Moulin du Bosq

Moulin du Bosq
Présentation
Type
Fondation
Patrimonialité
Localisation
Adresse
Le Beau Moulin
Trévières, Calvados
 France
Coordonnées
49° 18′ 09″ N, 0° 55′ 20″ O
Carte

Le moulin du Bosq ou moulin du Bois (forme ancienne Bosc-Moulin), aussi appelé Le Beau Moulin, est un ancien moulin, du XVIIe siècle, qui se dresse, dans le Bessin, sur le territoire de la commune française de Trévières dans le département du Calvados, en région Normandie.

L'édifice avec son bief est classé au titre des monuments historiques.

Localisation

Le moulin est situé route de Bernesq à Trévières, sur la Tortonne, dans le département français du Calvados.

Historique

Origine

Le Bosc-Moulin relevait du franc-fief de l'Étang, fiefferme qui avait été donné par le roi Saint Louis à l'abbaye de Montebourg en 1262[1].

En 1560, le domaine de l'Étang  et le Bosc-Moulin  est affermé pour 60 livres tournois à Pierre Gallon, bourgeois de Bayeux[1].

Moulin actuel

Le moulin est probablement reconstruit dans le premier quart du XVIIe siècle[1] en remplacement d'un précédent édifice[2], par Claude Pellot (1619-1683). Quant au millésime de 1684[3],[note 1] gravé dans l'attique central, il coïncide avec la date ou le fils de Claude Pellot, Claude-François Pellot, rend hommage de la châtellenie de Trévières[note 3], le , date portée sur la cheminée. La date de 1684, correspondrait à la modification du profil de la toiture du moulin, qui était certainement à l'origine couvert d'un haut comble à la française[8].

Succède à Claude-François comme comtes de Trévières, seigneurs et patrons de la paroisse et possesseurs du moulin, qui était baillé[note 4], un autre Claude Pellot (v. 1683-1769), son fils, conseiller au Parlement de Paris, puis son petit-fils Claude-Anne-François Pellot (1728-1793)[9]. Celui-ci, de son mariage avec une cousine née de Polignac n'eut pas de postérité et c'est la sœur de cette dernière, Marie-Françoise de Polignac, marquise de Montal, qui fut l'unique héritière. Ayant émigré à la Révolution, ses biens furent confisqués et vendus le 19 ventôse an III (). Le moulin fut acquis par François-Denis-Auguste de Grimoard de Beauvoir du Roure de Beaumont, comte de Brison, d'une famille établie en Dauphiné, auquel succéda, en 1810 à sa mort, son fils Denis-Scipion[note 5]. En 1812, le moulin est pris en fief par Louis Alexandre auquel succéda, dès 1838, sa veuve, Thérèse Courteil. La comtesse de Sacriste de Tombebeuf, son ancienne propriétaire, en fit l'acquisition en et le fieffa à Thérèse Courteil. La comtesse le vendit en , contre la somme de 5 250 francs à Vigor Yver[note 6]. Cette famille Yver conservera le moulin jusqu'à la Seconde Guerre mondiale[note 7]. Par la suite, c'est la famille Mouchel[note 8], de Rubercy, qui vint s'établir en ce lieu[9].

Un règlement concerne le moulin au milieu du XIXe siècle, le même siècle voit une surélévation du bâtiment[4].

En 1980, dans le cadre de l'Année du Patrimoine, le moulin alors en état de semi-abandon, reçut le premier prix du concours photographique national « Patrimoine à sauver » à l'initiative des Vieilles maisons françaises. En 1988, le moulin fut acheté par M. Marcel Masi, décorateur parisien[10], période ou débuta sa restauration[2] qui sera récompensée avec l'obtention du premier prix des délégués des Vieilles maisons françaises, en 1999[11].

Description

Le moulin est bâti en calcaire et enduit[2].

