Käte Lassen
Berta Katharina Lassen, dite Käte Lassen, née le à Flensbourg et décédée le à Flensbourg, est une peintre allemande.
Biographie
Käte Lassen naît le 7 février 1880 à Flensbourg, d'un père orfèvre[1].
À l'âge de seize ans elle prend des cours de dessin à l'école des arts et métiers de Hambourg[2].
Puis Käte Lassen étudie de 1898 à 1902 à l'Académie des femmes de l'Association des femmes artistes de Munich auprès de Ludwig Schmid-Reutte, Maximilian Dasio et Angelo Jank. De 1902 à 1904, elle reçoit des cours particuliers de Hugo von Habermann. Elle a son propre atelier à Munich.
En 1904, elle revient à Flensbourg, où elle a un atelier jusqu'à la fin de sa vie. Elle achète également une maison à Vorupor, où elle se rend chaque printemps pour peindre[1].
En 1908, Käte Lassen prend des cours de dessin dans une école privée d'arts à Paris[2].
Le style de Käte Lassen est empreint des éléments du Jugendstil munichois, des influences scandinaves, particulièrement danoises et de l’expressionnisme, ainsi que des caractéristiques de la Nouvelle objectivité. Son travail sur le vitrail lui permet de déployer son langage figuratif, reposant sur l'aplat, l'abstraction et une ligne claire. Elle s'y confronte à des sujets existentiels et spirituels[3].
Vitraux
Käte Lassen : vitrail de l'église Marienkirche (Rendsburg)- Käte Lassen : vitrail de l'église Marienkirche de Flensbourg
Käte Lassen : vitrail de l'église Marienkirche de Flensbourg
Käte Lassen : vitrail de l'autel de la St. Georg-Kirche à Oeversee
Œuvres commandées pendant la période nationale-socialiste
En 1935, Käte Lassen créé un tableau pour le siège de la police de Flensbourg, dirigée alors par Konrad Fulda. Selon la biographe de la peintre Christina Mahn (2007), le tableau montre deux bergers allemands comme symboles de vigilance et de loyauté devant une zone circulaire, peut-être un symbole de communauté. L'œuvre est exposée au Museumsberg de Flensbourg depuis mai 2016. Le commanditaire, le chef de police Konrad Fulda (1878–1957), que Käte Lassen connaissait bien, a dû quitter ses fonctions prématurément lorsque la politique du régime s'est durcie en 1937. D’après les mémoires de Margarete Mitscherlich-Nielsen, qui vécut entre 1932 et 1937 chez la famille Fulda à Flensbourg, on avait le droit de lire des ouvrages « interdits » comme ceux de Freud et de Brecht – et de se moquer du régime nazi[4].

En 1938-1939, Käte Lassen réalise une peinture murale pour décorer l'auditorium du lycée de garçons de Eckernförde (aujourd'hui l'école Pestalozzi). La fresque, intitulée « Nordische Schwertetanz» (« Danse nordique de l'épée »), montrant des jeunes gens vêtus seulement de pagnes, mesure environ 4,5 mètres sur 9 mètres. Le thème correspond à l’idéalisation nationale-socialiste des traditions germaniques. La commande est passée dès l'année 1935. Le coût final et le temps consacré à cette œuvre ont largement dépassé ce qui était prévu initialement. De la fresque de Käte Lassen ne sont conservés que les dessins préliminaires au crayon, après que la tapisserie et la peinture qui les ont recouverts aient finalement été retirées[5].
En 1940-1941, Käte Lassen peint un tableau d'Adolf Hitler pour la Banque de crédit de Flensbourg. Selon Christina Mahn, la tête est petite et l'uniforme jaune-brun du parti est représenté de manière trop massive. L'expression du visage semble tendue, la main droite forme un poing serré pendant vers le bas, tandis qu'avec sa main gauche Hitler semble froisser un morceau de papier. Cela laisse place à la spéculation quant à savoir s’il s’agit d’un document spécifique, peut-être le traité de Versailles ou le pacte de non-agression germano-danois de 1939, qui conduirait à une interprétation critique du régime[6]. Le fond vide, compris comme vide sous-jacent, contribue à une impression globale ambivalente. Le tableau se trouve dans la collection du Museumsberg.
Hommages

L'école Käte-Lassen de Flensbourg, fondée en 1951, porte son nom. En 1958, la ville de Flensbourg a également donné son nom au chemin qui longe l'école, le Käte-Lassen-Weg.
