La Grande Menace (Lefranc)
| La Grande Menace | ||||||||
| 1er album de la série Lefranc | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Auteur | Jacques Martin | |||||||
| Genre(s) | Franco-belge Thriller |
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| Thèmes | Terrorisme | |||||||
| Personnages principaux | Guy Lefranc Jeanjean L'inspecteur Renard Axel Borg |
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| Lieu de l’action | France, Suisse | |||||||
| Époque de l’action | Années 1950 | |||||||
| Pays | France Belgique |
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| Langue originale | Français | |||||||
| Éditeur | Lombard | |||||||
| Collection | Collection du Lombard | |||||||
| Première publication | 1954 | |||||||
| Nombre de pages | 64 | |||||||
| Prépublication | ||||||||
| Albums de la série | ||||||||
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La Grande Menace est le premier tome de la série Lefranc écrit et dessiné par Jacques Martin, prépublié dans Tintin belge no 21/52 du au no 31/53 du (en France du no 193 du au no 256 du ), avant d'être édité en 1954 par les Éditions du Lombard.
Résumé
Le journaliste Guy Lefranc parti en vacances arrive par hasard à un poste de douane à la frontière franco-suisse non loin de Bâle où vient de se produire une altercation entre douaniers et trafiquants d'or. Sa voiture est réquisitionnée par un des douaniers pour se lancer à la poursuite des bandits. Ceux-ci disparaissent. Le lendemain Lefranc accompagne l'inspecteur Renard pour constater que la Bentley des trafiquants a été abandonnée vidée dans un ravin du Markstein. Lefranc reste seul aux abord du site. Un hélicoptère Bell 47B rouge arrive sur l'épave et la bombarde avant de repartir. Essayant de suivre l'aéronef, Lefranc se retrouve à Kaysersberg puis à Riquewihr où il dine. Un individu lui adresse un message disant qu'il a été suivi depuis Mulhouse et lui donne rendez-vous à 15h au Château du Haut-Koenigsbourg. Lefranc se rend sur place et fait la connaissance du jeune scout Jeanjean avant d'attendre son mystérieux interlocuteur. Celui-ci est mort assassiné et tient un message dans sa main "Lefranc attention...Paris sous la Tour Noire...".
Le château est bouclé et l'inspecteur Renard est appelé à la rescousse. Mais l'assassin est armé et tire sur Lefranc qui se met à sa poursuite avec Jeanjean. On apprend pendant ce temps à la radio qu'un ultimatum est lancé par une organisation secrète qui détruira une grande ville de France si une somme de trois milliards de francs-or n'est pas versée par le gouvernement français. Lefranc retrouve l'assassin. Suite à une lutte, celui-ci trébuche et passe par la fenêtre du donjon. Il est retrouvé mort en contrebas.
Lefranc rencontre alors Jean Müller journaliste de Vosges-soir, qui l'accompagne à l’hôtel Belvédère. Le journaliste s'avère faire parti de l'organisation secrète et révèle que Jeanjean est en train de rentrer vers son campement. Une tentative d'enlèvement du scout rate de peu, la voiture des kidnappeurs s'écrasant contre un arbre. L'inspecteur Renard fait le point avec Lefranc et l'informe de l'ultimatum qui pourrait être lié à leur affaire. En discutant, ils aperçoivent Jeanjean évanoui et le ramènent dans la chambre de Lefranc. Dans la pénombre, une Ford Vedette part précipitamment, voulant se lancer à sa poursuite l'inspecteur s’aperçoit que sa voiture a été sabotée et celle de Lefranc est piégée.
Le lendemain, L'inspecteur Renard, Lefranc et Jeanjean inspectent d'endroit où les kidnappeurs ont eu un accident mais la voiture à disparu. Ils sont néanmoins attaqués par l'hélicoptère des bandits. En suivant son trajet, l'équipe arrive près des ruines du Schwarzeburg - château de la Tour Noire. Au milieu des ruines, ils font la connaissance d'Axel Borg, propriétaire du domaine. Celui-ci les invite dans son manoir en contrebas et leur démontre qu'il n'y a pas de souterrain sous les ruines. De retour, l'inspecteur et Lefranc contemplent le site de loin et constatent qu'une usine de textile appartenant à Borg est située sous la colline de la tour noire. Ils voient également Müller arriver en Ford Vedette bleue pour discuter avec Borg avec qui il est intime.
Lefranc décide de louer un avion. Quand il décolle accompagné de l'inspecteur Renard, il voient l'hélicoptère rouge au loin. En le suivant ils arrive au château de la Tour Noire où l'hélicoptère à atterri. L'inspecteur filme la scène quand ils sont canardés par un canon de DCA. Lefranc esquive les coups. Rentré pour développer les films, ceux-ci sont tous voilés et inutilisables. L'inspecteur Renard doit monter à Paris pour demander de l'aide directement au ministère de l'intérieur. Prenant le train il se voit accompagné des sbires de Borg. Après un guet-apens à la gare de l'est. Les deux bandits sont tués et on récupère leur mallette contenant un composé pouvant contaminer Paris entier. Le ministre de l'intérieur ordonne une mission de reconnaissance sur la Tour Noire.
