Mikhaïl Svetlov

Mikhaïl Arkadievitch Svetlov (en russe : Михаи́л Арка́дьевич Светло́в), né Mikhaïl Scheinkmann (Михаи́л Ше́йнкман), dans d'autres sources Mikhaïl Sheinsman (Михаи́л Ше́йнсман)[1] le 4 juin 1903 ( dans le calendrier grégorien) à Iekaterinoslav, mort le à Moscou, est un poète et dramaturge russe soviétique[2],[3]. Lauréat posthume du Prix Lénine en 1967[2].

Les figures de style et les constructions de ses œuvres ressemblent quelquefois à ceux de Heinrich Heine, cela lui a valu le surnom de Heine rouge comme en témoigne notamment le poème satirique Proletarskim poetam (Послание пролетарским поэтам, 1926) de Vladimir Maïakovski[4].

Biographie

En 1920, il s'engage dans l'Armée rouge et prend le nom de Svetlov (du russe Svet : « lumière »). Il participe aux combats de la Guerre civile russe. Il vit longtemps à Kharkiv, puis, s'installe à Moscou en 1922. Son premier recueil de poésies Relsy [Les Rails] parait en 1923. En 1926, il écrit le célèbre poème Grenada, l'histoire d'un partisan de la Guerre civile qui rêve de combattre pour libérer une lointaine contrée dont il a appris l’existence dans un livre[3],[5],[6].

On retrouve son nom parmi les membres du « groupe Octobre », aux côtés de Iossif Outkine, Alexandre Bezymenski, Aleksandr Jarov (ru), Ivan Doronine (ru) ou Mikhaïl Golodny. Tout au long des années 1920 ce groupe combat les « attitudes bourgeoises » en littérature et affirme le primat du contenu sur la forme[7].

Il fait ses études à l'Université d'État de Moscou en 1927-1928.

De 1941 à 1945, il est correspondant de guerre du journal Krasnaïa Zvezda Étoile rouge ») sur le front de Leningrad, puis pour les journaux de la 1re armée de choc du front nord-ouest Na razgrom vraga Pour vaincre l'ennemi ») et Gueroïtcheski chtourm Héroïque patrouille »), et dans le journal de la 33ème armée du Premier front biélorusse. À cette période son Chant de Kakhovka, écrit en 1935 et mis en musique par Isaac Dounaïevski, bénéficie d'une large diffusion[6],[8],[9]. La chanson sera interprétée dans le film Trois camarades de Semion Timochenko (1935)[10]. Pour le service rendu pendant la Grande Guerre patriotique, Mikhail Svetlov a reçu deux médailles de l'Ordre de l'Étoile rouge.

Bien qu'il soit devenu un apparatchik, Svetlov perd sa foi en l'état communiste à mesure que ses amis sont décimés par les purges, et devient alcoolique : tout comme son collègue Iouri Olecha, il passe ses journées au bar de l'hôtel National[11],[12].

Mort d'un cancer du poumon le , il est enterré au cimetière de Novodevitchi.

Œuvres

Les œuvres majeures de Mikhaïl Svetlov sont :

  • Grenade (Гренада, 1926)
  • Le Chant de Kakhovka (Песня о Каховке, 1935)
  • Vingt-huit (Двадцать восемь, 1942)
  • L'Italien (Итальянец, 1943)

Récompenses et honneurs

Voir aussi

Notes et références

  1. (en) Katerina Clark et Evgeniĭ Aleksandrovich Dobrenko, Soviet Culture and Power : A History in Documents, 1917-1953, New Haven, Yale University Press, , 545 p. (ISBN 978-0-300-10646-6, lire en ligne), p. 505
  2. 1 2 Николай Николаевич Скатов, Русская литература ХХ века : прозаики, поэты, драматурги : биобиблиографический словарь, vol. 3, ОЛМА Медиа Групп, , 829 p. (ISBN 978-5-94848-307-8, lire en ligne), p. 279
  3. 1 2 (en)Katharine Hodgson, Written with the Bayonet: Soviet Russian Poetry of World War Two, Liverpool University Press, (ISBN 9780853237105, lire en ligne), p. 26
  4. (en)Evgeny Dobrenko (trad. Jesse M. Savage), The Making of the State Writer: Social and Aesthetic Origins of Soviet Literary Culture, Stanford University Press, (ISBN 9780804733649, lire en ligne), p. 327
  5. Jean-Paul Engélibert, La littérature dépliée : Reprise, répétition, réécriture, Presses universitaires de Rennes, , 522 p. (ISBN 978-2-7535-4671-4, lire en ligne), p. 196
  6. 1 2 (en)Yuri Slezkine, The Jewish Century, Princeton University Press, (ISBN 9781400828555, lire en ligne), p. 228
  7. Marc Slonim, Histoire de la littérature russe soviétique, vol. 19, L'Age d'Homme, coll. « Slavica », , 484 p. (ISBN 978-0-8047-3364-9, lire en ligne), p. 36-37
  8. (en)Valery Dunaevsky, A Daughter of the "Enemy of the People", Xlibris Corporation, (ISBN 9781503574908, lire en ligne)
  9. (en)Rina Lapidus, Jewish Women Writers in the Soviet Union, Routledge, coll. « Studies in the History of Russia and Eastern Europe », (ISBN 9781136645464, lire en ligne)
  10. (en)Igor Pilshchikov, Urban Semiotics: the City as a Cultural-Historical Phenomen, Tallinn University Press, coll. « Acta Humaniora », (ISBN 9789985588079, lire en ligne), p. 102-103
  11. (en) Liliana Lungina et Oleg Dorman, Word for Word : A Memoir, The Overlook Press, , 336 p. (ISBN 978-1-4683-1111-2, lire en ligne)
  12. (en)Gene Sosin, Sparks of Liberty: An Insider's Memoir of Radio Liberty, Penn State Press, (ISBN 9780271038636, lire en ligne), p. 85
  13. (en) « (3483) Svetlov », sur le site du Centre des planètes mineures (consulté le )
  14. Votre bateau, le MS Mikhaïl Svetlov

Liens externes

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