Religion au Burkina Faso
Selon le Cinquième Recensement Général de la Population et de l'Habitation (2022), les affiliations religieuses au Burkina Faso sont réparties comme suit : 63,8 % de musulmans, 26,3 % de chrétiens (20.1 % de catholiques et 6,2 % de protestants), 9 % d'animistes (pratiquants d'une religion traditionnelle africaine), 0,2 % d'autres religions et 0,7 % de sans religion[1].
Une estimation de 2019 de la Central Intelligence Agency indique 63.8 % de musulmans, 26.3% de chrétiens, 9 % de pratiquants des religions traditionnelles ou de l'animisme [2].
Le Burkina Faso est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique.
Islam
Mosquée de Bobo-Dioulasso
Christianisme
- Christianisme au Burkina Faso (en)
Le christianisme apparaît (pour évangélisation des populations) en 1896.
Catholicisme

- Office du dimanche dans une église de Bobo-Dioulasso
L'Église catholique est organisée en trois archidiocèses : l'archidiocèse de Bobo-Dioulasso, l'archidiocèse de Ouagadougou, et l'archidiocèse de Koupéla.
- Église catholique au Burkina Faso (en)
- Liste des cathédrales du Burkina Faso
- Cathédrale de l'Immaculée-Conception de Ouagadougou (1936)
- Sanctuaire marial de Yagma (1967)
Le Burkina Faso abrite plusieurs grands lieux de pèlerinage[3] :
Christianisme évangélique
En 1921, l'Église des Assemblées de Dieu ouvre une mission [4]. En 1923, l'Église de l'Alliance chrétienne et missionnaire ouvre également une mission [5]
Selon une étude de 2013 initiée par l'ONG Compassion Internationale et commanditée par la Fédération des Églises et Missions Evangéliques (FEME), il y aurait 6 094 églises évangéliques et 6 166 pasteurs [6]. De manière plus précise, il ressort de cette étude que «79,8 % des églises sont implantées en milieu rural. Et, la région de l’Est regroupe le plus grand nombre d’églises, soit 1 073 sur les 6 094 tandis que la région du Sahel compte 112 églises. En ce qui concerne les regroupements évangéliques, contrairement aux autres fédérations, l’étude a indiqué que les Églises membres de la FEME sont représentées dans toutes les régions et totalisent 5 753 églises». L'étude a révélé que seulement 39 femmes pasteurs dont 7 sont des pasteurs principaux de leurs églises respectives et que 54,3 % des pasteurs n’ont pas franchi le niveau primaire, moins de 36,6 % ont atteint le secondaire et moins de 13,2 % le supérieur. La plus grande association d'église pentecôtiste est l'Église des Assemblées de Dieu.
En 2024, la Fédération des Églises et Missions Evangéliques comptait 14 associations membres[5].
Les religions traditionnelles africaines

Les religions traditionnelles africaines représentent des systèmes de croyances autochtones intégrant des éléments fondamentaux tels que le culte des ancêtres, la reconnaissance d’un Être Suprême ainsi que la croyance en des esprits et en des forces de la nature. Elle est souvent assimilée à l’animisme (du latin animus, originairement « esprit », puis « âme ») qui désigne la croyance en un esprit, une force vitale animant les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu'en des génies protecteurs. Les ancêtres et les esprits sont considérés comme un lien vital entre les vivants et le monde spirituel, et peuvent agir sur le monde tangible, de manière bénéfique ou non. Un culte leur est donc voué, incluant des prières, des libations et des sacrifices. Les religions traditionnelles africaines structurent l'organisation de la vie communautaire et des relations sociales.
Au Burkina Faso, les religions traditionnelles africaines sont les plus anciennes religions, présentent avant l'arrivée des trois monothéismes.
Pendant longtemps, cette religion n'était pas légalement reconnue à l'image de ces religions sœurs.
Autres spiritualités
- Autres religions (1 %): bahaïsme, hindouisme, bouddhisme...
- Agnosticisme, Athéisme, Irréligion (<1 %)
- Syncrétisme
Liberté religieuse

La liberté de culte est garantie. En effet, la Constitution burkinabè[7] dispose que le Burkina Faso est un État laïc. Elle garantit aux personnes le droit de choisir et changer leur religion, et de pratiquer celle de leur choix.
Néanmoins, les partis politiques basés sur l'appartenance religieuse, ethnique ou régionale sont interdits. Il existe d'ailleurs l'Observatoire National des Faits Religieux[8], en abrégé ONAFAR, qui est une structure visant à promouvoir la coexistence pacifique entre les communautés religieuses et le respect des différences de croyance, de culture et d'opinion.
Longtemps considéré comme un exemple de coexistence pacifique des différentes religions, le pays est en proie à des tensions religieuses croissantes. L'arrivée d'un islam rigoriste des pays du Golfe ainsi que la montée en puissance d'Églises de réveil fondamentalistes et intolérantes sont vues comme une des causes du problème par l'International Crisis Group.
L'administration de l'État, héritée du colonialisme, et plus souvent chrétienne, ne reflète pas la majorité musulmane de la population. De plus, la montée du terrorisme islamiste en Afrique de l'Ouest est également pointée du doigt[9].
En 2017, un projet de loi controversé sur les libertés religieuses est retiré[10].
Voir aussi
Bibliographie
- Katrin Langewiesche, Mobilité religieuse : changements religieux au Burkina Faso, LIT Verlag, Münster, 2003, 438 p. (ISBN 9783825856793)
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
- ↑ Institut National de la Statistique et de la Démographie - Burkina Faso, Cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitation du Burkina Faso, Burkina Faso, INSD, , 136 p. (lire en ligne)
- ↑ « BURKINA FASO », sur CIA (consulté le )
- ↑ La Croix Africa , consulté le
- ↑ Pierre-Joseph Laurent, « L'Église des Assemblées de Dieu du Burkina-Faso. Histoire, transitions et recompositions identitaires / The Church of the Assemblies of God in Burkina-Faso: History, Transitions and Identity », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 105, no 1, , p. 71–97 (DOI 10.3406/assr.1999.1079, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Burkina : « À la FEME, on met l’accent sur ce qui fait notre union » », sur lefaso.net,
- ↑ « Eglises et missions évangéliques du Burkina : Compassion internationale fait l’autopsie », sur news.aouaga.com,
- ↑ « Loi constitutionnelle no 072-2015/CNT portant révision de la constitution » [PDF], sur assembleenationale.bf
- ↑ Issoufou Ouédraogo, « Observatoire national des faits religieux : Les membres en conclave pour mieux appréhender l’année 2021 », sur lefaso.net,
- ↑ Ludivine Laniepce, « Au Burkina Faso, la tolérance religieuse n’est pas un acquis », sur La Croix, (consulté le )
- ↑ « Le gouvernement du Burkina Faso retire un projet de loi controversé sur les libertés religieuses », La Croix, (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le )
- Portail des religions et croyances
- Portail du Burkina Faso