Révolte de Sidi Lazreg Belhadj

Révolte de Sidi Lazreg Belhadj
Description de cette image, également commentée ci-après
L'assassinat de Sidi Lazreg Belhaj à Dar Ben Abdallah
Informations générales
Date 11 mars - 27 juillet 1864
Lieu La région de Wilaya de Relizane et Wilaya de Tiaret
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Les forces des Flittas et Beni Ouragh
Commandants
  • Sidi Lazreg Belhadj
  • Si Abdel Aziz

Conquête de l'Algérie par la France

Batailles

  • Bataille de Rahouia
  • Bataille de Zemmora
  • Bataile de Ammi Moussa
  • Bataille de Relizane

La Révolte de Sidi Lazreg Belhadj, également connue sous le nom de l’insurrection de Sidi Lazreg Belhadj[1] ou encore l’insurrection des Flittas[2], compte parmi les soulèvements les plus célèbres de l'ouest algérien contre les forces militaires françaises. Elle éclata le 11 mars 1864 [3]sous la direction de Sidi Lazreg Belhadj, chef désigné de la tribu des Flittas.

Le mouvement prit naissance dans la région de Rahouia avant de s’étendre aux zones avoisinantes, notamment celle des Beni Ouragh.

Ce soulèvement coïncida avec la révolte des Ouled Sidi Cheikh et sema l’effroi au sein de l’armée française, qui mobilisa tous les moyens possibles pour l’écraser.

Contexte historique

Napoleon III

La résistance populaire

Après la chute de l'État de l'émir Abdelkader en 1848, l'Algérie entra dans une période de résistance populaire contre l'occupation française.Cette période fut marquée par la révolte de Zaatcha et la répression brutale de 1849. Cependant, immédiatement après, une révolte éclata en Kabylie, menée par Lalla Fatma N'Soumer, qui vainquit les Français lors de nombreuses batailles Cependant, les Français la trahirent et la capturèrent en 1857[4].

Second Empire

Au même moment, la France assistait à la naissance de la Seconde République, qui s'effondra rapidement en 1852 et fut remplacée par la Seconde Empire français sous l'empereur Napoléon III.

Sénatus-consultes

Avant la promulgation de Sénatus- consultes , de nombreux centres d’installation ont été créés, tels que: Relizane, Yellel , Ammi Moussa [5] Bouguirat et Zemmora, ce qui suscita mécontentement et ressentiment au sein de les indigènes .

Cependant, Napoléon promulgua d'autres lois, comme la loi Sénatus-consultes 1863, qui imposa le redécoupage des terres appartenant aux tribus locales[6]. Cette mesure fut largement rejetée par les indigènes et déclencha une violente révolte.

Déroulement

Période de Sidi lazreg

La bataille de Rahouia

En avril 1864 , le colonel Lapasset quitta Relizane pour Zemmora avec 800 soldats pour contrôler la région face aux menaces de la tribu des Flittas . Il partit

ensuite pour Tiaret avec une petite colonne de soldats. Cependant, à son retour à Relizane, les forces de Sidi Lazreg l'affrontèrent dans la région de Rahouia le 14 mai, ce qui poussa le colonel à retourner rapidement à Relizane pour secourir son bataillon. Cela permit à Sidi Lazreg Belhadj de prendre l'initiative d'attaquer le fort de Rahouia, ce qu'il fit le 21 mai . Il le détruisit et tua les hommes retranchés malgré l'aide du colonel Lapasset, mais en vain[7].

Siège d'Ammi Moussa

La tribu des Beni Ouaragh, ainsi que celle des Flittas, participa à l'attaque de la caserne d'Ammi Moussa, où 174 soldats s'étaient réfugiés. Après avoir été encerclés, l'attaque débuta le 26 mai[8] et les fondations de la caserne furent creusées. Cependant, l'arrivée de fournitures militaires de Tiaret et de Relizane le 29 mai empêcha l'opération. Le 30 mai, Lapasset décida de quitter Relizane pour Oued Rhiou, accompagné de cinq corps, trois compagnies et trois pièces d'artillerie, afin d'affronter la résistance qui approchait à l'ouest de la caserne. Le 4 juin, il progressa vers le poste de Sidi Lazreg Belhadj à Ouled Yaich et ratissa la zone pendant dix jours[9].

La bataille Dar Ben Abdellah 5 juin 1864

Avancée vers Relizane

Sidi Lazreg Belhadj accompagné de 300 chevaliers, décide d'attaquer la ville de Relizane en raison de son importance stratégique, et le 1er juin[10], il détruit tout ce qui l'entoure ,Ce qui a contraint ses habitants à fuir vers Mostaganem.Face à la situation dangereuse, le colonel Lapasset demanda l'aide du général Rose, arrivé de Mostaganem pour briser le siège de la ville. Il réussit sa mission le 4 juin, poursuivant les forces de Flittas jusqu'à Dar Ben Abdallah, où Sidi Lazreg Belhadj fut tué par deux obus d'artillerie le 5 juin[8]. Dans cette situation difficile, Si Abdel Aziz[11], le commandant adjoint, dirigea la succession du chef et lança de nombreuses attaques contre les ennemis[8].

Sidi Abdel Aziz

Période Si Abdel Aziz

Attaque contre Meknassa

Le 12 juin, les forces de Lapasset et du général Liébert commentèrent de nombreuses violations, incendiant la région de Kraniche, détruisant six villages, tuant 68 civils et capturant 300 personnes. À la suite de cette opération, les Français se retirèrent de la zone le 20 juin.

