Maine-Montparnasse
| Maine-Montparnasse | ||
La gare Montparnasse vue de la tour, après couverture des voies. | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Île-de-France | |
| Département | Paris | |
| Ville | Paris | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 48° 50′ 28″ nord, 2° 19′ 09″ est | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Paris
| ||
Maine-Montparnasse est une vaste opération de rénovation urbaine conduite à Paris à partir des années dans un espace qui est à cheval sur le quartier de Plaisance du 14e arrondissement et le quartier Necker du 15e arrondissement.
Opération Maine-Montparnasse
L'opération urbanistique Maine-Montparnasse a donné naissance :
- à l'ensemble immobilier Tour Maine-Montparnasse, construit entre et sur l'emplacement de l'ancienne gare Montparnasse, qui comprend la tour Montparnasse, le Centre commercial Montparnasse (renommé Montparnasse Rive Gauche en ), et deux autres bâtiments (le bâtiment C, souvent désigné par le sigle CIT car ayant été le Centre international du textile, et le bâtiment D, aussi nommé tour Express) ;
- à la nouvelle gare de Paris-Montparnasse ;
- à un ensemble d'immeubles de grande hauteur organisé en forme de U et dominant la gare, destiné à des bureaux et à des logements,
- boulevard Pasteur (15e arrondissement), l'opération Maine-Montparnasse I (255 logements construits en –) ;
- rue du Commandant-René-Mouchotte (14e arrondissement), l'opération Maine-Montparnasse II (750 logements construits en –),
- à l'hôtel Sheraton (devenu Le Méridien, puis en l'hôtel Pullman Paris Montparnasse), un gratte-ciel construit en –.
La réalisation de l'opération a conduit en même temps à la réorganisation complète du secteur Plaisance-Vandamme avec la destruction de 4 400 logements dits « insalubres» (maisons de ville et immeubles ouvriers) et la construction de 5 700 logements neufs, dont 4 800 logements sociaux[1]. L'agence du logement de la SNCF, ICF Habitat, en bénéficie.
Derniers éléments de développement de Maine-Montparnasse :
- la construction de la gare Montparnasse 2 ;
- les ensembles de l'architecte Ricardo Bofill, les Échelles du Baroque, place de Catalogne-place de Séoul () ;
- la construction de bâtiments de bureaux de part et d'autre de l'ancien pont des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon qui enjambait les voies de la gare ;
- la construction d'une dalle avec jardins (le Jardin Atlantique, ), tennis, musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - musée Jean-Moulin, au-dessus des voies de la gare Montparnasse.
La réglementation des immeubles de grande hauteur (IGH) a été initialement élaborée puis adoptée en pour les immeubles de l'ensemble Maine-Montparnasse.

Immeuble Mouchotte ()
Le grand ensemble Mouchotte ou opération Maine-Montparnasse II, situé sur le côté ouest de la rue du Commandant-René-Mouchotte, consiste en une longue barre posée sur dalle, comptant 750 logements et 88 000 mètres carrés sur 18 niveaux, sans compter des étages de parkings. Il a été conçu par l'architecte Jean Dubuisson. Il a été construit en – et livré en . Il constitue, comme tout l'opération Maine-Montparnasse, un cas exemplaire de la pensée urbanistique et architecturale de la période de croissance démographique et économique des Trente Glorieuses.
Au delà de l'opération urbanistique et architecturale, ce grand ensemble pouvant loger 2 000 personnes s'est également distingué par le profil de sa population. Il a attiré dès le début une population de jeunes cadres, de jeunes hauts fonctionnaires et intellectuels attirés notamment par sa proximité avec le Quartier latin et les ministères. Ce grand ensemble conçu dans les années est cependant arrivé à contre-courant des idées de son époque, étant habité à partir de la fin des années dans une ambiance pré- puis post-68arde. La mobilisation de ses habitants a été forte durant les évènements de , géographiquement voisins. Il aurait été surnommé « l'immeuble rouge » par le philosophe Jean-Paul Sartre[1].
Selon l'architecte Pierre Caillot et l'historien de l'architecture Gérard Monnier, ce grand ensemble est devenu dans les années , « un bastion du militantisme culturel, social et politique ». Ce militantisme s'est notamment exprimé à travers l'association des locataires, des services familiaux en autogestion (club d'enfants, ateliers), une fête annuelle de voisins sur la dalle en bas de l'immeuble, la lutte « écologique » contre le projet de radiale routière de Paris sud qui a finalement, après transformation, donné naissance à la coulée verte du sud parisien, etc.[1].
L'architecte Yannis Tsiomis, « figure de l'architecte-intellectuel », a vécu cinquante ans dans l'immeuble Mouchotte après avoir fait son mémoire de diplôme sur l'opération Maine-Montparnasse[2],[3].
