Tito Livio de Madrazo
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Ricardo de Madrazo, Gabriel Martínez i Altés (ca), Julio Romero de Torres, José Moreno Carbonero (es) |
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médaille d'or Arts-Sciences-Lettres |
Tito Livio de Madrazo est un artiste peintre, affichiste, scénographe, illustrateur et caricaturiste espagnol né le 30 janvier 1899 à Madrid, mort en 1979 à Paris. Il est le petit-fils du peintre Federico de Madrazo.
Biographie
Dès l'âge de six ans, Tito Livio fréquente l'atelier de son oncle, le peintre Ricardo de Madrazo (1852-1917) où il lui est offert de rencontrer entre autres artistes Ignacio Zuloaga (1870-1945) et Salvador Viniegra (1862-1915)[1]. Il est inscrit comme élève dans l'académie privée du peintre Gabriel Martínez i Altés (ca) en 1910 dans la ville de Barcelone d'où, après une participation avec des dessins au Salon du Rey en 1911, il est de retour à Madrid et entre pour une durée de cinq années à l'Académie royale des Beaux-Arts Saint-Ferdinand où ses principaux maîtres sont Julio Romero de Torres (1874-1930) et José Moreno Carbonero (es) (1860-1942)[2]
- Les grandes rencontres du jeune Tito Livio de Madrazo




José Moreno Carbonero (es)
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Il part à Paris en 1923 où il s'installe au 32, rue des Favorites (alors encore appelé passage des Favorites) avant de trouver un atelier au 47, rue de la Gaîté, dans le quartier du Montparnasse où il se liera d'amitié avec Ernest Hemingway, Amedeo Modigliani et Albert Camus. En 1925, il fonde avec Christian Dorey l'Association des artistes espagnols en France[3].

Dans les années 1930, Tito Livio de Madrazo vit une relation amoureuse avec la danseuse lettone Mira Cirul (en). Il conçoit pour elle en 1933 les décors d'un spectacle intitulé Délire, ballet de la sixième dimension sur une musique de Marius-François Gaillard[3], puis en 1934 l'affiche[4] et les décors des Poèmes chorégraphiques qu'elle présente au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. à propos desquels Raymond Cogniat observe : « Madrazo a prouvé qu'il avait un sens exact de l'ampleur scénique, des ressources de la lumière et de la couleur,, de la majesté des grands volumes et des éclairages audacieux. Avec des ressources et des procédés fort simples, il a atteint parfois à une réelle grandeur et même, dans certains cas, il a réussi à rendre au public des sujets qui sans lui eussent peut-être été trop abstraits pour créer une émotion profonde. C'est ainsi que Mila Cirul ayant eu l'audace téméraire de vouloir représenter un poème de Fernand Divoire intitulé La Tentation et qui évoque le double aspect conscient et inconscient du désir, Madrazo a su, pour une telle œuvre, créer, avec au centre du théâtre une lumière verdâtre, l'ambiance irréelle qui est mieux qu'un simple cadre et qui aide le spectateur dans sa compréhention de l'œuvre »[5].
Lors de l'Exposition universelle de 1937, l'installation et la décoration des salons dédiés à la promotion de l'Éducation nationale lui valent les félicitations du ministre Léo Lagrange[3].
Mobilisé en 1939-1940, il est sous l'Occupation allemande membre du Club artistique du 8e arrondissement de Paris, dont le siège est situé au 8, rue d'Anjou, y occupant la fonction de trésorier aux côtés de Georges Duhamel, président d'honneur, Christian Dorcy, président, le sculpteur Aldo Bartelletti, vice-président et Raymond de Cazeneuve, secrétaire général[6]. Amande Herold Marme ne manque pas de relever la contradiction entre la publication de ses dessins dans le journal collaborationniste La Gerbe et son appartenance au groupe de résistance mis en place par Raymond Losserand en région parisienne. Après la Libération de Paris, il rejoint l'armée pour combattre en Autriche d'où il revient avec le grade de sous-officier[7].
En 1945 et 1946, il est journaliste - chroniqueur et caricaturiste antifranquiste - dans le journal España édité alors à Perpignan[8].
Œuvres
Affiches
- Carlos Machado, 118,5x74,5cm, 1929.
- Saint-Clair and Day, 80x56cm, imprimerie Richier Laugier, Paris, 1930.
- Jacqueline Elsane, 19x72cm, imprimerie Richier Laugier, Paris, 1932[9].
- Mila Circus, 108,5x73,2cm, imprimerie E.I.R.P., Paris, 1933.
- Mira Cirul (en), affiche lithographique de la représentation au Théâtre des Champs-Élysées, Paris, 18 juin 1934[4].
- Paulette Mauve, 1936.
- Paul François, 120x80cm, imprimerie Richier Laugier, Paris, 1938.
- Pepito Vasquez, 117x76cm, imprimerie Richier Laugier, Paris, 1940.
