Rassemblement démocratique (France)

Rassemblement démocratique
Chambre Assemblée nationale
Législature(s) IIe législature
Fondation
Disparition
Ancien(s) nom(s) Entente démocratique
Fusionné dans Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Affiliation partisane Parti radical
Centre républicain
CNIP
UDSR
Divers gauche
Président Maurice Faure
Représentation
39  /  482
Positionnement Centre gauche

Le Rassemblement démocratique (RD) est un groupe parlementaire constitué autour du Parti radical et de divers députés de centre gauche dont François Mitterrand dans la deuxième législature de la Ve République (1962-1967) à l'Assemblée nationale française. Le Rassemblement démocratique remplace l'ancienne Entente démocratique. Majoritairement composé par des élus radicaux[1], il est dirigé par leur président Maurice Faure.

Il réunit des élus du Parti radical et de l'UDSR de François Mitterrand, déjà réunis lors de la législature précédente[2]. Parmi les députés du centre gauche qui rejoignent le groupe parlementaire, plusieurs sont issus des radicaux[2], comme les cinq députés du Centre républicain d'André Morice[3].

Le groupe parlementaire se forme dans un contexte de contestation du gaullisme par les oppositions du « cartel des non »[1], opposées à l'élection au suffrage universel direct du président issue du référendum constitutionnel ayant eu lieu le mois précédent[4]. Pendant l'entre-deux-tour des élections législatives, le président du Parti radical, Maurice Faure, propose une alliance entre les oppositions, mais se heurte à la réticence de Guy Mollet[5].

Le groupe est politiquement tiraillé entre deux orientations contradictoires du Parti radical, entérinées par le congrès d'Arcachon de , de rapprochement avec le parti centriste du MRP d'une part et avec les socialistes d'autre part[6]. La volonté de créer une « Grande fédération démocrate-socialiste » pour soutenir la candidature de Gaston Defferre aux élections présidentielles échoue, et symbolise l'incapacité des radicaux à s'affirmer dans le nouveau contexte politique[2]. En 1967, le Rassemblement démocratique fusionne finalement avec le groupe de la SFIO pour constituer le groupe parlementaire de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste[7]. Cependant, les députés du Centre républicain et indépendants refusent ce virage à gauche et forment le groupe Progrès et démocratie moderne avec les élus du Centre démocrate[8].

Composition

Il compte 39 députés, dont 26 radicaux[1], lors de sa création. Leur nombre descend à 38 à la fin de la législature[9].

Nom Parti Circonscription
Aymar Achille-FouldCNIP puis CDGironde
Paul AlduyADS puis CIRPyrénées-Orientales
Fernand BerthouinRad.Indre-et-Loire
René BillèresRad.Hautes-Pyrénées
Georges BonnetRad.Dordogne
Gabriel BouthièreRad.Saône-et-Loire
Franck CazenaveCNIPGironde
Daniel DaviaudRad.Charente-Maritime
Hippolyte DucosRad.Haute-Garonne
Jacques DuhamelDVGJura
Paul DuraffourRad.Saône-et-Loire
Guy ÉbrardRad.Pyrénées-Atlantiques
Robert FabreRad.Aveyron
Maurice FaureRad.Lot
Albert FouetRad.Sarthe
Alexandre de FraissinetteCRLoire
François-Marie BénardUDSR puis DVGHautes-Alpes
Félix GaillardRad.Charente
André GauthierRad.Isère
Henri GrenetRad.Pyrénées-Atlantiques
Robert HersantRad.Oise
Georges JuskiewenskiDVGLot
Félix KirCNIPCôte-d'Or
Marcel MassotRad.Alpes-de-Haute-Provence
François MitterrandUDSR puis CIRNièvre
Pierre de MontesquiouCRGers
Robert MorlevatRad.Côte-d'Or
Gabriel PéronnetRad.Allier
Olivier de PierrebourgDVGCreuse
Étienne PonseilléRad.Hérault
André RossiCRAisne
Victor SabléRad.Martinique
Édouard SchloesingRad.Lot-et-Garonne
Paul SéramyRad.Seine-et-Marne
Jean SourbetCNIPCôte-d'Or
Jacqueline Thome-PatenôtreRad.Yvelines
Jean ZuccarelliRad.Corse

Notes et références

  1. 1 2 3 Sylvie Guillaume, « Le « cartel des non » », Parlement[s], Revue d'histoire politique, vol. 1, no 3, , p. 45–64 (ISSN 1768-6520, DOI 10.3917/parl.hs01.0045, lire en ligne, consulté le )
  2. 1 2 3 Serge Berstein, « Les radicaux », dans Histoire des gauches en France, La Découverte, , 7–26 p. (lire en ligne)
  3. Laurent de Boissieu, « Centre Républicain (CR) », sur France Politique
  4. Olivier Rouquan, « La stratégie charismatique gaullienne », Parlement[s], Revue d'histoire politique, vol. 4, no 2, , p. 75–93 (ISSN 1768-6520, DOI 10.3917/parl.004.0075, lire en ligne, consulté le )
  5. Alain Garrigou, « V. Croissance et conservatisme sous Charles de Gaulle (1962-1969) », Repères, , p. 181–221 (ISSN 0993-7625, lire en ligne, consulté le )
  6. Frédéric Fogacci, « La mouvance radicale et radicale-socialiste sous la Ve République, marge centriste ou centre marginalisé ? », Histoire@Politique, vol. 15, no 3, , p. 130–146 (DOI 10.3917/hp.015.0130, lire en ligne, consulté le )
  7. Gilles Morin, « 1968, les raisons d'un hors-jeu de la FGDS », Parlement[s], Revue d'histoire politique, vol. 9, no 1, , p. 62–79 (ISSN 1768-6520, DOI 10.3917/parl.009.0062, lire en ligne, consulté le )
  8. Mathias Bernard, « Le groupe des Républicains indépendants : « l'ordre et le dialogue » », Parlement[s], Revue d'histoire politique, vol. 9, no 1, , p. 31–43 (ISSN 1768-6520, DOI 10.3917/parl.009.0031, lire en ligne, consulté le )
  9. « Effectifs des groupes à l'Assemblée nationale depuis 1958 », sur Assemblée nationale
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