Nicolas Gelent

Nicolas Gelent
Sceau de Nicolas Gelent (1261).
Collection Douët d'Arcq 6451.
Fonction
Évêque d'Angers
-
Michel Villoiseau (d)
Biographie
Décès
Activités
Vue de la sépulture.

Nicolas Gelent ou Nicolas Gellent ou Nicolas Geslant, né vers 1211 et mort le , est un ecclésiastique français, évêque d'Angers de 1260 à sa mort.

Biographie

Nicolas Gelent est né au début du XIIIe siècle[1], vers 1211[2], probablement à Angers. Il est le fils de Robert, prévôt d'Angers[2],[3].

Nicolas Gelent a probablement une formation de juriste[4]. Il est chapelain de l'évêque d'Angers Guillaume de Beaumont[2],[3],[4] avant 1240[2].

Il devient chanoine de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers en 1246[2]. Le , le chapitre l'élit évêque d'Angers[2],[3]. Il succède à Michel de Villoyseau[3].

Statuts synodaux

Il réunit 25 synodes de 1261 à 1282[3],[4]. En 1310, son successeur, l'évêque Guillaume Le Maire, fait recopier les 25 statuts synodaux publiés par Nicolas Gellent[5]. Ces statuts montrent quatre centres d'intérêt majeurs : le gouvernement du diocèse, le statut des prêtres, la liturgie et la vie des fidèles et enfin les moines et les mendiants[6].

Nicolas Gelent suit assez précisément la législation de son époque[7] et il impose notamment aux prêtres de rappeler que toute union préalable à la bénédiction nuptiale est interdite[8],[5],[9],[10]. Cette insistance montre que la nouvelle conception du mariage chrétien définie au quatrième concile du Latran de 1215 ne s'est pas encore imposée partout dans l’Ouest de la France à la fin du XIIIe siècle[5].

Ces statuts sont distribués à tous les archiprêtres ou doyens du diocèse, qui doivent veiller à ce que chaque desservant en possède un exemplaire[11].

Autres décisions

En 1267, le pape Clément IV demande par une bulle à Nicolas Gelent de cesser ses prélèvements sur les offrandes versées par les fidèles sur la tombe de Gilles de Tyr, inhumé dans l'église Notre-Dame de Nantilly à Saumur. Ces offrandes sont un enjeu de querelle entre l’évêque d’Angers et l'abbaye Saint-Florent de Saumur[12].

Il introduit dans le diocèse d'Angers les Frères de la pénitence de Jésus-Christ ou Sachets. Il approuve en 1280 la fondation du prieuré de Notre-Dame de La Papillaie par Hébert Lanier[3]. En 1286, ses comptes montrent l'apparition d'un chœur d'enfants dans la cathédrale[13]. En 1289, avec l'accord du comte Charles II d'Anjou, il fait expulser d'Anjou les juifs et les banquiers étrangers[3].

Mort et sépulture

Il meurt le au château d'Eventard[14],[2],[3] qu'il avait acquis comme résidence des évêques d'Angers[2],[3] et il est enterré dans le chœur de la Cathédrale Saint-Maurice d'Angers le [3].

Sa tombe comporte une plaque gravée sur cuivre à son effigie. Elle est fabriquée à Paris, du vivant de l'évêque, en 1286. Il y est représenté avec ses ornements ecclésiastiques, avec une inscription en son honneur. Cette tombe est déplacée en 1699[14] et la plaque de cuivre est fondue[15]. L'inscription qui y figurait est connue par les dessins de la collection Gaignières. Elle donne peu de renseignements biographiques et insiste sur la charité et la piété de l'évêque[16].

Références

  1. de Morembert 1984, p. 314.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Port 1978.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 de Morembert 1984, p. 315.
  4. 1 2 3 Avril 1988, p. 44.
  5. 1 2 3 Michel Rubellin, Église et société chrétienne d'Agobard à Valdès, Lyon, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d’histoire et d’archéologie médiévales », (ISBN 978-2-7297-1077-4, DOI 10.4000/books.pul.19131, lire en ligne), p. 513-526.
  6. Avril 1988, p. 45.
  7. Avril 1988, p. 48.
  8. Avril 1988, p. 51.
  9. Carole Avignon, « Chapitre XLI. Cadrage et contrôle du mariage », dans Marie-Madeleine de Cevins et Jean-Michel Matz (dir.), Structures et dynamiques religieuses dans les sociétés de l’Occident latin (1179-1449), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-6757-3, DOI 10.4000/books.pur.131418, lire en ligne), p. 511–522.
  10. Carole Avignon, « Les mariages clandestins : impasse disciplinaire, scandale ou moteur de la réflexion doctrinale ? », Médiévales. Langues, Textes, Histoire, vol. 71, no 71, , p. 55–74 (ISSN 0751-2708, DOI 10.4000/medievales.7911, lire en ligne, consulté le ).
  11. Florian Mazel, L'évêque et le territoire : L'invention médiévale de l'espace, Paris, Éditions du Seuil, coll. « L'univers historique », (ISBN 978-2-02-118310-8), p. 317.
  12. Pierre-Vincent Claverie, « De l’entourage royal à l’entourage pontifical : l’exemple méconnu de l’archevêque Gilles de Tyr († 1266) », dans Jean-Louis Kupper et Alain Marchandisse (dir.), À l’ombre du Pouvoir : Les entourages princiers au Moyen Âge, Liège, Presses universitaires de Liège, coll. « Bibliothèque de la faculté de philosophie et lettres de l’université de Liège », , 55–76 p. (ISBN 979-10-365-2063-1, DOI 10.4000/books.pulg.5634, lire en ligne)
  13. Patrick Demouy, « Les pueri chori de Notre-Dame de Reims : Contribution à l'histoire des clergeons au Moyen Age », dans Le clerc séculier au Moyen Âge : XXIIe Congrès de la SHMES (Amiens, juin 1991), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 27), (ISBN 979-10-351-0237-1, DOI 10.4000/books.psorbonne.25203, lire en ligne), p. 135–149.
  14. 1 2 Denais 1899, p. 178-179.
  15. Denais 1899, p. 40.
  16. Vincent Debiais, Robert Favreau, Jean Michaud et Cécile Treffort, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe (région Pays de la Loire), vol. 24, CNRS, coll. « Corpus des inscriptions de la France médiévale », , 278 p. (lire en ligne), p. 32-34.

Voir aussi

Bibliographie

  • Joseph Avril, Les statuts synodaux français du XIIIe siècle. 3, Les statuts synodaux angevins de la seconde moitié du XIIIe siècle : précédés d'une étude sur la législation synodale angevine, Paris, éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, coll. « Collection de documents inédits sur l'histoire de France / in-8° » (no 19), , 310 p. (lire en ligne).
  • Joseph Denais, Monographie de la cathédrale d'Angers : Monuments, sépultures, trésor, tapisseries, vitraux, etc., Angers, Lachèse et Cie, imprimeurs-libraires, , 523 p. (lire en ligne).
  • Célestin Port, « Gellent (Nicolas) », dans Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou, t. 2, Angers, H. Siraudeau & Cie, , 2e éd. (1re éd. 1878) (lire en ligne), p. 223.
  • T. de Morembert, « Gelent ou Geslant (Nicolas) », dans Roger Aubert (dir.), Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 20, Paris, Letouzey et Ané, , 1520 p. (lire en ligne), p. 314-315.

Articles connexes

Liens externes

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