Pierre Santerre

Pierre Santerre
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Biographie
Activité

Pierre Santerre est un compositeur français du XVIe siècle, mort à Poitiers avant 1567. Il a composé et publié la collection complète des 150 psaumes de David ainsi que quelques chansons polyphoniques.

Biographie

Il est probablement actif dans le Poitou. Il est repéré en 1555 comme organiste à la cathédrale de Poitiers, dans le contrat de location d’une maison passé le 11 avril de cette année[1].

Il est mort avant 1567, l'imprimeur de son recueil de psaumes de 1567 indiquant dans la préface que c’est une édition posthume.

Œuvre

Psaumes

Les CL psalmes de David, mis en musique à quatre parties par Pierre Santerre, Poictevin; plus le psalme CXIX diversifié de musique par le même autheur, selon la lettre alphabétique. - Poitiers, Nicolas Logerois, 1567, avec privilège du Roy pour cinq ans[2].

De cette publication faite en parties séparées, on ne connaissait que le cahier de Superius, conservé au XIXe siècle dans une collection privée française. Elle est aujourd’hui introuvable, n'ayant toujours pas reparu dans une collection publique, et est décrite ici d'après les témoignages anciens cités en note. La préface indiquait que « les parties en sont faciles à chanter, estans appropriées sur le chant usité aux Eglises, ayant un chant grave, accomodé aux saincts propos », ce qui signifie qu’il s’agit d’une harmonisation homophonique des mélodies officielles du Psautier de Genève, constitué depuis 1562.

Comme le remarque Pidoux, la présence du ps. 119 « selon la lettre alphabétique » et « diversifié de musique » laisse supposer qu’il s'agit de la traduction par Jean Poitevin des 22 versets de ce psaume, avec une harmonisation différente à chaque verset.

Cette œuvre place Santerre dans la continuité des compositeurs qui ont harmonisé la totalité du Psautier de Genève, tels Claude Goudimel, Claude Le Jeune, Philibert Jambe de fer ou Richard Crassot.

Chansons

Pierre Santerre, début de la chanson "Quand la bergère va aux champs", 1556.

Pierre Santerre a publié huit chansons polyphoniques à quatre voix, éparpillées dans plusieurs recueils imprimés à Paris entre 1536 et 1557[3] par Pierre Attaingnant, Nicolas du Chemin ou Adrian Le Roy et Robert Ballard[4]. Deux d'entre elles sont aussi attribuées à Henri Fresneau. Leur composition reflète un style plus chahuté que la « chanson parisienne » classique, avec des rythmes courts qui s’entrechoquent souvent, ainsi que de nombreuses notes répétées[5]. Une d’entre elles, intitulée Le Procès de Tallebot, est écrite en dialecte poitevin.

Elles sont éditées par J. A. Bernstein, Pierre Santerre : The complete chansons, The Sixteenth-century chanson, vol. 22 (1992).

Notes et références

  1. Lesure 1966.
  2. Douen 1879, vol. II, n° 160 ; La France Protestante 1, t. X. (1859), p. 136 ; Pidoux 1962, n° 67/I.
  3. A savoir : RISM 1536-4, 1545-10/11 (2 chansons, aussi dans le manuscrit de Bologne Q-26), 1556-14 (2 chansons), 1556-16 (2 chansons) et 1557-12.
  4. Elles sont parfois qualifiées de « chansons poitevines”, ce qui suggère qu’elles reflètent un caractère local.
  5. Miller 1977.

Bibliographie

  • Lawrence F. Bernstein, Santerre [Sanserre, Senterre, Senserre], Pierre, in New Grove’s Dictionary of Music.
  • Leta Elen Miller, The Chansons of French Provincial Composers: a Study of Stylistic Trends (PhD diss., Stanford U., 1977).
  • François Lesure, “Some Minor French Composers of the 16th Century”, Aspects of Medieval and Renaissance Music: a Birthday Offering to Gustave Reese, ed. J. LaRue and others, New York, 1966, p. 538-544.
  • Pierre Pidoux, Le psautier huguenot du XVIe siècle, Bâle, 1962, 2 vol.
  • RISM : Recueils XVIe-XVIIe siècle, éd. François Lesure, 1960 (Répertoire international des sources musicales).
  • Orentin Douen, Clément Marot et le psautier huguenot, Paris, 1879, 2 vol.

Liens externes

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