Dans la maison en bois de Käte Lassen à Stenbjerg, au Danemark (Stenbjerg Kirkevej), le Museet for Thy og Vester Hanherred (depuis 2014 Museum Thy) et des amateurs d'art engagés ont installé une petite salle commémorative pour les artistes locaux. Les panneaux d'information rendent également hommage à d'autres artistes qui ont recherché l'isolement de la ville côtière : Jens Søndergaard, Peder Severin Krøyer et Marie Krøyer.
Expositions
- Du 26 février au 23 avril 2017 – Käte Lassen – Malerin am Meer – Musée d’Eckernförde avec visite de la fresque « Nordische Schwertertanz »
Publications à titre posthume
Bibliographie
- Katja Behling : Käte Lassen 1880–1956. Dans : Dies. et Anke Manigold : Die Malweiber. Unerschrockene Künstlerinnen um 1900. Berlin, Insel Verlag, 2013, (ISBN 978-3-458-35925-8), pp. 70–73.
- Uwe Carstens : Käte Lassen. Dans : Tönnies Forum. Vol. 16 (2007), numéro 1, pp. 71–75.
- Curt Gravenkamp : Eine Malerin der deutschen Nordmark. Dans : Westermanns Monatshefte . Vol. 161 (1936/37), n° 2, numéro 962, octobre 1936, pp. 105–112.
- Christina Kohla : Käte Lassen. Malerin am Meer. Boyens, Heide 2016, (ISBN 978-3-8042-1443-9) .
- Christina Mahn : Käte Lassen 1880–1956. Grenzgängerin der Moderne (Dissertation Kiel 2006). Boyens, Heide 2007, (ISBN 978-3-8042-1217-6) .
- Christina Mahn : Käte Lassen und der Norden. Eine Künstlerin zwischen Dänemark und Deutschland. Dans : Grenzfriedenshefte, 2007, numéro 2.
- Dierk Puls : Die Meisterin des Wandbildes und Glasfensters. Zum 100. Geburtstag Käte Lassens. In: Die Heimat. Monatsschrift des Vereins zur Pflege der Natur- und Landeskunde in Schleswig-Holstein und Hamburg. Bd. 83 (1976), Nr. 3, März, S. 98f. (Digitalisat)
- Annegret Rittmann: Käte Lassen. In: Allgemeines Künstlerlexikon. Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker (AKL). Band 83, De Gruyter, Berlin 2014, (ISBN 978-3-11-023188-5), S. 247 f.
- Ludwig Rohling : Käte Lassen. Das Werk der Malerin. Wolff, Flensbourg 1956.
- Ulrich Schulte-Wülwer : Malerei in Schleswig-Holstein, Katalog der Gemäldesammlung des Städtischen Museums Flensbourg. Boyens, Heide 1989, (ISBN 3-8042-0467-8) .
- Axel Lohr et Jan Petersen : Kirchenglasmalereien in Hamburg und Schleswig-Holstein. Herausgegeben von der Gesellschaft für Schleswig-Holsteinische Geschichte. Kiel 2023, (ISBN 978-3-9820897-5-1)
Notes et références
- 1 2 (de) Dierk Puls, « Die Meisterin des Wandbildes und Glasfensters. Zum 100. Geburtstag Käte Lassens. », Die Heimat. Monatsschrift des Vereins zur Pflege der Natur- und Landeskunde in Schleswig-Holstein und Hamburg, vol. 83, no 3, mars, , p. 98-99 (lire en ligne)
- 1 2 (de) Michael Fuhr, « Lassen, Käte », sur Société d'histoire du Schleswig-Holstein,
- ↑ (de) Mahn Christina, Käte Lassen : 1880–1956. Grenzgängerin der Moderne, Boyens, Heide, (ISBN 978-3-8042-1217-6), p. 200
- ↑ Stephan Linck, « "Am Werk des Führers mitarbeiten". Die Leiter der Flensburger Polizeibehörde », dans Verführt.Verfolgt.Verschleppt. Flensburger Beiträge zur Zeitgeschichte. Band 1, Flensburg, Broder Schwesen, , pp. 75-100
- ↑ (de) Christina Mahn, Käte Lassen 1880–1956. Grenzgängerin der Moderne, Boyens, Heide, (ISBN 978-3-8042-1217-6), p. 153-158
- ↑ (de) Christina Mahn, Käte Lassen 1880–1956. Grenzgängerin der Moderne, Boyens, Heide, (ISBN 978-3-8042-1217-6), p. 167-168
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Kirchenfenster von Käte Lassen – Kirchenfenster in Schleswig-Holstein & Hamburg
- Werke der Künstlerin im Museumsportal Schleswig-Holstein
- www.kaete-lassen.org ausführliche Seite mit Biografie, bebildertem Werkverzeichnis und Bibliografie
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