Vulpes vulpes japonica
Vulpes Vulpes japonica, le renard roux du Japon, est une sous espèce du renard roux que l'on trouve sur l’archipel japonais (à l'exception d'Hokkaidō) sous le nom de Hondogitsune (ホンドギツネ). Autrefois présent en grand nombre et faisant l'objet de crainte et de vénération, il s'est considérablement raréfié au cours de l'ère Meiji à cause de la chasse pour sa fourrure et de l'urbanisation.
Répartition géographique
On trouve ce renard sur les îles principales du Japon, celle de Honshū, Kyūshū et Shikoku[1]. Sur Shikoku, sa présence est plus rare[1]. Bien que certaines sources indiquent qu’il aurait été introduit dans le sud de la péninsule de Bōsō, cette information est incorrecte[2].
Morphologie
La longueur tête-corps mesure environ entre 52 et 76 cm pour une queue avoisinant les 26 à 42 cm. Son poids moyen varie de 4 à 7 kg. Le pelage de ce renard roux est très comparable à celui des autres sous-espèces méridionales, avec une teinte rousse sur tout le corps, les joues, le ventre et le bout de la queue restant d’une couleur blanche. En japonais, la couleur de sa robe est plutôt associée à une teinte de jaune, que l’on appelle kitsune-iro (きつね色 ; « couleur renard »). Il y a une absence de pigmentation foncée sur les pattes.
Écologie
Le régime alimentaire du renard du Japon varie selon les saisons et son habitat, de la même manière que toutes les autres sous-espèces. Il s’agit d’un omnivore à forte tendance carnivore qui se nourrit principalement de rongeurs, d'oiseaux et d'insectes, mais consomme également des fruits et d'autres matières végétales. Lorsqu'il chasse, il suit généralement un itinéraire précis et recherche ses proies en solitaire. Il habite les zones boisées allant à flanc de montagne, jusqu’aux régions alpines. Il peut également être observé dans les prairies ou les terres agricoles. Dans les zones proches des habitations humaines, il lui arrive de s’attaquer aux cultures et aux élevages de volailles, et peut également venir fouiller dans les ordures. Son déclin rapide serait attribué à l'expansion de l’urbanisation et à la concurrence accrue avec le chien viverrin et les chiens errants[réf. nécessaire].
De nature territorial, il lui arrive durant la période de reproduction, entre décembre et février, de venir empiéter sur le territoire d'autres individus[réf. nécessaire]. Il utilise parfois d'anciens terriers creusés par le blaireau japonais, mais peut aussi creuser sa propre tanière, généralement utilisées pour l'élevage des petits et servent occasionnellement d'abri temporaire, mais ne sont pas occupées toute l'année. Leur diamètre varie entre 25 et 30 cm, et possèdent de nombreuses entrées, formant une structure complexe. Elles sont souvent transmises de génération en génération et agrandies au fil du temps, certaines pouvant atteindre plus de 30 mètres de long.

La reproduction a lieu de décembre à février, avec une gestation d'environ 52 jours. La femelle met bas dans son terrier une portée de 2 à 7 petits pesant environ 100 g, mesurant 9 cm de long pour le corps et 6 cm pour la queue. À la naissance, leur fourrure est presque entièrement noire, avec l'extrémité de la queue blanche. Le renard du Japon vit en société matriarcale, où les femelles de la portée précédente participent à l'élevage des jeunes. Une femelle peut avoir jusqu'à quatre petits devenues adultes pour lui venir en aide. Le mâle s'implique également dans l'élevage des jeunes jusqu'à leur premier mois, après quoi il cesse d'interagir avec la famille. Lorsque les jeunes grandissent, la famille se disperse progressivement, et vers le mois de septembre, chaque individu mène une vie solitaire sans quitter le territoire familial.
Les jeunes mâles quittent leur mère vers 7 à 8 mois et se dispersent à la recherche d'un nouveau territoire. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle dès leur premier hiver (décembre-février), mais ne se reproduisent généralement pas avant l'âge d'un an. Dans la nature, leur espérance de vie est estimée à 3 à 4 ans[réf. nécessaire], bien que leur taux de survie jusqu'à un an soit inférieur à 4%. En captivité, ils peuvent vivre jusqu'à une dizaine d’années environ.
Phylogénie
Les analyses de phylogénie moléculaire basées sur les séquences des gènes cytochrome b et D-loop de l'ADN mitochondrial soutiennent l'idée que le renard du Japon constitue un clade monophylétique[3] À part entière. Le dernier ancêtre commun (MRCA) du renard du Japon et des autres sous-espèces de renards roux est estimé à environ 148 000 ans (avec une plage estimée sur une période allant de 80 000 à 236 000 ans)[3]. En outre, le renard roux japonais est divisé en deux sous-clades distincts entre l'est et l'ouest du Japon[3]. En revanche, le renard roux d’Hokkaidō (Vulpes vulpes schrencki) est polyphylétique, ce qui suggère qu'il possède plusieurs origines distinctes[3].
Notes et références
- 1 2 (ja) 稲葉正和, « 過去の四国および愛媛県におけるホンドギツネ Vulpes vulpes japonica の生息記録 », 愛媛県総合科学博物館, vol. 23, , p. 57–69 (lire en ligne)
- ↑ フィールドベスト図鑑 12 日本の哺乳類、学習研究社、2002年初版発行、 (ISBN 4-05-401374-0)
- 1 2 3 4 (ja) Takumi Watanabe et Yuji Yamazaki, « Complex geohistory of continental islands advanced allopatric evolution even for the highly dispersive generalist red fox (Vulpes vulpes): multiple phylogenetic groups in the Japanese Archipelago », Zoological Journal of the Linnean Society, , zlae007 (DOI 10.1093/zoolinnean/zlae007)
Voir aussi
Liens externes
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Vulpes vulpes japonica J. E. Gray, 1868
- (en) Catalogue of Life : Vulpes vulpes japonica J. E. Gray, 1868
- (fr + en) ITIS : Vulpes vulpes japonica J. E. Gray, 1868
- (en) NCBI : Vulpes vulpes japonica (taxons inclus)
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