Rachid Bouhaddouz

Rachid Bouhaddouz
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Rachid Bouhaddouz (en amazigh : ⵔⴰⵛⵉⴷ ⴱⵓⵀⴰⴷⴷⵓⵣ, en arabe : رشيد بوهدوز, surnommé Yebba) est un militant politique et culturel amazigh marocain. Il est principalement impliqué dans la défense des droits linguistiques et culturels des Amazighs au Maroc. Son travail se concentre sur la promotion de la langue amazighe et son inclusion dans les sphères publiques[1] et politiques[2].

En parallèle à ses actions dans le domaine culturel[3], Bouhaddouz s'engage dans la défense des libertés individuelles et participe à la promotion des idées liées aux Lumières et à la lutte contre l'extrémisme[4]. Il œuvre également pour encourager le dialogue interculturel et pour renforcer la participation des Amazighs dans la vie publique, tout en soutenant la diversité culturelle et l'ouverture dans la société marocaine[5].

Vie professionnelle et politique

Son activité dans le mouvement « Agraw pour Tamazight »

Rachid Bouhaddouz est le coordinateur national du mouvement Agraw pour Tamazight au sein du Parti authenticité et modernité, un mouvement qui œuvre pour la promotion des droits de la langue amazighe au Maroc[6]. Ce mouvement cherche à intégrer la langue amazighe dans les politiques gouvernementales et à obtenir sa reconnaissance constitutionnelle en tant que langue officielle[7]. Bouhaddouz soutient l'utilisation de la langue amazighe dans l'administration, l'éducation et les médias dans le but de promouvoir l'égalité linguistique et culturelle[8].

Son activité au sein du Parti de l'Authenticité et de la Modernité

Rachid Bouhaddouz est une figure éminente et controversée au sein du Parti de l'Authenticité et de la Modernité au Maroc. Il est membre du Conseil national du parti et joue un rôle crucial dans la promotion de la réconciliation interne et l’unification des rangs, à une époque où le parti a connu des conflits internes. Il est également membre des bureaux régional et provincial du parti dans Nador et dans la région de l'Oriental, où il contribue à l'orientation des politiques locales du parti et au renforcement de son rôle dans la région[9].

En plus de son rôle au sein du parti, Bouhaddouz est l'une des figures ayant contribué à la rédaction de la Charte des principes éthiques politiques du parti, où il a prôné la transparence et l'intégrité dans l'action politique. Selon Bouhaddouz, cette charte représente une étape clé pour garantir la crédibilité et le professionnalisme au sein du parti, ce qui contribue à la stabilité du parti et renforce ses orientations futures[10].

Dans le cadre de ses activités politiques, Bouhaddouz a récemment été élu président de la commission chargée du dossier de l'amazighité, une étape importante qui reflète la confiance que le parti lui accorde sur les questions d'identité et de langue, considérées comme des enjeux centraux au Maroc[11].

Rédiger le premier chèque en amazigh

En décembre 2019, Rachid Bouhaddouz a annoncé qu'il avait émis et encaissé le premier chèque bancaire entièrement rédigé en caractères Tifinagh[12], utilisés dans la langue amazighe. Cet événement a été considéré comme une étape importante dans la mise en œuvre du statut officiel de la langue amazighe au Maroc. Le chèque a été encaissé sans problème par la banque, et Bouhaddouz a partagé cette initiative sur les réseaux sociaux[13].

Dans ses déclarations médiatiques, Bouhaddouz a souligné qu'il ne s'attendait pas à ce que le chèque soit délivré facilement et qu'il était prêt à prendre des mesures légales en cas de refus[14]. Il a également souligné la nécessité de prendre des initiatives similaires dans divers secteurs pour renforcer la présence de la langue amazighe dans la vie quotidienne, considérant que la société civile devrait partager la responsabilité de l'activation officielle de l'amazighe, notamment en raison de la lenteur de sa mise en œuvre par les institutions officielles.

Le procès contre la série « Fath Al-Andalus »

En 2022, Rachid Bouhaddouz a porté plainte contre la Société nationale marocaine de radiotélévision au sujet de la série « Fath Al-Andalus ». Bouhaddouz a estimé que la série déforme l'histoire marocaine et présente le leader amazigh Tariq bin Ziyad comme un leader levantin, ce qui contribue à oblitérer l'identité amazighe[15]. Cette question a déclenché une vaste controverse au sein de la société marocaine concernant la représentation de la langue amazighe dans les œuvres artistiques et historiques[16].

Contributions culturelles et littéraires

Rachid Bouhaddouz est non seulement un militant politique, mais aussi un écrivain et un contributeur à la critique littéraire, en particulier dans le domaine de la littérature amazighe. À travers ses articles, Bouhaddouz examine les défis auxquels la littérature amazighe est confrontée et s'efforce de promouvoir le développement de la critique littéraire dans ce domaine[17].

Ses articles littéraires

Rachid Bouhaddouz a contribué à de nombreux articles publiés dans divers journaux et magazines marocains. Parmi ses écrits, on trouve « Le piège des statistiques »[18], où il analyse l'impact des classifications statistiques sur l'identité culturelle ; « Un quart de siècle de Tamgrabit »[19], qui traite des défis auxquels l'identité marocaine mixte a été confrontée au cours des 25 dernières années ; et « Les défis de la critique littéraire dans la littérature amazighe »[17], où il explore les possibilités de développement de la littérature amazighe pour qu'elle obtienne une plus grande reconnaissance au niveau mondial.

