Madeleine Isaksson

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Madeleine Isaksson, née en 1956, est une compositrice franco-suédoise. Elle vit et travaille en France depuis le début des années 1990.
Biographie
Madeleine Isaksson nait en 1956 à Stockholm, dans une famille de musiciens[1]. Son grand-père, d'origine allemande, lui fait découvrir Franz Schubert[1]. Elle pense d'abord faire une carrière de pianiste, puis pianiste accompagnatrice au sein de l'Académie de ballet de Stockholm puis à l'École supérieure de danse de Stockholm[1]. Elle étudie à l'École royale supérieure de musique de Stockholm de 1979 à 1987 où elle est acceptée dans la classe de composition[2],[3]. Elle obtient un diplôme de professeur de piano auprès de Gunnar Hallhagen, puis de composition avec Gunnar Bucht et Sven-David Sandström[3]. Elle est encouragée à poursuivre ses études par Brian Ferneyhough[3]. Elle étudie également avec Pär Lindgren (musique électro-acoustique), Arne Mellnäs (en) (instrumentation), and Bo Wallner (théorie et analyse musicale)[3].
En 1985, elle rencontre le compositeur grec Iannis Xenakis, puis, à l'Université de musique de Darmstadt, elle rencontre Morton Feldman, découvre aussi la musique d'Helmut Lachenmann et assiste à l'homme au compositeur italien Giacinto Scelsi[3]. Elle découvre aussi l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique à ce moment-là[3]. Elle est invitée à suivre sa formation à l'étranger par Brian Ferneyhough, et bénéficie pour cela d'une bourse du gouvernement des Pays-Bas[3]. En 1987, elle étudie au Conservatoire royal de La Haye, où elle est l'élève de Louis Andriessen[3]. Elle reçoit ensuite une nouvelle bourse d'étude et part étudier à la Cité internationale des arts de Paris[3]. En 1991 et 1993, elle retrouve Brian Ferneuhough à l'abbaye de Royaumont[3]. Elle suit un stage auprès de Luca Francesconi et Emmanuel Nunes à l'Ircam en 1995, avant de s'installer définitivement en France[3].
Esthétique
Sa musique peut être caractérisée par une concentration dramatique interne et l’expression de l’intime, une métrique fluctuante sensible aux lois de la gravitation[2]. Elle s'intéresse rapidement à la musique française, son attrait pour le timbre et l'espace musical[3]. Pour le musicologue François-Gildas Tual, cela tient de l'admiration du père de la compositrice pour Claude Debussy et l'impressionnisme français[3]. Sa musique, pourtant propagée dans plusieurs pays du monde, trouve un moindre écho en France, alors même qu'en Suède, la situation des compositrices change peu à peu[3].
Bien qu'elle utilise la partition notée conventionnelle, elle fait des esquisses graphiques en couleur de ses œuvres[4]. Elle s'inspire aussi parfois d'œuvre graphiques pré-existantes, que ce soit un dessin ou une photographie, à l'image de ce qu'elle compose pour Ici est ailleurs, inspiré d'un triptyque de son conjoint le photographe Jean-Louis Garnell[4]. Si cela ne se constate pas à l'écoute, il n'en reste pas moins que l'écriture en est très contrapuntique et prend parfois forme sous des tempi ou des métriques différentes aux différentes parties d'un même ensemble[4].
Œuvres
Elle a composé pour instrument solo, duo, trio, quatuor, ensemble, orchestre et musique vocale[5].