Attaque contre Oued Kheloug

Le 26 juin[12], les bataillons Lapasset et Liébert avancèrent vers la vallée de Kheloug. L'un d'eux, commandé par le major Serraz, s'efforça d'empêcher les habitants de Dar Ben Abdallah de s'approvisionner en eau. Cependant, les rebelles attaquèrent le bataillon de Libert le 27 juin[13], et de nombreux affrontements eurent lieu à Dar Ben Abdallah. Malgré la mort de nombreux soldats de Sidi Abdelaziz, ils poursuivirent le combat.

L'arrestation de Sidi Abdel Aziz

Après des combats très féroces et violents, Sidi Abdelaziz fut capturé le 9 juillet, mais le colonel Trumelet a déclaré que la capture avait eu lieu le 15 juillet. Peu de temps après, les forces françaises réussirent finalement à réprimer la révolution le 27 juillet 1864.

Conséquences

Exile en Corse

La révolte de Sidi Lazreg Belhadj eut un impact négatif sur la population, car ses forces furent défaites par les forces militaires françaises, notamment celles du général Rose, venu de Mostaganem. De nombreux résistants furent exilés en Corse, comme leur chef, Sidi Abdelaziz.

Incendies à Relizane

L'Empereur Napoléon III à Relizane

Après l'arrestation de Sidi Abdelaziz et de ses partisans et leur exil en Corse, les habitants de la région de Relizane ont eu recours aux incendies. Le 25 août, un incendie massif s'est déclaré dans la ville de Relizane, consumant 150 quintaux de fourrage. Un autre incendie s'est déclaré dans le village Nègres et s'est propagé à la forêt de Zemora. Le 27 août, un autre incendie s'est déclaré à Ouled Deflatne, faisant rage pendant trois jours[14].

Viste l'empereur à Relizane

Près d'un an plus tard, le 21 mai 1865 Napoléon III visita l'Algérie pour inspecter ses villes. Il visita Mostaganem, puis se rendit à Relizane pour l'explorer. À son arrivée, il fut impressionné par la fertilité de ses terres. Cependant, il fut surpris par un siège lancé par la tribu des Fllitas, qui dénonçait l'exil de leurs parents en Corse. Entre-temps, l'Empereur décrétait une amnistie générale pour les exilés et quittait la ville immédiatement[9].

Hommages

  • Un mémorial érigé à la mémoire des sept soldats français tués les 5 et 11 juin lors des batailles de Dar Ben Abdallah[15].

Unités françaises engagées

  • 1er bataillon des tirailleurs arrivés en 3 juin 1864

Référencement

Bibliographie

  • (ar) Mohamed Meflah, Sidi Lazreg Belhadj laideur de la révolution 1864, Dar Houma, , 151 p. (ISBN 9947 - 0 -1075- 9)

Notes et Références

  1. Louis Piesse, Itinéraire de l'Algérie: de Tunis et de Tanger, Hachete, (lire en ligne)
  2. Jules Duval et Auguste Warnier, Bureaux arabes et colons: réponse au Constitutionnel pour faire suite aux lettres à m. Rouher, Paris, , p. 114
  3. Louis Abadi, Relizane ma jeunesse, , p. 34
  4. « Lalla Fatma N’Soumer, la résistante kabyle qui défia l’armée coloniale française », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le )
  5. Société de géographie d'Alger et de l'Afrique du nord, Bulletin provisoire, Société de géographie d'Alger., (lire en ligne)
  6. « Sénatus-consulte des tribus d’Algérie », sur Archives nationales d'outre-mer (consulté le )
  7. L'écho d'Oranie, « Aux héros de Rahouia », journal, (chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/http://www.echodeloranie.com/medias/files/123-aux-he-ros.pdf/ Accès libre [PDF])
  8. 1 2 3 Victor Bérard, Indicateur général de l'Algérie: description géographique, historique et statistique de toutes les localités comprises dans les trois provinces, Bastide, (lire en ligne)
  9. 1 2 « Les six heures de Napoléon III à Relizane (1) », sur Djazairess (consulté le )
  10. Almanach de l'Algérie: petite encyclopédie populaire de l'Algerie, (lire en ligne)
  11. Pierre Paul Jean Jacques Maurice Martin, Historique du 2e Régiment de Tirailleurs algériens, H. Charles-La-vauzelle, (lire en ligne)
  12. Pierre Paul Jean Jacques Maurice Martin, Historique du 2e Régiment de Tirailleurs algériens, H. Charles-La-vauzelle, , p. 347
  13. Pierre Paul Jean Jacques Maurice Martin, Historique du 2e Régiment de Tirailleurs algériens, H. Charles-La-vauzelle, , p. 348
  14. Warnier, L'Algérie devant l'empereur, Alger, , p. 136-137-138
  15. (ar) Mohamed Mefleh, سيدي لزرق بلحاج رائد ثورة 1864, (ISBN 9947 - 0 -1075- 9), p. 84

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’Algérie
  • icône décorative Portail de l’histoire militaire
  • icône décorative Portail du monde contemporain
  • icône décorative Portail des années 1860
  • icône décorative Portail de la France au XIXe siècle
  • icône décorative Portail de la Légion étrangère