Radegonde de France

Radegonde de France
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Portrait rétrospectif de Radegonde de France par Anton Boys (en), vers 1579-1587 (collection du Kunsthistorisches Museum, Vienne)[1]
Biographie
Dynastie Famille de Valois (Capétiens)
Naissance
Château de Chinon, Chinon, France
Décès (à 16 ans)
Tours, France
Sépulture Cathédrale Saint-Gatien de Tours
Père Charles VII, roi de France
Mère Marie d'Anjou

Radegonde de France, dite aussi Radegonde de Valois (Chinon, - Tours, ), est une princesse française du troisième quart du XVe siècle, fille aînée du roi Charles VII de France et de Marie d'Anjou. Elle a été fiancée à Sigismond d'Autriche.

Biographie

Radegonde de France, fille aînée du roi Charles VII de France et de la reine Marie d'Anjou, naît dans la ville de Chinon en , ainsi que l'atteste un acte du trésorier général de la reine en date du de cette année, faisant allusion à la « gesine dernièrement faicte, en la ville de Chinon, de madame Arragonde de France »[2].

La jeune princesse est baptisée en l'honneur de sainte Radegonde, à qui son père vouait un culte particulier. Selon Christian de Mérindol, ce choix s'expliquait par des raisons à la fois politiques, historiques et religieuses, dans ce contexte particulier de reconquête du royaume de France sur les Anglais :

« Le prénom de Radegonde avait plusieurs sens : symbole de la ville de Poitiers, siège du second Parlement, donc lieu de résistance à Paris, aux mains des Anglais et des Bourguignons, symbole de légitimité, car la sainte était l'épouse de Clotaire, fils de Clovis, enfin sainte qui ne pouvait qu'attirer les grâces du ciel, si nécessaires au jeune roi[3]. »

L'archiduc Sigismond, entourée de sa fiancée Radegonde (à gauche) et de ses deux épouses Éléonore Stuart et Catherine de Saxe (à droite) sur une fresque du Habsburgersaal (« hall des Habsbourg »), au château de Tratzberg, Tyrol, vers 1507-1508.

Elle est l'unique princesse de sang royal à avoir porté ce prénom au sein du lignage capétien[4].

Le , son père la promet en mariage à Sigismond, né en 1427, fils de l'archiduc Frédéric d'Autriche, comte de Tyrol.

Elle tombe malade à Tours en 1445, peut-être atteinte d'une pleurésie contractée après son retour à pied d'un pèlerinage à la basilique Notre-Dame de l'Épine[5]. On dépêche de Poitiers à Tours pour la soigner un éminent médecin, Jacques Perchet[6], mais elle meurt le [7], à l'âge de 16 ans.

Elle est inhumée dans la cathédrale Saint-Gatien de Tours[7].

Son fiancé, Sigismond d'Autriche, épouse en 1449 Éléonore Stuart, fille du roi Jacques Ier d'Écosse, puis se remarie en 1484 avec Catherine de Saxe.

Bien que le mariage projeté entre Radegonde et Sigismond ne se soit jamais concrétisé, le souvenir de l'alliance prévue avec la princesse et la maison royale de France perdure dans l'iconographie des Habsbourg. Une fresque du Habsburgersaal (« hall des Habsbourg »), au château de Tratzberg, dans le comté de Tyrol, réalisée en 1506-1508, représente l'archiduc Sigismond, entourée de sa fiancée Radegonde et de ses deux épouses[8]. Une clé de voûte armoriée de la collégiale Saint-Thiébaut de Thann symbolisant l'archiduc Sigismond rassemble, autour du blason de la maison d'Autriche, ceux de sa fiancée et de ses deux épouses[9].

Ascendance

Notes et références

  1. (de) « Radegund, Braut v. Sigmund d. Münzreichen, Tochter König Karls VII v. Frankreich, verlobt 1430, gestorben 1444 », lien archivé [archive du ], sur Kulturpool
  2. Gaston du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la Société bibliographique, (lire en ligne), p. 187.
  3. Christian de Mérindol, « Le culte de sainte Radegonde et la monarchie française à la fin du Moyen Âge », dans Les Religieuses dans le cloître et dans le monde, des origines à nos jours : Actes du deuxième colloque international du C.E.R.C.O.R., Poitiers, 29 septembre-2 octobre 1988, Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, (ISBN 2862720437, lire en ligne), p. 792.
  4. Robert Favreau, « Le culte de sainte Radegonde à Poitiers au Moyen Âge », dans Les Religieuses dans le cloître et dans le monde, des origines à nos jours : Actes du deuxième colloque international du C.E.R.C.O.R., Poitiers, 29 septembre-2 octobre 1988, Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne, (ISBN 2862720437), p. 107.
  5. P.L Carrez, Étude sur le château de Sarry, ancienne campagne des évêques de Châlons-sur-Marne, imp. Martin Frères, Châlons, 1899.
  6. « Jacques Perchet », dans Ernest Wickersheimer et Danielle Jacquart, Dictionnaire biographique des médecins en France au Moyen Âge: supplément, Volume 1, Librairie Droz, 1979 (ISBN 260004664X et 9782600046640), p. 335. [lire en ligne]
  7. 1 2 Gaston du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. IV : L'expansion de la royauté, 1444-1449, Paris, Librairie de la Société bibliographique, (lire en ligne), p. 94 et note 4.
  8. (de) Wilhelm Baum, Sigmund der Münzreiche: zur Geschichte Tirols und der habsburgischen Länder im Spätmittelalter, Athesia, (ISBN 8870144496), p. 60, 362.
  9. J. Baumann, « Les clefs de voûte armoriées de la collégiale de Thann », Annuaire de la Société d’histoire des régions de Thann-Guebwiller, 1968-1969, p. 15-32, ici p. 22-25 (lire en ligne).

Pour aller plus loin

Bibliographie complémentaire

  • Armand d' Herbomez, « Le traité de 1430 entre Charles VII et le duc d'Autriche », Revue des questions historiques, vol. 31, , p. 409-437 (lire en ligne).
  • Cyrille Debris, Tu Felix Austria, nube : La dynastie de Habsbourg et sa politique matrimoniale à la fin du Moyen Âge (XIIIe – XVIe siècles), Turnhout, Brepols, coll. « Histoires de famille. La parenté au Moyen Age » (no 2), , p. 124, 133, 169-171, 174, 185, 241, 282-283, 318, 334, 361


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