Pendant ce temps, Lefranc découvre que la Tour Noire se situe sur un morceau de la fortification abandonnée de la ligne Maginot. Il se rend avec Jeanjean sur une des entrée d'un fortin et y pénètre avec deux policiers. Jeanjean tombe dans une cage d’ascenseur. Voulant aller chercher de l'aide, Lefranc découvre un chasseur Mistral de l'armée de l'air aux prises avec le Bell 47B rouge. Celui-ci touché, le chasseur est pris à son tour pour cible par la DCA et finit par s'écraser sur l'hélicoptère. Les deux engins sont complètement détruit. Lefranc et les policier repartent en voiture.
Borg demande à ses sbires de nettoyer la scène et regagne son repaire sous-terrain. Puis il rejoint Lefranc à l’hôtel en le menaçant avec des photos de Jeanjean vivant mais à sa merci. Une lutte s'engage et Borg fuit. Alors que l'inspecteur Renard retourne à Colmar en compagnie d'un général d'armée près à mener l'assaut contre la Tour Noire, Lefranc est kidnappé dans son lit et se réveille dans le repaire de Borg. Celui-ci lui fait découvrir ses installations: une fabrique de fausse monnaie, une soufflerie, un cyclotron, etc. et son équipe de physiciens, chimistes, mathématiciens, avocats. C'est alors que l'alarme se déclenche pendant qu'un raid aérien approche. L’encerclement de la Tour Noire ne désarçonne pas Borg. À Paris, le gouvernement étant sur le point de tomber, l'attaque est repoussée faute d'ordres mais Müller est fait prisonnier.
L'ultimatum ayant pris fin, Borg ordonne par radio aux forces françaises de rendre les armes au sud de la Loire et réitère sa demande d'une somme de trois milliards de francs-or sinon Paris sera détruit. Affolée, la population déserte Paris. Borg désire se servir de Lefranc comme monnaie d'échange contre Müller. Mais Lefranc s'est échappé et à récupéré Jeanjean. Le général reçoit l'autorisation de poursuivre l'attaque mais la place est bien défendue, la DCA décime des bombardiers et les chars sont attaqués au canon. Poursuivis, Lefranc et Jeanjean se réfugient dans une salle technique mais se font déloger par des lance-flammes. Ils se cachent dans un aéronef en cours de test à la soufflerie puis s'échappent par un conduit d’aération alors qu'un second bombardement aérien au napalm arrive. Aux abois, Borg déploie son arme secrète, une fusée supersonique radiocommandée armée d'une bombe atomique.
Un appel radio menace à nouveau de destruction Paris. Le gouvernement ordonne l'évacuation de la capitale. Malgré l'intervention de Lefranc avec une patrouille via le conduit d'aération par où il s'est échappé, Borg déclenche d'envol de la fusée. Lefranc essaye de reprendre les commandes et redresse de justesse la fusée avant qu'elle n'atteigne Paris puis l'envoie à l'ouest ou elle explose en pleine mer. La capitale est sauvée et la menace a disparu bien que borg se soit volatilisé.
Personnages
- Guy Lefranc
- Jeanjean
- Inspecteur Renard
- Axel Borg
- Jean Muller, reporter du Vosges Soir, complice d'Axel Borg.
- Le brigadier de la douane française.
- Le premier ministre.
- Le professeur Cordier, microbiologiste.
- Le général Clermont.
- Le général Von Graf, chargé de la sécurité de la Tour Noire.
Genèse
Dans des souvenirs tardifs, publiés sous forme d'interview en 2007, Jacques Martin a déclaré qu'il était allé en 1951 « en vacances dans les Vosges, au Col de Bussang. Il y avait là un tunnel, et les Allemands en avaient fait une base de lancement aérien pour bombarder Paris. Ils n'ont heureusement jamais pu s'en servir. Mais en 1951, les V1 étaient toujours là, désarmés, et gardés par un soldat. Je me suis dit que n'importe quel imbécile aurait pu mettre une bombe là-dedans[1] ! » Selon un autre auteur, Jacques Lefranc faisait cette promenade en compagnie d'un ami d'enfance[2]. Cependant, le tunnel de Bussang ne pouvait pas être celui que Jacques Martin a visité, car il n'avait jamais abrité d'installation militaire. Les V1, du reste, n'avaient qu'une portée maximum de 210 km, insuffisante pour atteindre Paris. C'est vraisemblablement le tunnel ferroviaire inachevé d'Urbès en Alsace que l'auteur a visité en 1951. Les Allemands y avaient installé pendant la Seconde Guerre mondiale, non pas une rampe de lancement de missiles V1, mais une usine d'armement à l'abri des bombardements, dans laquelle des détenus fabriquaient des pièces pour les V1 et les V2.
