Promouvoir (association)

Promouvoir
Histoire
Fondation
Cadre
Forme juridique
Association déclarée
Objet social
Promotion des valeurs judéo-chrétiennes, dans tous les domaines de la vie sociale
Domaine d'activité
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France)
Siège
Carpentras (depuis le )
Pays
Organisation
Fondateur
André Bonnet (d)
Président
Philippe Clochard (d) (depuis )
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

Promouvoir est une association française fondée en à Carpentras par André Bonnet, avocat fiscaliste, ancien magistrat administratif[1],[2]. Elle a pour but de promouvoir les « valeurs judéo-chrétiennes et de la famille »[3]. Elle est principalement connue pour ses actions judiciaires visant à faire censurer des films qu'elle juge pornographiques ou violents.

Son positionnement idéologique la fait qualifier de « catholique intégriste »[4],[5] ou « d'association d'extrême droite ».

Histoire

André Bonnet dépose les statuts de l'association à la sous-préfecture de Carpentras en [6],[7]. Son objet est alors de « promouvoir les valeurs judéo-chrétiennes dans tous les domaines de la vie sociale et défendre la dignité de l'homme, de la femme et de l'enfant ».

André Bonnet est un ancien du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, du Front national de Jean-Marie Le Pen, et du Mouvement national républicain de Bruno Mégret[8].

Présidents

  •  : André Bonnet (d)
  • depuis  : Philippe Clochard (d)[9]

Militantisme judiciaire

Actions contre les visas d'exploitations de films

C'est sa lutte contre la pornographie et les scènes de violence présentes (ou pas) dans les films qui l'a fait connaître. Considérant que le ministre de la Culture, qui s'appuie sur l'avis de la Commission de classification des œuvres cinématographiques du CNC, effectue de mauvaises classifications, l'association a porté devant la justice administrative les visas d'exploitation de nombreux films. Elle a visé (pas toujours avec succès) les films Baise-moi[10], Fantasmes[11], Le Pornographe[12], Ken Park[13], Nymphomaniac[12], Antichrist[14],[15], Saw 3D : Chapitre final[16], La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2, Bang Gang[17], Love[18],[19], Cinquante Nuances de Grey[5], Cinquante Nuances plus claires[5], Sausage Party[20],[5] ou encore Les Huit Salopards[21],[22],[23].

En , son action contre le film Baise-moi, interdit à la base aux moins de 16 ans, a débouché, à la suite d'une décision du Conseil d'État donnant raison à l'association, sur la recréation de la catégorie « Interdit aux moins de 18 ans non classé X » entre les catégories « Interdit aux moins de 16 ans » et « Interdit aux moins de 18 ans classé X »[4]. Ses multiples actions valent à l'association de nombreuses critiques, depuis Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture[24], jusqu'aux producteurs, dont Vincent Maraval après l'interdiction de Love aux moins de 18 ans[25], en passant par la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF)[26] ou la Ligue des droits de l'Homme (LDH)[27],[28]. Abdellatif Kechiche, le réalisateur de La Vie d'Adèle, a déclaré à la suite de la décision de la Cour administrative d'appel de Paris d'annuler le visa d'exploitation : « Cette décision me paraît plutôt saine. Je n'ai jamais pensé que mon film pouvait être vu par des gamins de 12 ans, et je déconseille personnellement à ma fille de le voir avant qu'elle ait 14 ou 15 ans. Aussi l'interdiction aux moins de 16 ans ne me dérangerait pas »[29].