- La vengeance du cowboy, version française de film de Nate Watt Hills of Old Wyoming (en) avec William Boyd, Gabby Hayes et Morris Ankrum, 1937, sortie à Paris en avril 1947[10].
- Esmeralda, 118x77cm, sans date.
Illustrations
- Pierre-Jean Launay, Fausses notes, deux images de Tito Livio de Madrazo en hors-texte, 200 exemplaires numérotés, collection « Échantillons », éditions G.L.M., Paris, 1934.
- Franco visto por Madrazo, caricatures antifranquistes, Editorial Intercontinental Ciudad de Mexico, 1949.
- Romulo Gallegos, Canaïma, Club bibliophile de France, 1960.
- Louis Gratias, Fumées de Seine, 465 exemplaires numérotés, éditions L'Arche du Temps, 1960.
- Louis Gratias, Hasards de Paris, éditions L'Arche du Temps, 1977.
- Denis Granai, Jacqueline Elsane, une vie de roman… Du music-hall au cirque, affiche Jacqueline Elsane par Tito livio de Madrazo en couverture, Les éditions de Matignon, 2012.
Expositions collectives
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- Cercle artistique royal (es), Barcelone, 1919, 1920[3].
- 4e exposition du Club artistique du 8e arrondissement - Aldo Bartelletty (sculptures), Tito Livio de Madrazo, Henri Therme (peintures), Galerie Synthèse, 77, boulevard Montparnasse, Paris, juin 1941[11].
- 5e exposition du Club artistique du 8e arrondissement - Aldo Bartelletti, Robert Delandre (sculptures), Artür Harfaux (dessins), Miloud Boukerche, Jean-Francis Laglenne, Titus Livio de Madrazo (peintures), Théâtre de l'Étoile, Paris, juillet 1941[12].
- Aldo Bartelletti (sculptures), Tito Livio de Madrazo, Henri Therme (peintures), salon Greco, 38, rue du Mont-Thabor, Paris, juillet 1942[3].
- Des peintres et sculpteurs espagnols - José Clavero, Antoni Garcia i Lamolla, Eleuterio Blasco Ferrer (es), Miguel Tusquellas, Tito Livio de Madrazo, Akademia Raymond Duncan, 31, rue de Seine, Paris, juillet 1949[13],[14],[15].
- Œuvres de l'Association des artistes et des intellectuels espagnols en France - Eleuterio Blasco Ferrer, Fabián de Castro (es), Juan Gris, Alexis Hinsberger, Tito Livio de Madrazo, Galerie La Boétie, Paris, février 1951[16].
- Salon de l'art libre - Francisco Arias Álvarez (es), Josep Coll i Bardolet (es), Pedro Flores García, Fran-Baro, José Lamuño García, Tito Livio de Madrazo, Juan Ramírez, José Luis Rey Vila, Jorge Soteras…, Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1966[17].
- Première biennale d'art contemporain espagnol, Musée Galliera, Paris, mars 1968[18].
- Diseño y arte del siglo XX, palais de Sástago (es), Saragosse, mars-juin 2025.
Réception critique
- « Tito Livio de Madrazo a apporté un style personnel immédiatement identifiable, en particulier dans le cas des danseurs et des spectacles de danse où il allonge ses personnages dans des rubans virtuels et des élastiques, créant un mouvement tourbillonnant à partir de contorsions inhabituelles. Il recourt à de larges courbes, à des formes synthétiques et stylisées, réalisant, non sans certaines libertés graphiques, le mouvement d'une forme singulière, très expressive et dynamique, comme dans le cas de Jacqueline Elsane. Les traits de la figure sont sobres, audacieux… Le modèle, dans l'affiche et dans le dessin, ne l'est pas seulement dans son apparence extérieure, mais Madrazo parvient à percevoir les traits incisifs du personnage avec une sobriété extrême, exprimant même le mouvement, les vibrations. Son dessin est parfois presque sonore, audacieux, sans aucune froideur, pratiquant allègrement un effort de synthèse où rien n'est artificiel ou ennuyeux. » - Rubén Pérez Moreno, docteur en histoire de l'art[3]
Collections publiques
Espagne
- Musée national centre d'art Reina Sofía, Madrid[19] :
- Franco visto por Madrazo, recueil de caricatures 25,2x16,5cm, 1946 :
- Tristesse espagnole, huile sur toile 61x46cm, 1951.
France
- Département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, Paris[4].
- Musée d'art moderne de la ville de Paris, Préhistoire, gouache et encre, 1962[20].
Irak
- Ambassade de France à Bagdad, Réminiscence, aquarelle 32x24cm, 1932 (dépôt du Centre national des arts plastiques)[21].

Distinctions
- Médaille d'honneur du Conseil général de la Seine, 1963[3].
- Médaille d'or du Génie français[3].
- Médaille d'or de la Société Arts-Sciences-Lettres, 1966[3].
