Michel Seguin

Michel Seguin
Biographie
Naissance
Décès

Michel Pierre François Seguin[1], est un industriel et homme politique français né le à Azé et mort le [2] à Château-Gontier. Il fut maire d'Azé, et maire de Château-Gontier, ainsi que conseiller général du département de la Mayenne.

Biographie

Origine

Il est le fils de Michel Seguin et de Catherine Guérin de Chavé. Son père était le principal blanchisseur et négociant de toiles de Château-Gontier. Son oncle Pierre-Henri Seguin[3] est le dernier prieur de Cosmes, et sans doute pour l'Abbé Angot de celle de Julien Séguin, « riche marchand et l'un des plus notables bourgeois de Chasteau-Gontier, » assassiné à la campagne en 1635 par un nommé Jean Guyard[4].

Révolution française

Michel Seguin était en 1795 employé de travaux publics à Laval. Selon Michel Denis[5], il aurait été enlevé en 1799 par les Chouans, sans doute comme fils d'un acquéreur de biens nationaux. Il est élève de l'École polytechnique de 1795 à 1797, puis de l'École nationale des ponts et chaussées en 1798. Il quitta cette voie et succéda à son père devenu infirme. François Dornic[6] indique qu'il n'a rien trouvé sur son comportement, ni celui de son père pendant la Révolution française.

Premier Empire

Il est nommé maire d'Azé le 13 mai 1808 sous le Premier Empire, il quitta cette fonction lorsque sa commune fut réunie à celle de Château-Gontier. Il est membre du Conseil général de la Mayenne le 22 décembre 1809.

Il est désigné comme un des Grands notables du Premier Empire du département de la Mayenne[7]. Il n'occupa aucune fonction lors des Cent-Jours[8]. François Dornic[6] indique qu'il gagnait dans son commerce de 15 000 à 20 000 francs par an.

Restauration

Sous la Seconde Restauration, il devint maire de Château-Gontier le 11 décembre 1822, après avoir été conseiller municipal le 16 janvier 1812. Devenu pour François Dornic, notable du parti royaliste, il rejoint l'aristocratie terrienne par l'acquisition du Château de la Lande de Niafles aux héritiers de la Famille de Lantivy[6]. Selon Michel Denis[5], ce riche homme d'affaires semble avoir rejoint la droite pour des raisons principalement religieuses.

Le préfet de la Mayenne Charles-Joseph Coster le proposait en ces termes pour la Légion d'Honneur en 1820 : M. Seguin a introduit de nouveaux procédés dans le blanchiment des toiles. Il a inventé de nouveaux fourneaux économiques pour les lessives et il a publié sa découverte[9]. Il s'est acquis par sa probité, par sa délicatesse de ses sentiments l'estime générale. Homme zélé, il dirige les travaux des chemins vicinaux du Canton de Château-Gontier et cherche constamment à se rendre utile à ses concitoyens[10]. Il fut nommé le 24 septembre 1819 membre du conseil général du commerce crée auprès du Ministère de l'Intérieur. Il est Chevalier de la Légion d'Honneur le 12 décembre 1827.

Démissionnaire en 1830, il fut à nouveau conseiller municipal après la Révolution française de 1848, assurant en mars 1849 la fonction, alors tournante, d'officier d'Etat civil. La prospérité de ses affaires lui permit d'agrandir ses domaines, déjà considérables : payant 2 646 francs d'imposition en 1828, il en acquittait 5 425 en 1847[6].

Famille

Il avait épousé le 30 mai 1795 à Changé[11] Sophie Charlotte Françoise Marie Besnard[12]. Son épouse décède le 12 avril 1854. Ils eurent 3 enfants :

  • Sophie Marie Seguin, née le 11 avril 1796 à Château-Gontier. Elle épousa Daniel Louis Daudier le 20 avril 1818 à Château -Gontier, et en eut 4 enfants, dont Jules-Marie Daudier. ces 4 enfants se trouvaient les seuls héritiers de Michel Seguin, lors de la déclaration de succession, le 30 mars 1860 à Château-Gontier ;
  • Charles Michel Seguin, né le 16 septembre 1801 à Laval ;
  • Pauline Catherine Seguin, né le 19 juin 1804 à Azé.

