Lhalung Pelgyi Dorje

| Nom dans la langue maternelle |
ལྷ་ལུང་དཔལ་གྱི་རྡོ་རྗེ། |
|---|---|
| Activités |
| Maîtres |
Nyak Lotsawa Yeshe Shyönnu (d), Padmasambhava |
|---|
Lhalung Pelgyi Dorje (tibétain : ལྷ་ལུང་དཔལ་གྱི་རྡོ་རྗེ།, Wylie : lha lung dpal gyi rdo rje, THL : Lhalung Palkye Dorje) est un des vingt-cinq principaux disciples de Padmasambhava et un érudit bouddhiste tibétain de renom. Moine, il est surtout connu pour avoir assassiné en 842, Langdarma, le dernier roi du Tibet[1].
Jeunesse
Lhalung Pelgyi Dorjé est né à Dromto Gungmoche, à l'est de Lhassa. Lhalung est le nom de sa famille et dérive du lieu auquel elle est associée. Il a combattu sur le front de l'Est contre les Chinois, mais fatigué des carnages de la guerre, il commença à pratiquer la religion[1].
Éducation
Il s'est rendu, avec son frère Rabjor Wangpo aussi appelé Tsunpa Pelyang, au monastère de Samyé où il fut ordonné moine par Vimalamitra. Il reçut de Padmasambhava les vœux de bodhisattva et les initiations du Vajrayana[1].
Pelgyi Dorje reçut aussi les enseignements de l'Abhidharma de Jinamitra et de Kawa Paltsek qu'il aurait propagé dans le Kham. Il reçut de Vairocana des enseignements du Dzogchen qu'il transmit à Nyak Jñyānakumara[1].
Lhalung Pelgyi Dorje aurait fondé le monastère de Lhalung au IXe siècle, ou selon une autre hypothèse, le 1er karmapa Düsum Khyenpa en aurait le fondateur en 1154[2].
Régicide
Pelgyi Dorje est surtout connu pour avoir tué Langdarma, le dernier Empereur de la dynastie Yarlung. Langdarma était le frère de Relpachen, qui agrandit la taille de l'empire tibétain à sa plus grande taille et considéré comme un grand patron du bouddhisme. Langdarma aurait été un souverain anti-bouddhiste qui exécuta et bannit des moines et ferma des monastères[1].
Selon la version la plus souvent mentionnée de l'assassinat, Pelgyi Dorje méditait dans une grotte à Drak Yerpa quand il entendit parler de la persécution du bouddhisme par Langdarma. Il résolut de sauver à la fois la religion et le roi en l'assassinant - l'empêchant de fait d'accumuler le terrible karma de nuire au bouddhisme. Il est présenté comme un tantrikâ, excellent dans l'art de la « libération » des ennemis. Selon une inscription découverte à Yerpa (en), il était en fait un moine. Une anecdote rapporte qu'il s'enfuit en Amdo où il refusa d'ordonner un nouveau moine au motif qu'ayant commis un assassinat, il n'était plus qualifié pour ordonner d'autres personnes[1].
Cet évènement marque la fin de l'Empire du Tibet et le début de l'ère de la fragmentation. Les fils de Langdarma se divisèrent l'empire Ösung à l'Ouest et Yumten à l'Est.
Après une longue vie passée dans la solitude, Pelgyi Dorje est décédé, et manifesta le corps d'arc-en-ciel. Ses réincarnations comprennent le 1er Pelyul Pema Norbu (1679-1757), Chakri Rigdzin Nyima Drakpa (1647-1710), et les Surmang Trungpa Tulkous, en commençant par Kunga Gyeltsen[1].
Jens Schlieter (de), qui a étudié les stratégies de justification de la violence présentées dans des textes tibétains en se basant sur l'assassinat du dernier empereur du Tibet, Langdarma par le moine Lhalung Pelgyi Dorje, indique que cet épisode est relaté de façon prudente dans les Annales bleues[3].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Arthur Mandelbaum, « Lhalung Pelgyi Dorje », The Treasury of Lives: Biographies of Himalayan Religious Masters, (consulté le )
- ↑ Victor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, Éditions Olizane, 1998, (ISBN 2880862175 et 9782880862176), p. 771
- ↑ (en) Jens Schlieter (de), Université de Berne, « Compassionate Killing or Conflict Resolution? The Murder of King Langdarma according to Tibetan Buddhist Sources »:
The importance of the assassination that, according to the sources, was carried out by Palgyi Dorje, a Buddhist monk of Lhahung, can be gauged by the fact that he is revered by some major Buddhist schools as the precursor of Buddhism in Tibet.⁷ At least one monastery identifies him as a former reincarnation, or even traces its lineage of abbots back to him.⁸ Moreover, some contemporary Tibetan Buddhists have used his deed as an example of and justification for fighting against oppression—in their case the Chinese occupation of Tibet (since 1959).(...) Positions range from the cautious account in the Blue Annals of ’Gos lo-tsā ba g Zhon nu dpal, whose description is scarce and in plain words, to the highly mythological narrations by g Sal snang or Bu ston.¹³ As I would like to focus on the strategies for justifying violence presented in these texts, I will limit myself to some general trends that are part of nearly every account of the episode in question.
(« L'importance de l'assassinat qui, selon les sources, a été perpétré par Palgyi Dorje, un moine bouddhiste de Lhalung, peut être mesurée par le fait qu'il est vénéré, par certaines grandes écoles bouddhistes, comme le précurseur du bouddhisme au Tibet.⁷ Au moins un monastère l'identifie comme une ancienne réincarnation, ou même fait remonter sa lignée d'abbés jusqu'à lui.⁸ De plus, certains bouddhistes tibétains contemporains ont utilisé son acte comme exemple et justification de la lutte contre l'oppression – dans leur cas l'occupation chinoise du Tibet (depuis 1959).(...) Les positions vont du récit prudent des Annales bleues de 'Gos lo-tsā ba g Zhon nu dpal, dont la description est rare et en termes simples, aux récits hautement mythologiques de g Sal snang ou Bu ston.¹³ Comme je voudrais me concentrer sur les stratégies de justification de la violence présentées dans ces textes, je me limiterai à quelques tendances générales qui font partie de presque tous les récits de l’épisode en question. »)
Annexes
Bibliographie
- Dungkar Lobsang Trinley, The Merging of Religious and Secular Rule in Tibet, Pékin, Foreign Language Press, (ISBN 0-8351-2217-4, OCLC 34944222)
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