L'édifice, de plan massé, haut d'un étage sur rez-de-chaussée et couvert d'une imposante toiture, présente en façade trois travées. L'avant-corps, construit sur trois niveaux, est d'inspiration baroque[4]. Le décor de ce faux avant-corps central est à rapprocher de la partie supérieur du portail du manoir de la Caillerie à Bayeux daté de 1667, ou à la porte principale du manoir de Douville à Mandeville-en-Bessin[12].

Protection

Le moulin avec son bief est classé au titre des monuments historiques par arrêté du [4].

Notes et références

Notes

  1. Et non 1634 comme l'indique la base Mérimée[4].
  2. Dans l'ouvrage Le Patrimoine des Communes du Calvados il est dit, qu'il est conseiller au Parlement de Paris[2].
  3. Claude Pellot, premier président au Parlement de Rouen[5],[note 2], châtelain de Trévières, avait rassemblé une grande partie du territoire de cette paroisse[5]. Afin de constituer sa châtellenie, il avait obtenu successivement la réunion de plusieurs fief. En 1677, le fief de Trévières avait été uni au fief de la Ramée, et il avait acquis, en 1681 des moines de Montebourg, le fief de l'Étang. L'ensemble est érigé en comté au mois d', mais le nouveau comte meurt peu après[6]. Jean-Michel Bouvris, indique quant à lui la date d' et l'érection en comté de la châtellenie de Trévières sous son fils, Claude-François Pellot[7].
  4. On connaît le nom d'un des bailleurs, Louis François Fouet, qui le prend du dernier Pellot, à partir de la Chandeleur 1768.
  5. Père et fils eurent également, de à , la possession du domaine du Haut-Bosc, anciennement aux mains des Pellot, situé à proximité du moulin.
  6. Son fils, Louis Yver fut maire de Trévières de 1911 à 1919.
  7. Le moulin aurait cessé de moudre en 1948.
  8. Les Mouchel était depuis trois générations charpentier-menuisier.

Références

  1. 1 2 3 Trotin, Congrès de Grandcamp 2012, p. 71.
  2. 1 2 3 4 Le Patrimoine des Communes du Calvados, t. 2.
  3. Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados : Arrondissement de Vire et de Bayeux, t. 3, Caen, Hardel, , 840 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 692.
  4. 1 2 3 4 « Moulin du Bosq », notice no PA00111766, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. 1 2 Bernard Gourbin (préf. Christian Nisse, introduction Pierre Brunet), Fermes-manoirs du Bessin, Bayeux, Éditions OREP, , 80 p. (ISBN 978-2-8151-0207-0), p. 7.
  6. Trotin, Congrès de Grandcamp 2012, p. 72.
  7. Bouvris, Congrès de Grandcamp 2012, p. 140.
  8. Trotin, Congrès de Grandcamp 2012, p. 71-72.
  9. 1 2 Bouvris, Congrès de Grandcamp 2012, p. 141.
  10. Bouvris, Congrès de Grandcamp 2012, p. 142.
  11. Bouvris, Congrès de Grandcamp 2012, p. 143.
  12. Bouvris, Congrès de Grandcamp 2012, p. 144.

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Michel Bouvris, « Du moulin du Bosc au beau moulin de Trévières », Annuaire des cinq départements de la Normandie, Congrès de Grandcamp 2012, L'Association normande et les assises de Caumont, 170e congrès, , p. 137-145 (ISBN 978-2-9537313-3-0, ISSN 0755-2475).
  • Nicolas Trotin, « Notes de visite : Remarques sur l'architecture privée : Jucoville, l'Hermerel, Le Beau-Moulin, Douville », Annuaire des cinq départements de la Normandie, Congrès de Grandcamp 2012, L'Association normande et les assises de Caumont, 170e congrès, , p. 68-72 (ISBN 978-2-9537313-3-0, ISSN 0755-2475).
  • Le Patrimoine des Communes du Calvados, t. II, Éditions Flohic, coll. « le patrimoine des communes de France », (ISBN 2-84234-111-2), p. 1554-1555.

Articles connexes

Liens externes

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