Ses positions politiques et sociales

Rachid Bouhaddouz est connu pour son engagement en faveur de la promotion de la langue amazighe comme un élément clé de l’identité marocaine. Il soutient l'extension de l'usage de la langue amazighe dans les institutions publiques et travaille à influencer les politiques publiques afin de garantir une meilleure intégration de cette langue dans la vie quotidienne des Marocains. Bouhaddouz a également plaidé pour que le Nouvel An amazigh soit reconnu comme fête nationale officielle au Maroc, reflétant son engagement en faveur des droits culturels et linguistiques des Amazighs. Il est également favorable aux valeurs des Lumières, à la promotion du libéralisme et de l’égalité[20], tout en rejetant la violence et l'extrémisme[21] et en encourageant le dialogue interculturel.

Intérêts politiques

En plus de son engagement culturel, Rachid Bouhaddouz est actif sur la scène politique marocaine. À travers son implication dans le Parti Authenticité et Modernité (PAM), il soutient la réforme politique et l'amélioration de la participation des jeunes et des femmes dans la sphère publique. Bouhaddouz exprime également des critiques envers certaines alliances politiques qu'il considère en décalage avec les idéaux de modernité et de démocratie, en particulier celles impliquant des courants islamistes[22].

Rôle dans la fondation du Mouvement du 20 février

En 2011, Rachid Bouhaddouz a participé à la création du Mouvement du 20 Février au Maroc, dans le cadre du printemps démocratique. Bouhaddouz a exprimé son désaccord avec le mouvement "Liberté et Démocratie Maintenant", dont la plateforme ne comprenait pas la reconnaissance de la langue amazighe comme langue officielle, un point qu'il considérait essentiel en raison de son engagement pour les droits amazighs[23],[24].

Sous le pseudonyme Ithri n Rif, Bouhaddouz a choisi de rester en retrait, craignant que son association ouverte avec le Mouvement nationaliste rifain ne conduise à des accusations de séparatisme. Il a ainsi organisé le groupe sous le nom de Mouvement du 20 Février, en choisissant stratégiquement la date du 20 février pour les manifestations, en opposition à la date proposée du 27 février par le mouvement "Liberté et Démocratie Maintenant". Ce choix de date a permis au mouvement de bénéficier d'un soutien populaire important, après que le gouvernement marocain a autorisé les manifestations pacifiques du 20 février[25].

Bouhaddouz a également veillé à ce que la plateforme officielle du mouvement ne soit pas directement associée à des figures amazighes, ce qui a facilité l'inclusion de la reconnaissance de la langue amazighe comme langue officielle dans les revendications du mouvement. Contrairement à d'autres plateformes proposées par des groupes islamistes et de gauche, celle du "Mouvement du 20 Février : le peuple veut le changement" a réussi à réunir diverses factions autour d'objectifs communs, dont la reconnaissance de l'amazigh comme langue officielle au Maroc.

Le 4 janvier 2023, Rachid Bouhaddouz a été élu président de l'Autorité nationale de contrôle de la production audiovisuelle et artistique (INCPAA)[26].

Références

  1. « Le PAM : entre avenir et légitimité », sur Le24
  2. « بسبب ردة الحزب: أمازيغ المجلس الوطني », sur Alyaoum24
  3. « L'enseignement des langues maternelles aux Marocains », sur Le24
  4. « J'étais sur le point de devenir un terroriste », sur Le24
  5. « Code de la famille : une vision marocaine », sur Le24
  6. « Agraw pour l'Amazighité », sur Agrawpam
  7. « Contribution au document politique du parti Authenticité et Modernité », sur Agrawpam
  8. « خارطة طريق أكراو », sur Hespress
  9. « الأمانة الإقليمية للبام بالناظور », sur PAM (consulté le )
  10. « في حاجة لميثاق الأخلاقيات السياسية لتحقيق الإصلاح » [archive du ], sur Hespress
  11. « انتخاب رؤساء اللجان » [archive du ], sur PAM (consulté le )
  12. « Une première au Maroc, un chèque en Tifinagh encaissé dans une agence bancaire à Nador », sur Le360
  13. « CIH Bank: A Trailblazer in Moroccan Banking », sur Minm
  14. « Le propriétaire du premier chèque amazigh au Maroc : j'ai désigné un avocat au cas où ma demande serait rejetée, et voici ce qui m'est arrivé à la banque », sur ChoufTV
  15. « Affaire Fath Al-Andalus : Le tribunal se déclare incompétent », Hespress
  16. « La série Fath Al-Andalus crée la polémique au Maroc », Bladi
  17. 1 2 « Les défis de la critique dans la littérature amazighe », Anghmis
  18. « Le piège des statistiques », Le24
  19. « ربع قرن من تامغرابيت » [archive du ], هسبريس
  20. « مدونة الأسرة: رؤية مغربية », Le24
  21. « J'étais sur le point de devenir un terroriste », Le24
  22. « Le PAM entre avenir et légitimité », Le24
  23. « أرضيات ومطالب حركة 20 فبراير: نظرة أولية », sur Hespress
  24. « آفاق التغيير في المملكة المغربية », sur مركز الجزيرة للدراسات
  25. « حركة 20 فبراير المغربية: », sur Bidayat Magazine
  26. « رشيد بوهدوز رئيسا لهيئة مراقبة الإنتاج السمعي البصري » [archive du ], Banassa
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