La chapelle Saint-Bernard-de-Montparnasse intégrée dans l'opération architecturale et située quasiment sous l'immeuble Mouchotte, est également devenue un lieu de militantisme du quartier et le haut lieu de la « Révolution des prostituées » de .
Immeuble Pasteur ()
L'immeuble Pasteur se situe boulevard Pasteur. Il a été conçu par l'architecte Jean Dubuisson.
Immeubles de bureaux

Deux des côtés de l'ensemble de barres en forme de U encadrant la gare Montparnasse sont des immeubles de bureaux. De grandes entreprises ont ou ont eu leurs sièges dans ces immeubles :
Sociétés ayant eu leur siège à Maine-Montparnasse : Air France, Philips, Compagnie générale de radiologie, etc.
Société ayant leur siège à Maine-Montparnasse () : MGEN, CNP Assurances, Crédit agricole, etc.
Maine-Montparnasse dans la fiction
Les caractéristiques de l'ensemble Maine-Montparnasse - un grand ensemble urbain emblématique de la vision de la ville du futur développée au cours des Trente Glorieuses - en ont fait un symbole réutilisé dans l'art et la fiction.
- Les décors urbains du film Playtime () de Jacques Tati, reconstitué en carton hors de Paris, ont l'apparence des immeubles de l'ensemble Maine-Montparnasse. L'immeuble qui apparait en fond de la scène du Royal Garden est, par exemple, inspiré de l'immeuble Pasteur de Maine-Montparnasse.
- Le réalisateur Bertrand Tavernier a en partie tourné son film Des enfants gâtés (), relatant notamment une lutte collective de colocataires contre leur propriétaire, à l'immeuble Mouchotte[1].
- L'appartement de l'héroine (Cathy) du film Ni pour ni contre (bien au contraire) () de Cédric Klapisch est situé dans l'immeuble Mouchotte et le tournage des scènes correspondantes a eu lieu sur place.
- Une chanson de Marie Laforêt Maine Montparnasse () évoque la nostalgie en milieu urbain.
- L'ensemble Maine-Montparnasse a servi de décor de fond - symbolisant la ville moderne - à des scènes de nombreux films (I… comme Icare, etc.).
- Photo d'Andreas Gursky.
Notes et références
- 1 2 3 4 Caillot et Monnier 2006.
- ↑ « Notice descriptive : Tsiomis, Yannis (–) - 459 IFA », fonds du centre d'archives d'architecture contemporaine, sur archiwebture.citedelarchitecture.fr, Cité de l'architecture et du patrimoine.
- ↑ Caroline Maniaque (d), Éléonore Marantz (d) et Jean-Louis Violeau (d), « Yannis Tsiomis, figure de l'architecte-intellectuel » (entretien avec Yannis Tsiomis, , Cité de l'architecture et du patrimoine), Les Cahiers de la recherche architecturale, urbaine et paysagère (d), (DOI 10.4000/craup.1297).
Voir aussi
Articles connexes
- Gare de Paris-Montparnasse
- Chapelle Saint-Bernard-de-Montparnasse
- Jardin Atlantique
- Tour Montparnasse
- Coulée verte du sud parisien (enjeu de lutte du quartier dans les années 1970)
Bibliographie et émissions
- Pierre Caillot (architecte conseil du ministère de l'Équipement) et Gérard Monnier (université Paris-I), « Le « village Mouchotte » à Paris : acteurs et militants de la modernité urbaine », dans Xavier Guillot (d), Habiter la modernité (actes du colloque Vivre au 3e millénaire dans un immeuble emblématique de la modernité, Saint-Étienne, – , organisé par l'Équipe de recherche Ville-architecture-histoire de l'École nationale supérieure d'architecture de Saint-Étienne, Institut des études régionales et des patrimoines), Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, coll. « École d'architecture de Saint-Étienne », , 224 p. (ISBN 2-86272-417-3), p. 55–73 [lire sur Google Livres] [lire sur mouchotte.eu].
- Virginie Lefebvre, Paris, ville moderne : Maine-Montparnasse et la Défense, –, Paris, Norma, coll. « Essais », , 326 p. (ISBN 2-909283-78-X, lire en ligne).
- Gaëlle Meininger (prés.), Marie-Laure Ciboulet (réal.) et Colette Fellous (prod.), « À propos de Mouchotte » (émission de radio), Les Nuits magnétiques, France Culture, (présentation en ligne).
- Régine Robin, « Nous les Mouchottiens », dans Le mal de Paris, Paris, Stock, coll. « Un ordre d'idées », , 344 p. (ISBN 978-2-234-06509-3 et 978-2-234-07593-1, lire en ligne).
- Tonino Serafini, « Village» à vendre à Montparnasse : Les locataires d'un immeuble devront acheter leur appartement ou déménager », Libération, (version du sur archive.is).
- « Du côté des Mouchottiens », Le Monde, .
- Portail de Paris
- Portail de l’architecture et de l’urbanisme
