Marguerite-A. Primeau

Marguerite-A. Primeau
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Marguerite-A. Primeau, née le à Saint-Paul-des Métis et morte le à Vancouver, est une écrivaine et enseignante franco-albertaine et franco-colombienne[1]. Elle est l'autrice de trois romans, d'une anthologie de contes, deux recueils de nouvelles et un texte sur son village de Saint-Paul-des-Métis[2]. Elle est la première écrivaine canadienne née à l'ouest du Manitoba à publier un ouvrage en français[3].

Biographie

Jeunesse et formation

Marguerite Aurélie Hermione Primeau est née à Saint-Paul-des Métis le [1]. Ses parents, Jean Edmond Primeau et Marie-Louise Laniel-DesRosiers, originaires du Québec, se sont installés dans l’Ouest canadien au début du 20e siècle[4]. Primeau fait ses études primaires et secondaires à Saint-Paul-des-Métis[4]. À l'âge de neuf ans, elle commence à étudier au couvent des Sœurs de l’Assomption[4]. Au couvent, elle apprend l’anglais, puisque, à cette époque, l’éducation en français en Alberta est limitée à une heure par jour après la troisième année[4]. Après avoir terminé ses études, elle obtient une bourse de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) qui lui permet d’étudier à l’École normale à Edmonton afin de devenir enseignante[5].

Pendant les années 1930, elle travaille en tant qu'institutrice dans les écoles dans le nord de l’Alberta[6]. En 1943, elle reprend ses études en poursuivant l'étude de la langue romane à l’Université de l’Alberta[7]. Son éducation l’amène à la Sorbonne à Paris en 1949, étudiant la littérature contemporaine[8]. Elle demeure en France pendant une année supplémentaire, où elle travaille au Collège moderne des jeunes filles à Nice, avant de rentrer en Alberta en 1950[8].

Saint-Paul-des-Métis
Saint-Paul-des-Métis

Carrière

Primeau retourne au Canada au début des années 1950 et s’installe à Vancouver en 1954[8]. Elle devient professeure de français à l'Université de la Colombie Britannique, où elle demeure jusqu'à la fin de sa carrière universitaire[7].

Écrivaine francophone, elle est célèbre pour ses œuvres littéraires en français dans les milieux anglophones, loin des centres littéraires, culturels et artistiques francophones[9]. Sa première œuvre publiée, Dans le Muskeg (1960) a eu une influence importante sur la littérature de l’Ouest, tirant sur les expériences vécues par les francophones minoritaires, tel que l'usage d'une langue policée, le bilinguisme, l’isolation et la pression du système anglophone[5].

Influence sur la littérature francophone

Marguerite A. Primeau est devenue la première femme née à l'ouest du Manitoba à y publier un livre en français[10]. Cependant, elle a dû faire face à des obstacles structurels, linguistiques et sociaux en tant qu’écrivaine francophone dans un contexte linguistique minoritaire[10]. L'écriture de Primeau démontre l'expérience du terroir dans l’ouest canadien[9], ce qui se distingue de contemporains francophones de l’époque, comme Gabrielle Roy, qui abordent des thèmes qui résonnent avec des espaces majoritairement francophones[10].

Œuvre

Romans

  • Dans le muskeg (1960)
  • Maurice Dufault, sous-directeur (1983)
  • Sauvage-sauvageon (1984)

Recueil de nouvelles

  • Totem (1988)
  • Ol'Man, Ol'Dog et l'enfant et autres nouvelles (1996)

Thèmes

Genre et féminisme

Primeau n'a pas qualifié ses écrits comme étant féministes[10]. Selon Pamela Sing et Paul Dubé, plusieurs de ses idées et écrits peuvent être catégorisé comme féministes ou pré-féministes[10]. Son œuvre Sauvage Savageon aborde plusieurs thèmes qui touchent les femmes dans l'ouest, tels que les rôles de genre, la crise d'identité, et la sexualité[10].

Trois de ses livres ont été traduits en anglais, Savage Rose, The Totem et Maurice Dufault, vice-principal.

Prix et récompences

En 1985, elle à reçu le prix Champlain pour son œuvre Sauvage-Sauvageons[8].

En 2012, la conférence du Centre d'études franco-canadiennes de l'Ouest a accueilli une session intitulée «Marguerite Primeau (1914-2011): Le legs d'une écrivaine pionnière singulière du Far Ouest» qui visait à mettre en lumière l'œuvre de Marguerite A. Primeau sur la communauté francophone de l'Alberta[11].

En 2017, une salle au Campus Saint-Jean fut nommée en son honneur[12].

Le 27 novembre, 2024, elle est honorée parmi 4 auteurs canadiens-français dans une collection de timbres de Poste Canada[13].

Références

  1. 1 2 (en) « Primeau, Marguerite (1914 - 2011) », sur ABC BookWorld (consulté le )
  2. « Marguerite A. Primeau: pionnière de la littérature franco du Far Ouest », sur ici.radio-canada.ca (consulté le ), p. 33
  3. « Marguerite-A. Primeau, une avant-gardiste oubliée – Le Franco », sur lefranco.ab.ca (consulté le )
  4. 1 2 3 4 Pamela Verolyne Sing et Jimmy Thibeault, Marguerite-A. Primeau, première femme de lettres du Far Ouest canadien, David, coll. « Voix savantes », (ISBN 978-2-89597-720-9), p. 33
  5. 1 2 Pamela Verolyne Sing et Jimmy Thibeault, Marguerite-A. Primeau, première femme de lettres du Far Ouest canadien, David, coll. « Voix savantes », (ISBN 978-2-89597-720-9), p. 36
  6. Paul Dubé, « Portrait d’auteur : Marguerite Primeau », Francophonies d'Amérique, no Numéro 1, 1991, , p. 125-132 (lire en ligne [PDF])
  7. 1 2 « Marguerite-A. Primeau, une avant-gardiste oubliée – Le Franco », sur lefranco.ab.ca (consulté le )
  8. 1 2 3 4 « Marguerite-A. Primeau », sur Éditions des Plaines (consulté le )
  9. 1 2 « Littérature d'expression française dans l'Ouest canadien », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le )
  10. 1 2 3 4 5 6 Pamela Verolyne Sing et Jimmy Thibeault, Marguerite-A. Primeau, première femme de lettres du Far Ouest canadien, David, coll. « Voix savantes », (ISBN 978-2-89597-720-9)
  11. « Appel à contribution : (Re)lire et (re)découvrir Marguerite-A. Primeau : pionnière de la littérature du Far Ouest canadien », sur Université Sainte-Anne (consulté le )
  12. Urbain Yamb et Claude Couture, « Institut pour le patrimoine de la francophonie de l’Ouest canadien (Campus Saint-Jean) », Rabaska Revue d'ethnologie de l'Amérique française, , p. 357 (lire en ligne [PDF])
  13. (en) « Beyond Local: Alberta-born author honoured by Canada Post stamp », sur TownAndCountryToday.com, (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la littérature francophone
  • icône décorative Portail du Canada