Nome du Lièvre

Hiéroglyphe symbole du Nome.

Le nome du Lièvre (wnt) est l'un des quarante-deux nomes (division administrative) de l'Égypte antique. C'est l'un des vingt-deux nomes de la Haute-Égypte et il porte le numéro quinze.

Les nomes de Haute-Égypte

Les divinités principales à l'origine semblent être un babouin et une divinité hase nommée Ounout[1] (bien qu'à l'origine, elle ait pu être représentée par un serpent[2]). Par la suite, le culte du dieu ibis Thot s'imposa (bien que les inscriptions sur la chapelle blanche de Sésostris Ier relient ce nome au culte de Bès[note 1]) et, d'une part, Thot adopta la forme du babouin en plus de celle d'ibis et, d'aurtre part, la hase fut conservé dans le nom et l'enseigne du nome[1].

Histoire

Le nome du lièvre déifié ; gros plan d'un groupe de statues du pharaon Mykérinos, IVe dynastie

Le nome du Lièvre était déjà connu au cours de la IVe dynastie de l'Ancien Empire, comme le montre la statue en forme de triade du pharaon Mykérinos, d'Hathor et d'une représentation déifiée du nome[note 2]. On sait que pendant la VIe dynastie, ses nomarques étaient enterrés dans la nécropole de Cheikh Saïd[3].

Le nome conserva son importance durant la Première Période intermédiaire et le Moyen Empire qui suivit ; ses gouverneurs étaient également responsables de l'extraction de l'albâtre égyptien[note 3] à Hatnoub dans le désert oriental, ils possédaient des fonctions exclusives telles que « directeur du double trône » et « grand des cinq », et étaient également grands prêtres de Thot[4]. Lors de la Première Période intermédiaire, ils déplacèrent légèrement vers le nord leur nécropole à Deir el-Bersha, où leurs tombes taillées dans la roche, bien que mal conservées, furent mises au jour. Au cours du Moyen Empire, le nome du Lièvre était dirigé par une dynastie assez ramifiée de nomarques ; le dernier connu d'entre eux, Djéhoutyhotep, était également le propriétaire de la tombe la plus élaborée et la mieux conservée de la nécropole de Deir el-Bersha ; il a régné jusqu'au début du règne de Sésostris III qui est connu pour avoir pris des mesures pour minimiser le pouvoir détenu par tous les nomarques[4],[5].

Au Nouvel Empire, le site de Tounah el-Gebel se développa, avec un temple datant d'Amenhotep III et dédié à lui-même ainsi qu'à Thot et à d'autres dieux locaux. Il y a également un petit nombre de tombes du Nouvel Empire[6]. La nécropole se développa par la suite avec des tombes d'animaux (ibis et babouins) à la Basse Époque, puis, à la toute fin de cette période avec les tombes de Pétosiris et de son frère Djed-Thot-iou-ef-ankh qui construisirent les premières grandes tombes. Le site continua d'être utilisa comme nécropole aux périodes ptolémaïque et romaine[7].

Lieux principaux

Les lieux principaux sont les suivants[8] :

Notes et références

Notes

  1. Upper Egypt nome 15, Digital Egypt for Universities ; voir Liste des nomes de Sésostris Ier.
  2. "King Menkaura, the goddess Hathor, and the deified Hare nome", au Museum of Fine Arts, Boston.
  3. Aussi nommé « travertin égyptien », notamment par les auteurs anglo-saxons (de Putter & Karlshausen 2022, p. 22-24).

Références

Bibliographie

  • Claire Lalouette, Histoire de la civilisation pharaonique, vol. 1 : Au royaume d'Égypte. Au temps des rois dieux, Paris, Flammarion, coll. « Champs », (1re éd. 1991), 384 p. (ISBN 978-2081272187) ;
  • Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, Paris, Le Livre de Poche, (1re éd. 1988), 668 p. (ISBN 978-2253065470) ;
  • Erik Hornung, Les dieux de l'Égypte. L'un et le multiple Der Eine und die Vielen »], Paris, Flammarion, coll. « Champs », (1re éd. 1971), 310 p. (ISBN 978-2080812575) ;
  • (en) Wolfram Grajetzki, The Middle Kingdom of ancient Egypt: history, archaeology and society, Londres, Bristol Classical Press, , 232 p. (ISBN 978-0715634356) ;
  • Salima Ikram, « Hermopolis Magna, Tuna el-Gebel (Pharaonic) », The Encyclopedia of Ancient History, Hoboken, NJ, John Wiley & Sons, Inc., (ISBN 9781444338386, DOI 10.1002/9781444338386.wbeah15404, lire en ligne, consulté le ) ;
  • Katja Lembke, Tradition and Transformation. Egypt Under Roman Rule, (ISBN 978-9004189591, DOI doi:10.1163/ej.9789004183353.i-508.54), « 11. The Petosiris-Necropolis Of Tuna El-Gebel » ;
  • Michel Dessoudeix, Chronique de l'Égypte ancienne : Les pharaons, leur règne, leurs contemporains, Arles, Actes Sud, , 780 p. (ISBN 978-2-7427-7612-2) ;
  • Thierry de Putter et Christina Karlshausen, Pierres de l'Égypte ancienne, Bruxelles, Éditions Safran, coll. « Connaissance de l'Égypte Ancienne » (no 20), , 319 p. (ISBN 978-2874571336).
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