Références
- ↑ Patrice Buet, Artistes espagnols en France, éditions de la Revue moderne, 1951.
- ↑ Antonio Manuel Campoy, « Los Madrazo, Una familia de artistas », ABC, 2 mai 1985.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Ruben Pérez Moreno, « Tito Livio de Madrazo y el associacionismo artistico en Francia - El ultimo membro de un saga de pintores », Revista de la Associación aragonesa de criticos de arte, n°55, 2021.
- 1 2 3 Bibliothèque nationale de France, Mila Cirul, Théâtre des Champs-Élysées, l'affiche, 18 juin 1934
- ↑ Raymond Cogniat, « La vie intellectuelle - Le théâtre », Le Monde illustré, 18 août 1934, p. 19.
- ↑ « Au club artistique du 8e arrondissement », Paris-Soir, 20 février 1941, p. 2.
- ↑ Amanda Herold Marme, L'identité artistique à l'épreuve - Les artistes espagnols à Paris et l'engagement à partir de la guerre civile, Science Po, 2017.
- ↑ Ruben Pérez Moreno, « Tito Livio de Madrazo y su colaboraciún col el periodico del exilio en Perpignan "España" », Cuadernos republicanos, n°107, 2021, pp. 65-86.
- ↑ Books and Art, Jacqueline Elsane par Tito Livio de Madrazo
- ↑ Forum Western Movies, La vengeance du cowboy
- ↑ « Expositions et ateliers », Comœdia, 28 juin 1941, p. 6.
- ↑ « Petit courrier des arts », Paris-Soir, 1er juillet 1941 ; « Un vernissage », Midi-Libre, 3 juillet 1941.
- ↑ « Expositions », Solidaridad Obrera, n°229, 2 juillet 1949, p. 2
- ↑ Juan Ferrer, « Una hora de arte », CNT, n°224, Toulouse, 24 juillet 1949, p. 4.
- ↑ Rubén Pérez Moreno, « El arte y los conflictos bélicos », Arte y Memoria n°2, fondation Antonio Gargallo / Tervalis, 2014, p. 31
- ↑ Guy Dornand, « Parmi les expositions nouvelles », Libération, 6 février 1951.
- ↑ Rodolfo Arevalo, « Vueltecilla al mundo en 14 días : Salon de Arte libre 1966 », La Estafeta Literaria (es), 22 avril 1967.
- ↑ Jean Cassou et Adolphe de Falgairolle, Première biennale d'art contemporain espagnol, catalogue d'exposition, Musée Galliera, 1968.
- ↑ Musée national centre d'art Reina Sofía, Tito Livio de Madrazo dans les collections
- ↑ Musée d'art moderne de la ville de Paris, "Préhistoire" dans les collections
- ↑ Centre national des arts plastiques, "Réminiscence" dans les collections
Annexes
Bibliographie
- Tito Livio de Madrazo, « Los artistas españoles en Francia », Gaceta de bellas artes, Madrid, 15 avril 1926.
- Tito Livio de Madrazo, « Entretien avec Jean Cassou », España, n°11, Perpignan, 1er mars 1946.
- Patrice Buet, (préface de Tito Livio de Madrazo), Artistes espagnols en France, éditions de la Revue moderne, Paris / imprimerie de Subervie, Rodez, 1951.
- Louis Gratias, Madrazo, éditions Régie G. P., Paris, 1959.
- Fernando Varela, « Tito Livio de Madrazo, pintor abstracto », Suplemento literaria de Solidaridad Obrera, 1959.
- Renée Carvalho, Artistes catalans contemporains, éditions de la Revue Moderne, Paris, 1963.
- Antonio Manuel Campoy, « Los Madrazo, una familia de artistas », ABC, 2 mai 1985.
- Rubén Pérez Moreno, (sous la direction de Concepción Lomba Serrano, Blasco Ferrer, thèse de doctorat, Université de Saragosse, 2014, pp. 289-296.
- Amanda Herold Marme, L'identité artistique à l'épreuve - Les artistes espagnols à Paris et l'engagement à partir de la guerre civile, Sciences Po, 2017.
- Rubén Pérez Moreno, « Tito Livio de Madrazo y el associacionismo artistico en Francia - El último membro de un saga de pintores », Revista de la Associaciún aragonesa de critocos de arte, n°55, 2021 (consulter en ligne)
- Rubén Pérez Moreno, « Tito Livio de Madrazo y su colaboraciún con el periodico del exilio en Perpignan "España », Cuadernos republicanos, n°107, 2021 (consulter en ligne).
- Sous la direction de Pedro Feduchi, Diseño y arte del siglo XX - Historias de la Modernidad, collection « Galería Studiolire », Diputación de Zaragoza, 2025.
- Amanda Herold Marme (préface de Laurence Bertrand Dorléac), Des artistes espagnols à Paris - Identités et engagements face à la guerre civile, collection « L'art et l'essai », CTHS Édition, 2025.
Liens externes
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