Frappé par ce qu'il avait vu, Jacques Martin a commencé à imaginer une histoire sur le chemin du retour[3] et en a parlé alors avec la direction du journal Tintin : cette dernière a trouvé son récit excellent, mais l'a refusé, préférant que l'auteur poursuive les aventures d'Alix. Il a donc « insisté pour réaliser juste une histoire. Cela a été accepté à la condition qu'[il] transpose les personnages d'Alix et Enak à l'époque actuelle, d'où la création de Jean-Jean[3]. »
Naissance des personnages
Étant donné qu'Alix est un Gaulois, l'auteur a décidé que son alter ego moderne serait un Franc[4]. Il l'a nommé Guy Lefranc et en a fait un grand reporter, dans la lignée de Joseph Kessel (1898-1979) et d'Albert Londres (1884-1932) qui menaient tous les deux une vie d'aventurier d'un bout du monde à l'autre. L'Enak moderne, qui deviendra le compagnon adoptif du journaliste, porte le surnom Jeanjean, qui était celui d'un jeune garçon, que sa mère appelait incessamment dans le même quartier que l'auteur[4]. Pour le héros de cette aventure, il lui fallait un ennemi des années 1950, dans le genre d'Arbacès, qui ne cherche pas le pouvoir mais l'argent[5], un gentleman élégant et chevaleresque nommé Axel Borg. Ce nom est inspiré de la ville d'Axelborg, au Danemark[6].
La Grande Menace dans Tintin

Les premières pages de La Grande Menace furent publiées dans Tintin à partir du . L'album connut un grand succès avec près de soixante mille exemplaires vendus de son premier tirage[7].
Véhicules
Automobiles

- La Bentley R Type bleue et beige des malfrats.
- La Citroën B12 jaune d'un des bandits.
- La Simca 9 Aronde marron de Guy Lefranc.
- La Citroën 11 BL noire des policiers.
- La Ford Vedette bleue du journaliste complice d'Axel Borg.
- La Chrysler Windsor Saratoga marron des malfrats.
- Le taxi Renault Vivastella rouge et noir de la compagnie G7.
- La Renault Frégate beige, utilisée par le général de l'armée de l'air.
- La Ferrari 250 S marron d'Axel Borg.
Avions
- Un hélicoptère Bell 47B rouge utilisé par les comparses de Borg
- Un Mistral est abattu par la DCA du repaire d'Axel Borg.
- Une escadrille de P-47 Thunderbolt conduit le premier assaut contre le repaire d'Axel Borg.
- Une escadrille d'Ouragan conduit l'assaut nocturne contre le repaire d'Axel Borg.
- Le petit avion de tourisme, loué par Lefranc et le policier Renard, est un Boisavia Mercurey (suivant le cartouche de la planche dans laquelle l'aéroclub loue l'appareil, avant le survol du Haut-Koenigsbourg.)
Notes et références
- ↑ Camille Destraz, « Lefranc, c'est le plus Suisse des héros de Jacques Martin », sur lematin.ch, (consulté le )
- ↑ Thierry Groensteen et Alain De Kuyssche, Avec Alix : L'Univers de Jacques Martin (édition revue et augmentée), Tournai/Paris, Casterman, coll. « Jacques Martin », , 288 p. (ISBN 2-203-34905-0, lire en ligne), Deuxième partie : L'Odyssée d'Alix, chap. 3 (« Mes années d'apprentissage : Le Journal de Tintin »), p. 59
- 1 2 Brieg F. Haslé et Anne Prunet, « Interview : Jacques Martin », sur auracan.com, (consulté le )
- 1 2 Thierry Groensteen et Alain De Kuyssche, Avec Alix : L'Univers de Jacques Martin, Tournai/Paris, Casterman, coll. « Jacques Martin », , 288 p. (ISBN 2-203-34905-0, lire en ligne), Troisième partie : Guy Lefranc, reporter, « D'Alix à Lefranc », p. 160
- ↑ Jean-Louis Tallon, « Rencontre avec un grand de la bande dessinée. », sur pagesperso-orange.fr/erato/horspress, (consulté le )
- ↑ Thierry Groensteen et Alain De Kuyssche, Avec Alix : L'Univers de Jacques Martin, Tournai/Paris, Casterman, coll. « Jacques Martin », , 288 p. (ISBN 2-203-34905-0, lire en ligne), Troisième partie : Guy Lefranc, reporter, « Axel Borg, gangster international », p. 161-162
- ↑ Christophe Fumeux, Philippe Queveau, Stéphane Jacquet, David Pitoiset et Jérôme Presti, « L’Automobile par J. Martin du Journal de Tintin à l’Ouragan de Feu. », sur leszamignoufs.free.fr/webzines/enfants_d_alix, 2005-2006 (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Claude Le Gallo, « La Grande Menace », Phénix, no 4, , p. 18-20.
Liens externes
- La Grande Menace sur le site BD Gest', La Bédéthèque.
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