Marc de Lacoste-Lareymondie

| Directeur général adjoint du groupe Framatome, Ingénieur responsable de l'engin « Gerboise Blanche », Capitaine de cavalerie |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 91 ans) Chatou |
| Sépulture |
Puylagarde |
| Nom de naissance |
de Lacoste Lareymondie |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Militaire, physicien, ingénieur, philosophe |
| Famille |
de Lacoste Lareymondie |
| Enfant |
François de Lacoste Lareymondie (d) |
| Parentèle |
Alain de Lacoste-Lareymondie (cousin germain) |
| A travaillé pour | |
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| Membre de | |
| Grade militaire |
Capitaine |
| Conflit | |
| Directrice de thèse | |
| Distinctions |
Marc de Lacoste Lareymondie, né le 5 novembre 1924 à Jonzac et mort le 11 août 2016 à Chatou, est un militaire, scientifique et docteur en philosophie. Il est officier de la Légion d'honneur, croix de guerre 1939-1945, croix de guerre des TOE.

Biographie
Famille
Marc de Lacoste-Lareymondie est né dans une famille originaire du Limousin. Il est le fils de Jacques de Lacoste-Lareymondie (1883-1946), mobilisé en 1914 cité à l’ordre de la Brigade – Croix de Guerre 14-18, juriste et juge de paix, et d'Anne Marie Guyet, descendante directe de Pierre Rezeau, commandant de la division Montaigu durant les Guerres de Vendée. Il épouse, le 1er avril 1948, Hélène Rous de Féneyrol[réf. souhaitée].
Formation
Marc de Lacoste-Lareymondie effectue une formation militaire suspendue pendant sa participation aux Forces Françaises de l'Intérieur. Elle est reprise après cette participation jusqu'à son incorporation au 1er régiment de chasseurs de Montauban. En fin de carrière militaire, il reprend des études scientifiques.
Formation militaire
Il fait sa scolarité chez les Jésuites de Tivoli à Bordeaux. En 1944, il est admis à l’École Spéciale Militaire de Saint Cyr qu'il quitte momentanément en septembre pour combattre avec le 1er régiment de chasseurs. À son retour[Quand ?], Il termine sa scolarité à Saint Cyr, ainsi qu'à l'École militaire de Cherchell en Algérie, au sein de la 131e promotion, baptisée « Rome et Strasbourg »[réf. souhaitée].
Formation scientifique
Physique nucléaire
À son retour en métropole, Marc de Lacoste-Lareymondie reprend des études scientifiques, commencées en Algérie, et obtient une licence de science ainsi que trois certificats d’études supérieures (mathématique, physique générale, électronique et radioactivité). Se spécialisant dans la physique nucléaire, il rencontre Francis Perrin au Collège de France ainsi qu’au Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA). Il est licencié ès Sciences en juin 1952.
Philosophie des sciences
À la retraite[Quand ?], il poursuit ses études, notamment en philosophie. En 1998, il s’inscrit à l’université de Paris 1 la Sorbonne, en Histoire et Philosophie des Sciences et obtient une licence puis en 2004 un doctorat en philosophie[1] après avoir soutenu un mémoire sur « la notion de substance et sa critique par Alfred North Whitehead »[2],[3].
Carrière militaire
Indochine et Algérie
Marc de Lacoste-Lareymondie a une première expérience des combats en septembre 1944 lorsqu'il rejoint les Forces Françaises de l'Intérieur de Vendée. Il est affecté au 2e bataillon de Vendée, 3e Cie et participe aux combats de la « poche de Pornic ». Engagé comme chef de groupe, il est cité à l’ordre de la division. Cette citation est assortie de la Croix de Guerre 39-45.
Il est affecté à sa sortie de Saint-Cyr au 1er régiment de chasseurs de Montauban, dés janvier 1946 il rejoint l’Indochine. Son régiment participe à la bataille de Hanoï et à la sécurisation du delta du fleuve Rouge en 1947[4]. Il obtient une seconde Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs.
Il est muté en Algérie au 9e régiment de Chasseurs d’Afrique, stationné à Batna. Son retour définitif en métropole avec sa famille a lieu durant l’année 1950.
Nucléaire
En juillet 1955, il est détaché auprès du CEA.

Participation aux essais nucléaires
En 1960, il participe directement aux premiers essais nucléaires français à Reggane en Algérie ; le 13 février 1960 pour « Gerboise Bleue », et le 1er avril 1960 pour « Gerboise Blanche ». Il est l’ingénieur responsable de l’engin « Gerboise Blanche »[5]. L’ensemble de ces essais est retracé dans un ouvrage rédigé par Pierre Billaud[6]. Le 18 avril 1960, Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur, à titre militaire et reçoit sa médaille directement des mains du général de Gaulle dans la cour d’honneur des Invalides.
