La ligne de Montluçon à Gouttières est une ancienne ligne de chemin de fer française à écartement standard et à voie unique non électrifiée.
Elle traversait le nord des Combrailles de Montluçon (au nord) jusqu'à Gouttières (au sud). Elle est aujourd'hui fermée et partiellement aménagée en voie verte.
Au lieu-dit Saint-Argier sur la commune de Durdat-Larequille, l'ancien aqueduc romain alimentant la cité antique de Néris est coupé par la construction de cette voie ferrée[2].
Histoire
Genèse
La loi du (dite plan Freycinet) portant classement de 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d’intérêt général retient en n° 106, une ligne de «Saint-Éloi au col de Vauriat et raccordement du col de Gouttières à la ligne de Montluçon à Eygurande»[3].
La Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans obtient par une convention signée avec le ministre des Travaux publics le la concession à titre définitif de la ligne à voie métrique de Gouttières à Létrade. Cette convention a été entérinée par une loi le [4]. Toutefois, ce projet ne sera pas réalisé, remplacé par une liaison directe entre Montluçon et Gouttières.
Dans les années 1880, la station thermale de Néris, qui reçoit[5]3 200 curistes pour 2 200 habitants, n'a pas de station de chemin de fer proche. Les curistes doivent descendre[5] en gare de Montluçon ou à celle de Chamblet - Néris, toutes deux nécessitant de prendre la route sur plusieurs kilomètres pour arriver à destination. Cette situation suscite plusieurs projets avant celui d'un chemin de fer de Montluçon à Gouttières, par Néris, dont l'intérêt est souligné par la chambre de commerce dans sa séance du [5]. Ce projet prend forme en 1910, permettant après enquête d'être déclaré d'utilité publique par une loi le [6] et attribué à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans par la convention du [5]. Cette même convention concède à titre éventuel à la compagnie une ligne de Gouttières à Eygurande qui ne sera pas réalisée[7].
Construction
Néanmoins il faut attendre le [5] pour que son tracé définitif soit approuvé, ce retard étant dû à la Première Guerre mondiale. La concession prévoyant qu'une partie des travaux – plate-forme de la voie, ouvrages d'art et maisons des gardes barrières – sont à la charge de l'État, son service des Ponts et chaussées adjuge, le [5], l'ensemble de ces réalisations à l'entrepreneur François Mercier, originaire de Tronget et établi à Moulins. L'entreprise exécute l'ensemble des travaux entre 1921 et 1926, la remise de ces infrastructures, à la compagnie d'Orléans, étant consignée par le procès-verbal du [5], établi par Rambaud, l'ingénieur chargé de superviser la ligne, et signifié à la compagnie par l'ingénieur en chef Gerdes. La compagnie, qui a la charge de réaliser les superstructures, voie ferrée et gares dont les plans ont été approuvés le [5], les exécute entre 1929 et 1931.
Mise en service
Après une circulation de reconnaissance de la ligne le [8], la mise en service a lieu, le [8], bien qu'il reste encore des travaux à terminer, notamment la gare de Néris, car la station doit être ouverte[8] pour la saison thermale. Du fait de l'indisponibilité des autorités, une inauguration officielle a lieu en [9].
Déclin et fermeture
Le trafic des trains de voyageurs est suspendu par la Société nationale des chemins de fer français le . À partir de cette date, seuls circulent les trains de marchandises à l'exception d'un express Paris - Néris-les-Bains qui continue à arpenter la section venant de Montluçon jusqu'en . Entre 1941 et 1942, pour faire face aux pénuries affectant le transport par route, des trains omnibus seront temporairement rétablis[10].
La section de Pionsat à Gouttières (PK 361,300 à 372,210) est déclassée par décret le [11]. La section restante, de Montluçon à Pionsat (PK 328,713 à 361,300), est déclassée par décret le [12].
La section de Montluçon à Néris-les-Bains est une voie verte de 6 km[13].
↑ Jacques Vigné, «La ligne ferroviaire de Montluçon à Gouttières par Néris-les-Bains», Bulletin des Amis de Montluçon, Montluçon, Les Amis de Montluçon. Société d'Histoire et d'Archéologie, , p.97-112 (ISSN1140-7425)
↑ «N° 8168 - Loi qui classe 181 lignes de chemin de fer dans le réseau des chemins de fer d'intérêt général: 17 juillet 1879», Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, xII, vol.19, no456, , p.6 - 12 (lire en ligne).
↑ «N°26346 - Loi qui concède diverses lignes de chemin de fer à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans: 20 mars 1893», Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, xII, vol.46, no1546, , p.841-846 (lire en ligne).
↑ «Loi portant, 1° Déclaration d'utilité publique de diverses lignes de chemin de fer d'intérêt général; 2° approbation d'une convention provisoire, passée avec la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, pour la concession d'un certain nombre de lignes d'intérêt général», Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, no184, , p.6022 - 6023 (lire en ligne).
↑ Francis Koerner, «L'économie du Massif central durant la première guerre mondiale», Revue Historique, Paris, vol.277, no561, , p.67-81 (ISSN0035-3264)
↑ «Décret du 14 janvier 1972 portant déclassement de lignes, sections de lignes ou raccordements de chemin de fer d'intérêt général», Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, no27, , p.1277 - 1278 (lire en ligne).
« Une réalisation du P. O.: La nouvelle ligne de Montluçon à Gouttières », dans Le P.O. Illustré, revue bimestriel, Compagnie d'Orléans, . (lire en ligne) (consulté le ).
Maurice Malleret, La voie ferrée Montluçon-Gouttières - La voie piétonne de Montluçon à Néris-les-Bains, compte rendu de la séance mensuelle du , La lettre des Amis de Montluçon, n° 106, Société d'histoire et d'archéologie, 2006 (lire en ligne) (consulté le ).
Jacques Vigné, «La ligne ferroviaire de Montluçon à Gouttières par Néris-les-Bains», Bulletin des Amis de Montluçon, Montluçon, Les Amis de Montluçon. Société d'Histoire et d'Archéologie, , p.97-112 (ISSN1140-7425).