Notes et références

  1. David Doucet, « Qui est André Bonnet, le "croisé" de l'association Promouvoir ? », Les Inrockuptibles, (version du sur Internet Archive).
  2. AFP, « Qui est André Bonnet, l'homme de l'association Promouvoir, qui combat le sexe et la violence au cinéma ? », sur franceinfo.fr, .
  3. Léo Mouren, « La croisade d'André Bonnet et de Promouvoir contre le sexe et la violence au cinéma », L'Express, (archivé sur Internet Archive).
  4. 1 2 Charlotte Boitiaux, « La croisade d'une association catholique intégriste contre le sexe au cinéma », France 24, .
  5. 1 2 3 4 Sylvie Kerviel (d), « Classification du cinéma : le retour d'un mauvais film », Le Monde, (consulté le ).
  6. Triollet 2020, p. 149.
  7. Annonce no 1027 du , Journal officiel Associations, no 35, , p. 3999.
  8. Hélène Pagesy (d), Hugo-Pierre Gausserand et Mathilde Doiezie, « Promouvoir, l'association qui obsède le cinéma », Le Figaro, .
  9. Nathalie Funès (d), « 5 questions sur Promouvoir, le censeur catholique du cinéma français », L'Obs, .
  10. « Baise-moi, Nymphomaniac, Saw : rencontre avec l'homme qui fait trembler les distributeurs », Première, .
  11. « CINEMA : Une menace de censure pèse sur le film coréen Fantasmes de Jang Sun-woo », Le Monde, (consulté le ).
  12. 1 2 Isabelle Regnier, « « Nymph()maniac, volume 2 » rejoint le petit club très fermé des films d'auteur interdits aux moins de 18 ans », Le Monde, (consulté le ).
  13. « Vers un durcissement de la censure ? », Le Monde, (consulté le ).
  14. AFP, « La justice française interdit l'exploitation d'« Antichrist » », Le Monde, (consulté le ).
  15. Clio Weickert et Fabien Randanne, « Censure d'«Antichrist»: Promouvoir, l'association qui combat le sexe et la violence au cinéma », 20 Minutes, .
  16. Florian Reynaud (d), « Cinq ans après sa sortie, « Saw 3D » interdit aux mineurs », Pixels, Le Monde (consulté le )
  17. Judith Korber, « "Bang Gang" dans le viseur de l'association catholique Promouvoir », sur TF1 Info, .
  18. AFP, « Le Conseil d'État interdit « Love » aux moins de 18 ans », Le Monde, (consulté le ).
  19. « Love interdit aux moins de 18 ans : le droit de réponse de l'association Promouvoir », sur Allociné, .
  20. « Le film « Sausage Party » reste interdit aux moins de 12 ans », Le Monde, (consulté le ).
  21. Sylvie Kerviel (d), « La justice rejette le recours de l'association Promouvoir contre « Les 8 Salopards » », Le Monde, (consulté le ).
  22. Mathilde Doiezie, AFP, « L'association Promouvoir s'attaque aux Huit salopards de Tarantino », Le Figaro, .
  23. Adrien Gombeaud, « Mission de censure », Vanity Fair, no 63, , p. 76–83 et 120.
  24. Hugo-Pierre Gausserand, AFP, « Promouvoir : Fleur Pellerin entend «ne pas se laisser dicter» sa conduite », Le Figaro, .
  25. « Love interdit aux moins de 18 ans : Vincent Maraval "entre tristesse, atterrement et amusement" », sur Allociné, .
  26. Hugo-Pierre Gausserand, « Promouvoir: des cinéastes dénoncent un «nouvel obscurantisme» », Le Nouvel Observateur, .
  27. Observatoire de la liberté de création, « Censure au cinéma : le Conseil d'État donne encore une fois raison à une association d'extrême droite », sur ldh-france.org, .
  28. « Comme si le roman était un livre d'images », Les Inrockuptibles, no 383, 2–8 avril 2003, p. 25.
  29. Emmanuelle Jardonnet (d), « Abdellatif Kechiche juge « plutôt saine » l'annulation du visa d'exploitation de « La Vie d'Adèle » », Le Monde, .

Jurisprudence administrative

Jurisprudence administrative sur Légifrance [liste complète] :

Voir aussi

Bibliographie

  • Christophe Triollet, « Dieu, les hommes et le cinéma », dans Politique & religion, La Madeleine, LettMotif, coll. « Darkness, censure et cinéma » (no 3), , 319 p. (ISBN 978-2-36716-218-8 et 978-2-36716-219-5), p. 127–160, §  « L'association Promouvoir », p. 148–150 [lire en ligne].
  • Christophe Triollet, « Le cataclysme juridique de l'affaire Baise-moi : L'acte de naissance de l'association Promouvoir », dans Censure & cinéma en France, La Madeleine, LettMotif, coll. « Darkness, censure et cinéma » (no 6), , 446 p. (ISBN 978-2-36716-287-4), p. 149–154 [lire en ligne], suivi d'un entretien avec André Bonnet.

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail du cinéma français
  • icône décorative Portail du catholicisme
  • icône décorative Portail des associations