Nucléaire civil
En 1962, le capitaine démissionne de l'armée et quitte le CEA pour le groupe Framatome où il participe à la conception des premiers réacteurs à eau pressurisée[7]. Il contribue également à la sortie de terre du parc nucléaire français.
Mémorialiste
Il témoigne et publie ses expériences et réflexions sur le nucléaire[8],[9],[10].
Il part à la retraite en 1992 comme directeur général adjoint de Framatome.
En parallèle de son activité professionnelle, il a pu obtenir un diplôme de l’Institut de Haute Finance en 1978[réf. souhaitée].
Problèmes politiques
Marc de Lacoste-Lareymondie est indirectement impacté par les évènements associés à la Guerre d’Algérie. À la suite du putsch des Généraux du 21 avril 1961, le général de Gaulle instaure l’état d’urgence en métropole et met en œuvre l’article 16 de la Constitution[11]. Les pouvoirs spéciaux resteront en vigueur jusqu’au 29 septembre 1961. Certaines mesures seront également maintenues jusqu’au 15 juillet 1962 (dont celles de pouvoir arrêter sans mandat et de procéder à des internements administratifs). Connu pour ses liens avec son cousin germain, Alain de Lacoste Lareymondie, avocat et homme politique de renom ostensiblement opposé à la politique du général de Gaulle et qui a également participé à la conception des premières bombes nucléaires françaises, il est interpellé à son domicile le 20 novembre 1961, en même temps que plusieurs autres personnes. Alors capitaine détaché au CEA, il est placé en détention à la prison de la Santé sous mandat de dépôt, par le juge d’instruction Perez, le 23 novembre 1961. Il est ensuite placé en détention au sein de différentes résidences administratives (ex-hôpital Beaujon, Camp de Saint-Maurice-l’Ardoise dans le Gard, caserne Gardanne à Toulon)[12]. Il est finalement libéré le 15 juillet 1962[13], jour de l’expiration des pouvoir spéciaux, sans qu’il y ait eu matière à justifier cette privation de liberté.
Philosophie pour la physique quantique
Il actualise les théories de A.N. Whitehead basée sur les entités mathématiques et la nature à la nouvelle vision du monde en intégrant les nouvelles révolutions de l'intrication quantique et de la superposition quantique[3]. Son ouvrage sur la philosophie pour la physique quantique est indexé dans plusieurs ouvrages aux références Whiteheadiennes[14],[15],[16].
Il est invité au Mardi des auteurs sur France Culture en tant qu'auteur philosophe exercé de Whitehead, et pour les écrits de Ronny Desmet qui lui a consacré un livre sur ses convergences ou non avec Whitehead dans Chromatikon III[3]. Le débat radiophonique est intitulé Alfred North Whitehead (1861 - 1947), Marc de Lacoste-Lareymondie y exprime les similitudes entre superposition quantique et superposition des états humains (bio, social, réflexion) ainsi qu'entre intrication quantique et intrication des particules aux immenses corps célestes dans la cosmos[17].
Fin de vie
Malade, Marc de Lacoste-Lareymondie décède le 11 août 2016 à Chatou, entouré de ses quatre enfants[18]. Il est enterré au cimetière de Puylagarde dans le Tarn-et-Garonne, puis précisément dans le Quercy[19].
Publications
- Marc de Lacoste-Lareymondie, Mirages et réalités - L'arme nucléaire française, Paris, Éditions de la serpe, , 223 p.
