Maquis de Tarentaise
| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Vallée de la Tarentaise, Savoie, France |
| Issue | Victoire de la résistance, libération de la vallée de la Tarentaise. |
Le maquis de Tarentaise est un réseau de divers groupes de résistance disséminés dans la Vallée de la Tarentaise. Le premier est créé le dans la région de Moutiers par Joseph et Pierre Bardassier. L'abbé Marius Hudry joue un rôle important en devenant chef de section dans la résistance Tarine.
Contexte historique
Dès l'unification de l'Italie à la fin du XIXe siècle, la France s'est préparée à une éventuelle attaque en étendant le système Séré de Rivières pour contrôler les vallées alpines notamment au Nord à travers le secteur fortifié de la Savoie[1]. En Tarentaise, le col du Petit-Saint-Bernard est protégé principalement par la batterie de Vulmix, le blockhaus de la Platte et le fort du Truc, armés par le 158e régiment d'infanterie[1],[2],[3]. En 1939, face à la menace de l'Italie fasciste qui ne cache pas son ambition d'annexer la Savoie, le dispositif est renforcé par de petits ouvrages de type Maginot[3]. Le secteur est protégé par le 70e bataillon alpin de forteresse de Bourg-Saint-Maurice (70e BAF) et le 7e bataillon de chasseurs alpins (7e BCA) d'Albertville[2],[4].
Pendant la drôle de guerre, les deux pays n'étant pas encore officiellement en conflit, les troupes françaises et italiennes s'observent de loin. Le 7e BCA ayant été envoyé en Alsace, la surveillance est assurée par les sections d'éclaireurs-skieurs (SES) du 70e BAF et du 80e BAF, formé à partir d'une compagnie du 70[4]. Le 10 juin 1940, Mussolini déclare la guerre à la France, lançant ses troupes contre l'armée des Alpes du général Olry lors de la bataille des Alpes. Dans le secteur de Tarentaise, les premières échauffourées ont lieu du 14 au 17 juin entre la SES du 80e BAF et une soixantaine d'alpinis sur le col de la Seigne[4]. Le 21 juin, une attaque massive est déclenchée dans tout le Beaufortain et la Tarentaise dans le but de s'emparer de Bourg-Saint Maurice et d'ouvrir la route vers Albertville et Chambéry. Lors de cette attaque, des troupes italiennes tentent de franchir le col d'Enclave où elles sont stoppées par l'action d'un futur chef de la résistance locale, le capitaine Bulle[4]. Partout ailleurs, les troupes françaises tiennent également tête aux colonnes ennemies. Alors que l'ambition italienne était d'avancer jusqu'à Chambéry, son armée ne progressera guère que jusqu'à Séez.
L'armistice du 22 juin 1940 étant signé entre la France et l'Allemagne, les combats cessent également avec l'Italie. Le 24 juin suivant est signé l'armistice de Villa Incisa mettant en place la zone d'occupation italienne en France. Celle-ci, très réduite au départ, est agrandie jusqu'à la vallée du Rhône lorsque l'Allemagne s'empare de la zone libre suite au débarquement allié en Afrique du Nord. Après la chute de Mussolini en 1943 et la signature de l'armistice de Cassibile, les troupes allemandes s'emparent de la zone précédemment occupée par l'Italie. En août 1944, l'annonce du débarquement de Provence et de la montée des troupes alliées vers le Nord accentuent l'action des maquis locaux. Ainsi, de nombreux secteurs importants de Savoie sont déjà libérés par les FFI lorsqu'arrivent les colonnes françaises et américaines.
Voir aussi
Bibliographie
- Ulysse Bozonnet, Rémy Bozonnet, Ulysse Bozonnet : Dans les cimes pour la liberté, la section Paganon, Montmélian, La Fontaine de Siloé, coll. « Carnets de vie », , 223 p. (ISBN 2-84206-290-6).
- Gil Emprin, Les carnets du capitaine Bulle : L’homme derrière la légende, La Fontaine de Siloé, coll. « Carnets de vie », , 188 p. (ISBN 978-2-84206-199-9, lire en ligne).
- Jean d'Arbaumont, Capitaine Jean Bulle : Résistance en Savoie, Langres, Dominique Guéniot, , 341 p. (ISBN 2-87825-039-7).
- Yann Le Pichon (préf. Roger Frison-Roche), Les Alpins : 1888-1988, Paris/Panazol, Berger-Levrault, Lavauzelle, , 145 p. (ISBN 2-7025-0197-4).
- SLT de Carné, SLT Jacob, Historique du 7e BCA : Edition 1994, Etablissement d'Impression de l'Armée de Terre n°4, , 270 p..
- Collectif d'auteurs, Le 7e Bataillon de Chasseurs Alpins, Paris, Pierre de Taillac, , 208 p. (ISBN 978-2-36445-054-7).
- Jean-Claude Sanchez et Yvick Herniou, Bataillons de chasseurs : Les diables bleus : une troupe d'élite, Boulogne-Billancourt, E.T.A.I, , 184 p. (ISBN 978-2-7268-8923-7).
- Christian Marco, Un siècle à Bourg-Saint Maurice : 1900-2000, L'Edelweiss, , 360 p. (ISBN 2-907984-16-0).
- Jean-Luc Penna, La Tarentaise autrefois, Montmélian, La Fontaine de Siloé, coll. « La chronique de l'autrefois », , 198 p. (ISBN 2-84206-276-0, lire en ligne).
- Brigitte Alzieu et Evelyne Alzieu-Martin, Bourg-Saint Maurice et ses environs : Berceau de la civilisation tarine, Montmélian, La Fontaine de Siloé, coll. « La chronique de l'autrefois », , 220 p. (ISBN 2-84206-158-6).
- François Marcot, Dictionnaire historique de la résistance, Robert Laffont, (ISBN 2-221-09997-4).
- Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance : 1940-1945, Paris, Éditions Perrin, , 575 p. (ISBN 978-2-262-02799-5 et 2-262-02799-4, OCLC 827450568).
- Sébastien Albertelli, Julien Blanc et Laurent Douzou, La lutte clandestine en France : une histoire de la Résistance, 1940-1944, Paris, Éditions du Seuil, , 442 p. (ISBN 978-2-02-140124-0 et 2-02-140124-3, OCLC 1099431225).
- Luc Malchair, Marco Frijns et Jean Puelinckx, Index de la fortification française, Autoédition, (ISBN 978-2-9600829-0-6).
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
- 1 2 Luc Malchair, Marco Frijns et Jean Puelinckx, Index de la fortification française, Autoédition, (ISBN 978-2-9600829-0-6)
- 1 2 SLT de Carné, SLT Jacob, Historique du 7e BCA : Edition 1994, Etablissement d'Impression de l'Armée de Terre n°4, , 270 p.
- 1 2 Christian Marco, Un siècle à Bourg-Saint Maurice : 1900-2000, L'Edelweiss, , 360 p. (ISBN 2-907984-16-0)
- 1 2 3 4 Collectif d'auteurs, Le 7e Bataillon de Chasseurs Alpins, Paris, Pierre de Taillac, , 208 p. (ISBN 978-2-36445-054-7)
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