- Tre sånger (Trois chansons) (1982) - soprano, clarinette, piano
- Chaconne (1982) - piano
- Tång (Algues) (1984) - cor anglais, basson, clarinette basse, clarinette basse, harpe, clavecin, violoncelle, contrebasse
- 7 formade frön (1984) - piano
- Löp (1986) - soprano, mezzo-soprano, accordéon, 5 percussionnistes
- Itu (1986) - électroacoustique
- Därimellan (Entre deux) (1987) - voix (mezzo-soprano), guitare électrique
- Capriola (1989) - saxophone baryton, trombone
- Stråkvåg (1990) - quatuor à cordes
- Tjärnöga - Ö blå (1990) - cor solo
- färde (1991) - violon, piano à queue - ouvert
- Som om (1991) - flûte alto, clarinette basse, alto, violoncelle, contrebasse, percussion
- Tillstånd - Avstånd (1992) - pour 16 musiciens
- inné (1993) - flûte, hautbois, saxophone (clarinette), cor, basson, violon, alto, violoncelle, contrebasse
- Å svävare (1993-1995) - soprano, mezzo soprano, baryton, alto, violoncelle
- Fästen o fall (1995-96) - orchestre de chambre : double quintette à vents, clarinettes basse, 17 cordes
- Andelek (1997) - quatuor de saxophones : sopranino, 2 sopranos, baryton
- Ici est ailleurs (1998/2001) - flûte, percussion, violon, alto, violoncelle, contrebasse
- Rum (Rooms) (1999-2000) - flûte alto, clarinette basse, violoncelle, percussion
- Blad över blad / Feuille sur feuille (2000) - soprano, mezzo-soprano, violoncelle
- Ambo (2001) - flûte alto, violon
- Axis (2002) - violon (avec chuchotement/voix), percussions (3 bongos, crotales, glockenspiel, timbale avec cymbale)
- Failles (2003) - trombone, flûte à bec (ténor, sopranino), violoncelle
- Fibres (2004) - flûte (alto/piccolo), alto, guitare 10 cordes
- Îlots (2005 - 2007) - grand orchestre (+ saxophone, accordéon)
- Les Sept Vallées (2006) - flûte à bec solo: soprano, alto, sopranino, ténor
- Infra (2007) - duo de violon
- Sondes (2009) - flûte basse/flûte alto, cor anglais/hautbois, saxophone alto (ou clarinette en La), piano, percussion, violon, violoncelle
- Ciels (2009-2011) - six voix solistes : soprano, mezzo-soprano, alto, ténor, baryton, basse
- Dans l'air (2010) - 2 sopranos, mezzo-soprano
- Far… (2011) - guitare alto et électronique
- Terre de l'absence (2012) - six voix solistes : soprano, mezzo-soprano, alto, ténor, baryton, basse
- Flux (2012) - quintette de cuivres
- Isär (2012) - flûte (basse, alto, piccolo), clarinette (basse, Si bémol), percussion, piano, violon, alto, violoncelle
- Várije (2013) - pour chœur d’enfants (avec deux solistes soprano) et chœur d’enfants du yoïk sámi
- Hemligheten (2013) - haute-contre, flûte à bec, violon (baroque), viole de gambe, théorbe
- Vide supra (2014) - deux violons
- Vågkammar (2015) - piano solo pour main gauche
- In quarto (2016) - quatuor de flûtes
- Bridges (2016) - cuivres et percussion : 4/2/3/1/timp. + perc.
- Traces (2017) - trio à cordes : violon, alto et violoncelle
- Ljusrymd (2017) - orchestre: 2222/423/ timb. + perc/cordes
- Luftstegen (2018) - violon, piano, percussions (coréennes)
- Trembles (2018) - ensemble de contrebasses
- Springkällor (2018) - piano (pianiste improvisateur) et 7 instruments
- Écrits sur l'eau (2020) - piano solo (création enregistrée le 15 décembre 2020 à l’auditorium de Radio France ; Maroussia Gentet, piano)[6]
- Tjälen går ur jorden (Soil frost thawing) (2020) - violon solo (création en 2020 par la violoniste Karin Hellqvist au Concert Hall de Stockholm)[7]
- Graphe (2022) - ensemble de percussions (création en 2022 pour l’ensemble percutonic dirigé par Attilio Terlizzi dans le cadre du festival des musiques démesurées)[8]
Références
- 1 2 3 Marcel-Berlioz, Corlaix et Gallet 2019, p. 273.
- 1 2 « ISAKSSON Madeleine (1956) », sur Centre de documentation de la musique contemporaine, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Marcel-Berlioz, Corlaix et Gallet 2019, p. 274.
- 1 2 3 Marcel-Berlioz, Corlaix et Gallet 2019, p. 275.
- ↑ « Verklistor | Madeleine Isaksson », sur madeleineisaksson.com (consulté le )
- ↑ « « Ecrits sur l’eau » pour piano de Madeleine Isaksson (diffusion intégrale et portrait de la compositrice) », sur France Musique (consulté le )
- ↑ « Tjälen går ur jorden (Soil frost thawing) », sur Présence compositrices (consulté le )
- ↑ « Les Scène Tremplin », sur Musiques démesurées
Bibliographie
- Laure Marcel-Berlioz (dir.), Omer Corlaix (dir.) et Bastien Gallet (dir.), Compositrices: l'égalité en acte, Centre de documentation de la musique contemporaine ; Éditions MF, coll. « Collection Paroles », (ISBN 978-2-37804-011-6).

Liens externes
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