- Marc de Lacoste-Lareymondie, Philosophie de la non-séparabilité quantique et cosmologie d'Alfred North Whitehead, Paris, Paris1, (lire en ligne)
- Marc de Lacoste-Lareymondie, Une philosophie pour la physique quantique: Essai sur la non-séparabilité et la cosmologie de A. N. Whitehead, Paris, Éditions L'Harmattan, , 366 p. (ISBN 978-2747597821)
Distinctions
Notes et références
- ↑ Anne Fagot-Largeault, « Philosophie des sciences biologiques et médicales », Collège de France, , p. 588 (lire en ligne)
- ↑ Marc de Lacoste Lareymondie, Une philosophie pour la physique quantique - Essai sur la non-séparabilité et la cosmologie de A. N. Whitehead -, l'Harmattan
- 1 2 3 (en) Michel Weber, Pierfrancesco Basile, Chromatikon III: Annuaire de la Philosophie en Procès - Yearbook of Philosophy in Process, Presses universitaires de Louvain, , 300 p. (ISBN 9782874630835 et 2874630837), page 265-270 :
« To us, a moderate realistic theory in the line of the writings of Abner Shimony and Bernard d’Espagnat seems to offer the most balanced and convincing explanation for this mysterious and instantaneous correlation at a distance calles quantum non separability . Such a theory is a reflection of the structure of a reality which d’Espagnat dares, but we do not dare, to call "being" or even "Being" anyway, it denotes the existence of a new depth within reality which, inspired by Heisenberg and Popper, we will call a region of reality or a layer of reality stuated beyong the phenomena without exhausting the whole of reality. »
- ↑ Ministère des Armées, « 1er régiment de Chasseur », sur http://cavaliers.blindes.free.fr/rgtactive/1chasseursh4.html (consulté le )
- ↑ Jean-Damien Pô, Les moyens de la puissance: les activités militaires du CEA, 1945-2000, Ellipses, (ISBN 978-2-7298-0554-8, lire en ligne)
- ↑ Pierre Billaud, La grande aventure du nucléaire militaire français : Des acteurs témoignent, L'harmattan, , 420 p. (ISBN 2343095027), chap. 13 (« Gerboise Blanche »)
- ↑ Lacoste-Lareymondie, M. de., « La filiere HTR », 1975; 6 p; S.E.E. national congress: evolution of the energy problem throughout the world. Consequences on the production and utilization electric power; Biarritz, France; 30 Sep 1975; Published in abstract form only., (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « V. - Un objectif pour la France », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ André Bendjebbar, Histoire secrète de la bombe atomique française, Cherche Midi, (ISBN 978-2-7491-7588-1, lire en ligne)
- ↑ (en) B. Heuser, Nuclear Mentalities?: Strategies and Beliefs in Britain, France and the FRG, Springer, (ISBN 978-0-230-37775-2, lire en ligne)
- ↑ Pierre Viansson-Ponté, « Le général de Gaulle décidé à faire jouer l'article 16 sur les pleins pouvoirs », Le Monde, publié le 24 avril 1961 (lire en ligne)
- ↑ Didier Lavrut, « Saint Maurice l'Ardoise : Un camp pour activistes dans le Gard, en 1962. », Revue d'histoire moderne et contemporaine de Nîmes et du Gard,, no n°23, , p. 19-43 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Didier Lavrut, « S'évader de Saint-Maurice l'Ardoise », Matériaux pour l'Histoire de notre temps, no n°92, , Page 37-44 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Claude-Raphaël Samama, Le procès de l'univers et des savoirs : Critique et Procès de lÊtre. L'ontologie générative d'A.N. Whitehead, L'art du comprendre, , 246 p. (ISBN 978-2-9519820-6-2, lire en ligne) :
« Voir dans cet esprit, l'ouvrage de Marc de Lacoste-lareymondie Une philosophie pour la physique quantique »
- ↑ Stéphane Bauzon, Le devenir humain: Réflexions éthiques sur les fins de la nature, Humensis, (ISBN 978-2-13-074184-8, lire en ligne) :
« L'intérêt de l'ouvrage (La Philosophie de la physique quantique) est d'actualiser la pensée de Whitehead à l'aune des dernières découvertes en physique quantique. »
- ↑ (en) Anastasios Brenner et Jean Gayon, French Studies in the Philosophy of Science: Contemporary Research in France, Springer Science & Business Media, (ISBN 978-1-4020-9368-5, lire en ligne)
- ↑ Lydia Ben Ytzhak, « Alfred North Whitehead (1861 - 1947) », sur France Culture, (consulté le ) : « Lacoste-Lareymondie : Je pense que la philosophie de Wihehead devrait emporter l'adhésion des physiciens. Whitehead est un auteur difficile, il a introduit des notions nouvelles mais l'effort que l'on peut faire pour pénétrer dans sa philosophie est très payant.J'invite vraiment tous mes camarades physiciens à faire cet effort en pensant qu'ils en seront très vivement récompensés . »
- ↑ Carnet du Jour - Le Figaro, « Avis de décès Marc DE LACOSTE LAREYMONDIE - Puylagarde (82) Carnet du Jour - Le Figaro », sur www.dansnoscoeurs.fr (consulté le )
- ↑ « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
- ↑ Journal Officiel, « Journal officiel n°117 du 20 mai 2004 », Décret du 19 mai 2004 portant promotion et nomination NOR : DEFM0400462D JORF n°117 du 20 mai 2004 Texte n° 12, no De Lacoste Lareymondie (Marc, Léon), 5 novembre 1924, capitaine, arme blindée et cavalerie. Chevalier du 19 février 1960., (lire en ligne)
Voir aussi
Articles connexes
- Alain de Lacoste-Lareymondie (1921-2007), homme politique français
- Liste de familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française
Liens externes
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