Timothée de Milet
Timothée de Milet (Milet, v. -446 - Pella -357) était un compositeur et citharède grec des Ve – IVe siècles av. J.-C.. Grand innovateur dans le domaine de la poésie et de la musique antiques, il passe pour avoir ajouté une ou plusieurs cordes à la lyre, et avoir produit par là des effets d'harmonie inconnus jusqu'alors. Il a fait partie de la cour du roi Archélaos Ier de Macédoine, avec Euripide[1].
Enseignement
Quintilien rapporte que Timothée de Milet exigeait double salaire de ses élèves lorsqu'ils avaient déjà été formés par un autre maître : en effet, il avait alors la lourde tâche de leur faire désapprendre ce qu'ils avaient appris, pour faire "place nette" avant de leur inculquer sa propre doctrine[2]. L'anecdote passa ensuite chez Rabelais, au chapitre 23 de Gargantua : « Ponocrates lui fit aussi oublier tout ce qu'il avait appris avec ses anciens précepteurs, comme faisait Timothée avec ceux de ses disciples qui avaient été formés par d'autres musiciens. ».
Plutarque fait référence par deux fois à Timothée : quatre de ses vers cités dans l'une des Œuvres morales ; dans Comment se louer soi-même sans exciter l’envie[3],[4] : « Que ne fus-tu heureux, Timothée, quand le héraut proclama : Timothée de Milet a vaincu le fils de Camon, dont les accents avaient tant de pouvoir ! ». Dans De la superstition[5], Plutarque rapporte que lors d'une représentation de Timothée de Milet, alors qu'il insultait Artémis, Cinésias se leva au milieu des spectateurs, et lui souhaita avec moquerie d'avoir une fille qui lui ressemble.
Dithyrambes
Timothée composa 18 dithyrambes. L'un d'eux, intitulé Ajax furieux, fut retrouvé (en partie) sur un papyrus[6]. Ce dithyrambe, composé autour de 360 av. J.-C., fut représenté aux Grandes Dionysies athéniennes : joué par l'aulète Timothée de Thèbes et le chœur d'enfants de la tribu attique de Pandion, il obtint le prix. Ce fut la première victoire de la carrière de Timothée de Thèbes[7].
Nomes
Timothée de Milet composa 18 ou 19 nomes, chants monodiques en l'honneur d'Apollon. Le nome intitulé Niobé est célèbre pour la citation d'un de ses vers ("Je viens. Pourquoi m'appelles-tu ?") qu'en fit le philosophe Zénon de Kition avant de mourir[8]. En 1902 fut découvert à Abousir (antique Bousiris) un papyrus du IVe siècle av. J.-C.[9] contenant 175 vers ou plutôt côla d'un autre nome de Timothée, intitulé Les Perses[10] et retraçant la bataille de Salamine.
Notes et références
- ↑ Bélis 2002, p. 121.
- ↑ Quintilien, Éducation de l'orateur, II, 3, 3.
- ↑ Plutarque, De laude ipsius, 1, 539c.
- ↑ en grec ancien Περὶ τοῦ ἑαυτὸν ἐπαινεῖν ἀνεπιφθόνως
- ↑ en grec ancien Περὶ δεισιδαιμονίας
- ↑ Bélis 2002, p. 107
- ↑ Bélis 1998, p. 74, 95-96.
- ↑ Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, VII, 28.
- ↑ Berlin, P. 9875. Digitalisation dans Berliner Papyrusdatenbank : https://berlpap.smb.museum/02776/
- ↑ Édition : U. von Wilamowitz-Moellendorff, Timotheos. Die Perser. Leipzig, 1903 ; J.H. Hordern, The Fragments of Timotheus of Miletus. Oxford, 2002, p. 85-95 (texte) et p. 132-248 (commentaire et traduction)
Bibliographie
- Plutarque, Le vice et la vertu commenté par Paul Chemla pour les Éd. Mille et une nuits (p. 61).
- Consulter la liste des éditions de cette œuvre

- Annie Bélis, « Timothée, l'aulète thébain », Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 80, no 1, , p. 107-123 (lire en ligne, consulté le )
- Annie Bélis, « Un Ajax et deux Timothée (P. Berol. n° 6870) », Revue des Études Grecques, vol. 111, no 1, , p. 74-100 (lire en ligne, consulté le )
Lien externe
- Gérard Lambin, Timothée de Milet : Le poète et le musicien, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 210 p. (ISBN 978-2-7535-2306-7, DOI 10.4000/books.pur.53293, lire en ligne).
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