité physique, les personnes physiques et morales, le nom de la personne, le domicile et différents sujets dans cette branche du droit.

Il souligne « que la vie sociale ne peut être conçue sans le droit, qui est une condition de son existence, car la vie sociale exige de l'ordre, et le droit, par définition, représente l'ordre » (Introduction à l'étude du droit, 1941).

D'une manière générale, il s'oppose au « romantisme » et au positivisme de son époque, réhabilitant le Code civil, « bouclier de l’individu contre les abus de pouvoir des groupements »[8]. Il critique les commentateurs français du Code civil au cours du 19e siècle, partisans d'une méthode exégétique[9] par référence à l'exégèse biblique, et les regroupe sous le terme « École de l'Exégèse »[10]. Il leur reproche d'ignorer la pratique et de perdre de vue les besoins économiques et sociaux. Il préfère la méthode de ce qu'il nomme l’« École scientifique », s'opposant ainsi à la position dominante de la Faculté de droit de Paris et à la science juridique allemande, dans une perspective nationaliste[11].

Julien Bonnecase est le président du jury de thèse de Jean Carbonnier[12] et son préfacier[13].

Œuvres

Principaux ouvrages publiés :

  • La Thémis (1819-1831) : son fondateur, Athanase Jourdan (2e édition, entièrement refondue et augmentée d'une Introduction générale à l'histoire de la science du droit privé en France de 1789 à 1830), Paris, Sirey, , 416 p. (lire en ligne)
  • «La notion de droit en France au XIX• siècle, contribution à la philosophie du droit contemporain», 1919
  • « Traité de droit commercial maritime », Sirey, 1923
  • « Précis de pratique judiciaire et extrajudiciaire », Sirey, 1927
  • « La science juridique française : quelques aspects fondamentaux de l'œuvre de Léon Duguit », 1929
  • « Précis élémentaire de droit maritime », Sirey, 1932
  • « La pensée juridique française, de 1804 à l’heure présente », Delmas, 1933, 2 tomes
  • « Précis de droit civil (conforme au programme officiel des Facultés de droit) », A. Rousseau, 1934-35, 3 vol.
  • « Introduction à l’Étude du droit », 3ème éd., Sirey, 1939
  • « Précis de jurisprudence civile et commerciale », LGDJ, 1942

Bibliographie

  • D. Sequerra, « L’œuvre scientifique de M. le Professeur J. Bonnecase », Annales de la faculté de droit de l’Université de Bordeaux, , p. 114
  • Nader Hakim, « « Julien Bonnecase : historien de la science juridique ? », dans Histoire de l'histoire du droit, textes réunis par Jacques Poumarède,1-302. », Études d’histoire du droit et des idées politiques, no 10, , p. 291-302 (DOI 10.4000/BOOKS.PUTC.11167, lire en ligne, consulté le )
  • Jean Brèthe de la Gressaye, « Souvenirs d’un civiliste (1912-1965) », Revue trimestrielle de droit civil, , p. 661
  • Marc Malherbe (préf. Marc Penouil), La Faculté de droit de Bordeaux (1870-1970), Presses universitaires de Bordeaux, (lire en ligne), p. 138-139, 153-160, 277-279.
  • Nader Hakim et Fabrice Melleray, Le renouveau de la doctrine française. Les grands auteurs de la pensée juridique au tournant du XXe siècle, Dalloz, , 330 p. (ISBN 9782247082728)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

(pt) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en portugais intitulé « Julien Bonnecase » (voir la liste des auteurs).
  1. avec deux thèses : La faillite virtuelle, étude de jurisprudence, V. Rivière, 1904 ; Le féminisme et le régime dotal, V. Rivière, 1905.
  2. Marc Malherbe, La Faculté de Droit de Bordeaux: (1870 - 1970), Presses Univ de Bordeaux, (ISBN 978-2-86781-163-0, lire en ligne), p. 157 et suiv.
  3. Impliqué dans une affaire de trafic d’influence, qui se termine par un non-lieu en juin 1942. (cf. Nader Hakim, « Julien Bonnecase : historien de la science juridique ? », dans Histoire de l'histoire du droit, textes réunis par Jacques Poumarède », Études d’histoire du droit et des idées politiques, no 10, , p. 291
  4. Théry, Irène., Le démariage : justice et vie privée, O. Jacob, (ISBN 2738102093, OCLC 300912211, lire en ligne)
  5. « Revue générale du droit, de la législation et de la jurisprudence en France et à l'étranger », sur Gallica, (consulté le )
  6. Nader HAKIM, « Fatiha Cherfouh, Le juriste entre science et politique La revue générale du droit, de la législation et de la jurisprudence en France et à l’étranger (1877-1938), LGDJ, 2017. », sur Hi-D, (consulté le )
  7. Georges Legrand, « Julien Bonnecase, La notion de droit en France au dix-neuvième siècle », Revue Philosophique de Louvain, vol. 23, no 92, , p. 435–437 (lire en ligne, consulté le )
  8. « Où en est le droit civil ? », Cahiers de la Nouvelle Journée, n°4, La cité moderne et les transformations du droit, 1925, p.48-84 ; La Philosophie du code Napoléon appliquée au droit de famille, 2 e éd., de Boccard, 1928, p. 90.
  9. Philippe Remy, « Le rôle de l’Exégèse dans l’enseignement du Droit au XIXe siècle », Revue d'histoire des facultés de droit et de la culture juridique, du monde des juristes et du livre juridique, , p. 91-105 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  10. Encyclopædia Universalis, « ÉCOLE DE L' EXÉGÈSE », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  11. Nader Hakim, « « Julien Bonnecase : historien de la science juridique ? », dans Histoire de l'histoire du droit, textes réunis par Jacques Poumarède, », Études d’histoire du droit et des idées politiques, vol. 10, , p. 9 (lire en ligne, consulté le )
  12. « Le régime matrimonial : sa nature juridique sous le rapport des notions de société et d'association », Delmas, 1932
  13. Jean Hauser, « Naissance d'un sociologue du droit : notes de lecture », L'Année sociologique, vol. 57, no 2, , p. 301–310 (ISSN 0066-2399, DOI 10.3917/anso.072.0301, lire en ligne, consulté le )
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