Louvoiement (échecs)
Le louvoiement aux échecs est présenté par Aaron Nimzowitsch — par extension de son sens en navigation à voile, où louvoyer signifie avancer en zigzags en changeant d'orientation par rapport au vent — comme l'attaque de différentes façons d'une faiblesse ennemie[1] ou encore l'attaque simultanée (d'un seul coup) de plusieurs faiblesses ennemies[2]. Cette manœuvre stratégique vise à susciter chez l'adversaire des affaiblissements structurels que l'on exploitera par la suite, à forcer notamment les pièces de celui-ci à occuper de mauvaises positions.
Selon Max Euwe[3], Siegbert Tarrasch est considéré comme le premier à avoir utilisé consciemment cette manœuvre qu’il a qualifiée de manière quelque peu dépréciative de « jouer au chat et à la souris ».
Partie d'exemple
| a | b | c | d | e | f | g | h | ||
| 8 | ![]() | 8 | |||||||
| 7 | 7 | ||||||||
| 6 | 6 | ||||||||
| 5 | 5 | ||||||||
| 4 | 4 | ||||||||
| 3 | 3 | ||||||||
| 2 | 2 | ||||||||
| 1 | 1 | ||||||||
| a | b | c | d | e | f | g | h | ||
Richard Teichmann - Aaron Nimzowitsch, Tournoi d'échecs de Saint-Sébastien 1911[4]
1. e4 e5 2. Cf3 d6 3. d4 Cf6 4. Cc3 Cbd7 5. Fc4 Fe7 6. 0-0 0-0 7. De2 c6 8. Fg5 h6 9. Fh4 Ch5 10. Fg3 Cxg3 11. hxg3 b5 12. Fd3 a6 13. a4 Fb7 14. Tad1 Dc7 (14...exd4 15. Cxd4 c5? 16. Cf5 c4 17. Dg4[5]) 15. axb5 axb5 16. g4 « La façon dont Nimzovich s’approprie la colonne h et opère en même temps sur l’autre aile est vraiment fascinante »[6] Tfe8 17. d5 b4 18. dxc6 Fxc6 19. Cb1 Cc5 20. Cbd2 Dc8 21. Fc4 g6 (21...Dxg4? Fxf7+[5]) 22. g3 Rg7 23. Ch2 Fg5 24. f3 Dc7 25. Tfe1 Th8 26. Cdf1 h5 27. gxh5 Txh5 28. Fd5 Tah8 29. Fxc6 Dxc6 30. Dc4 Db6 31. Rg2 Ce6! Nimzowitsch : « louchant vers d4 mais menaçant simultanément l'aile-roi »[7] (la menace est ...Ff4! dans l'optique de l'attaque Txh2+ 33. Cxh2 Txh2+ 34. Rxh2 Df2+) 32. Te2 (32. Td5 Txh2+ 33. Cxh2 Txh2+ 34. Rxh2 Df2+) 32...Cd4 33. Tee1 (33. Tf2 Fe3![5]) 33...Db7! « ...Tc8 est imparable. Voilà un bon exemple d'exploitation de plusieurs faiblesses »[7] 34. Txd4 exd4 avec une position dominante des Noirs[8].
Articles connexes
- Johner - Nimzowitsch : Selon Michel Roos[9], cette partie montre un exemple éclatant de louvoiement, que Roos appelle, à l'instar de Nimzowitsch, le Lavieren (en allemand).
Références
- ↑ Nimzowitsch 1993, p. 104.
- ↑ Nimzowitsch 1993, p. 111.
- ↑ Max Euwe: Das Lavieren, dans : (de) avec Haije Kramer, Das Mittelspiel, vol 9, Éd. Rattmann, Hambourg 1961, p. 13.
- ↑ Partie sous Chessgames.com
- 1 2 3 Richard Réti, Les grands maîtres de l'échiquier, 1982, pp. 198-199.
- ↑ Fred Reinfeld, Hypermodern chess : As developed in the games of its greatest exponent, Aron Nimzovich, Dover, , p. 25.
- 1 2 Nimzowitsch 1993, p. 112.
- ↑ La partie se poursuivit par : 35. Cg4 Db6 36. f4 Fe7 37. Td1 f5 38. Cf2 fxe4 39. Dxd4+ Dxd4 40. Txd4 d5 41. g4 Fc5 42. Td1 Th4 43. Txd5 Fxf2 44. Rxf2 Txg4 45. Re3 Tc8 46. Rxe4 Tc4+ 47. Rd3 Tcxf4 48. Ce3 Tg3 49. Te5 Rf6 50. Te8 Rf7 51. Te5 Tf6 52. c4 b3 53. Re4 Te6 54. Txe6 Rxe6 55. Cd5 g5 0-1
- ↑ Michel Roos, Histoire des échecs, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je? » (no 2520), , 128 p. (ISBN 978-2-130-42928-9), p. 117-119.
Bibliographie
- Aaron Nimzowitsch, Mon système, t. 2, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » (no 158), , 154 p. (ISBN 978-2-228-88697-0), p. 104-117.
- Portail des échecs