Notes et références

  1. « Michel Seguin », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. III, p. 703.
  2. Le Journal de Château-Gontier lui a consacré une notice le 16 octobre 1859 (Avec une notice vraisemblablement établie selon l'Abbé Angot par Pierre René Martinet, ancien maire de Château-Gontier, chef de la Majorité gouvernementale lors de la Monarchie de Juillet.).
  3. prieur de Saint-Genais d'Aulnay, diocèse de Blois, né à Azé, le 7 juin 1728, installé le 31 octobre 1772, avait « de l'esprit, de l'honnêteté, mais ses enfants étaient médiocrement instruits » (Note de l'évêché en 1778). Caractère pacifique mais ferme, le curé de Cosmes prêta, le 27 février 1791, un serment catholique à la suite duquel il exhorta ses paroissiens à l'union et à la concorde malgré les divergences d'opinion. Interné au Monastère de Patience de Laval, le 14 octobre 1792, et ensuite transféré à Rambouillet, il fit à son retour (mars 1795) sa soumission aux lois de la République, ce qui n'empêcha pas la municipalité de Château-Gontier de le faire incarcérer, en vertu de la loi du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795). Le directoire du département ordonna de le relâcher, le 26 pluviôse an IV (15 février 1796), mais cet arrêt fut cassé par le ministre de la police, le 1er germinal suivant, et M. Séguin fut de nouveau arrêté. Le 22 floréal an V (11 mai 1797), la municipalité de Cossé constate qu'il est rentré dans sa paroisse après s'être conformé aux lois et, le 25 septembre suivant, elle renouvelle sa demande au département pour qu'il continue d'exercer son ministère « à la satisfaction de tous les citoyens ». M. Séguin put desservir en paix sa paroisse jusqu'au mois d'août 1801 et dut mourir peu après. On conservait au Château de Thuré le portrait du dernier prieur de Cosmes, grand-oncle de Mme Daudier, née Séguin.
  4. Au lieu de poursuivre l'assassin, Renée Challery, veuve Séguin, qui restait avec huit enfants, retira sa plainte qui fut reprise par Gatien Galichon. Olivier Patru, dans le procès plaidé aux Tournelles, flétrit l'indifférence et la cupidité de cette femme.
  5. 1 2 Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne
  6. 1 2 3 4 François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986.
  7. François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986.
  8. Une époque dont il veut pour François Dornic se démarquer en 1822.
  9. Michel Seguin déclara par la suite avoir utilisé les connaissances physiques acquises à Polytechnique pour améliorer les fourneaux de Benjamin Thompson, en les modifiant pour accélérer l'ébullition ; cette amélioration fut généralisée dans le département de la Mayenne en peu de temps.
  10. Archives nationales, F1dIII 16/4.
  11. Il demeurait alors à Laval.
  12. Née le 21 mars 1769 à La Roë, fille de Pierre Besnard et de Charlotte Cournée. Son beau-père était à cette époque cultivateur à Saint-Martin-du-Limet.

Liens externes

Sources

  • « Michel Seguin », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. III, p. 703. Article Seguin, Michel Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Dornic, Grands notables du Premier Empire : département de la Mayenne, éditions du CNRS, 1986. p. 64-66.
  • Archives départementales de la Mayenne, registre 95 Q.33, note manuscrite de Michel Seguin, datée du 30 décembre 1833, M. 118.
  • Bernard Sonneck, Les Décorés de la Légion d'honneur de la Mayenne, Éditions Régionales de l'Ouest, 2006, volume 1, 1803-1848, p. 372. Document utilisé pour la rédaction de l’article
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