Tornade de Sudbury

| Pays | |
|---|---|
| Régions affectées |
Nord-Est de l'Ontario, en particulier Sudbury |
| Type | |
|---|---|
| Échelle de Fujita |
F3 |
| Largeur du corridor |
200 à 400 m |
| Longueur du corridor |
275 km |
| Date |
| Nombre de morts |
6 |
|---|---|
| Nombre de blessés |
200 |
| Coût | 17 millions $CDN (1970) |
La tornade de Sudbury est l'une des tornades les plus destructrices de l'histoire canadienne qui frappe le la ville de Sudbury, en Ontario, tuant six personnes et en blessant 200 autres. Classée F3 sur l'échelle de Fujita, elle endommage gravement la ville et la région immédiate. Les dégâts sont estimés à près de 17 millions de dollars canadiens dans la région. En 2024, la tornade est toujours la huitième plus meurtrière au Canada[1].
Évolution météorologique

Le matin du 20 août, un complexe orageux s'est formé sur l'est du lac Supérieur et la péninsule supérieure du Michigan à l'avant d'un creux barométrique. Il s'est déplacé vers l'est sur la baie Géorgienne et le lac Huron puis a faibli. Cependant, une cellule orageuse dans ce complexe a pris une intensité inhabituelle près d'Elliot Lake. La tornade a en premier touché juste à l'ouest de cette ville dans le secteur boisé de Matinenda Lake[2].
Elle a été ensuite rapporté à Lively, voisine de Sudbury, peu après 8 h HAE (12 h UTC), d'où elle s'est rapidement dirigée vers l'est, frappant ensuite la ville de Copper Cliff ainsi que les quartiers de Robinson et Lockerby de Sudbury au cours des dix minutes suivantes[1]. Les vents ont été estimé à 320 km/h et le corridor de la tornade était de 200 à 400 m de large à ce moment[1],[2].
La tornade a poursuivi son chemin à travers la forêt et frappé moins d'une heure plus tard la communauté de Field, dans la présente municipalité du Nipissing-Ouest, se situant à environ 70 kilomètres à l'est de Sudbury[1],[2],[3]. Elle s'est dissipée au nord de Témiscaming à la frontière avec le Québec après un trajet discontinu de 275 km[2].
Les orages ont continué à travers North Bay et déraciné quelques arbres mais heureusement évité tout dommage à la ville[4]. Les orages se sont ensuite dirigés vers le sud-est en direction d'Ottawa, ce qui a amené le gouvernement fédéral à ordonner la fermeture préventive de ses bureaux situé à l'intérieur de la région de la capitale nationale, mais la tempête s'est affaiblie autour de la communauté de Chalk River, et seulement quelques millimètres de pluie sont tombés sur Ottawa lorsqu'elle a atteint la ville[5].
La population locale n'ont eu que peu de préavis concernant la tempête à venir puisqu'à l'époque l'aéroport de Sudbury n'était pas sous la couverture d'un radar météorologique capable de détecter et suivre la rotation dans les orages violents[1]. Les prévisions météorologiques pour la journée mentionnaient seulement des « averses »[6]. La première indication publique de la tornade fut un appel frénétique téléphonique au poste radiophonique CKSO d'une femme indiquant que sa maison était emportée par le vent[7].
Conséquences
Les maires des villes de Sudbury et Lively, respectivement Joe Fabbro et Len Turner, ont déclaré leurs communautés comme étant des zones sinistrées[8]. Le gouvernement fédéral et celui provincial de l'Ontario ont immédiatement envoyé des représentants dans la ville de Sudbury afin d'aider les communautés affectés, notamment le procureur général de la province, Arthur Wishart, le ministre provincial des Affaires municipales, Darcy McKeough et le ministre fédéral du Logement, Robert Andras[9],[10].
Étant donné que les opérations de la compagnie avaient été temporairement interrompues à la suite de la tempête, Inco a réaffecté ses employés pour aider à la reconstruction des maisons à Lively, qui était à l'époque une ville d'entreprise dans laquelle la plupart des maisons appartenaient à la compagnie, plutôt qu'à des propriétaires privés[11]. De plus, un fonds de secours de 2 millions de dollars (CAD) a été rapidement mis en place par le conseil municipal de Sudbury[12].
Malgré l'ampleur des dégâts, de nombreux météorologues ont d'abord résisté à classer le phénomème comme une tornade bien que la répartition des dégâts soit cohérent avec ce type d'activité mais il n'y a eu aucun rapport confirmé d'un nuage en entonnoir visible[6],[13]. Bien qu’il soit désormais généralement admis qu’une tornade peut se produire sans entonnoir identifiable dans certaines conditions météorologiques, cette hypothèse n’était pas aussi largement acceptée dans les années 1970. Ce n’est qu’en 1972 que le Service météorologique du Canada (alors appelé Service canadien de l'environnement atmosphérique) a publié un rapport final confirmant qu’une tornade avait bel et bien eu lieu[1],[2].
Six personnes sont mortes et 200 ont été blessées par la tornade, qui a causé des dégâts estimés à 17 millions de dollars (CAD) en 1970 (soit environ 111 millions aujourd'hui)[7], notamment à la fonderie de cuivre d'Inco à Copper Cliff. Un pipeline transportant du concentré de fer-nickel vers l'usine s'est effondré sur une voie ferrée en contrebas et provoqué un déraillement lorsqu'un train a heurté le tuyau. L'incident n'a entraîné que des blessures mineures[14]. Un autre incident reporté concerne l'Inco Superstack, alors en construction, qui a oscillé sous l'orage mais n'a pas été gravement endommagé[4]. Six ouvriers se trouvaient sur la plateforme de construction à ce moment-là, mais tous les six ont survécu[15].
Des dommages mineurs ont également été signalés au Big Nickel avec quelques marques sur les panneaux en acier inoxydable lorsque des pierres et des débris ont frappé le monument mais cette structure a survécu[16]. Des dégâts ont également été signalés au Memorial Hospital, au Glad Tidings Tabernacle, et à plus de 300 maisons à Lively, Sudbury et Field[8].
Certaines rues des quartiers touchés ont été inondées par 30 centimètres d’eau et les infrastructures électriques et de communication ont été gravement endommagées. Pendant plusieurs jours après les orages, la radio amateur restait le seul moyen fiable de communication à l'intérieur et à l'extérieur de la ville[17]. À Field, une scierie qui était le principal employeur de la ville a été gravement endommagée et le toit d'une église a été arraché quelques minutes seulement après que les paroissiens avaient quitté le bâtiment après la fin de la messe du matin[10],[18].
Références
- 1 2 3 4 5 6 Daniel Blanchette Pelletier, « Le 20 août 1970, une tornade fait 5 morts à Sudbury », Radio-Canada, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en) G. W. Gee et B. F. Findlay, The Sudbury Tornado, August 20, 1970, Service météorologique du Canada, (lire en ligne [archive du ]).
- ↑ (en-CA) « 1970 Sudbury tornado » [archive du ], CBC.ca (consulté le ).
- 1 2 (en-CA) « 90 mile winds smash Sudbury area », Toronto Star, , p. 1.
- ↑ (en-CA) « Ottawa concerned », The Globe and Mail, , p. 8.
- 1 2 (en-CA) « Forecast was for 'showers' », The Globe and Mail, , p. 1.
- 1 2 (en-CA) « 1970: Freak tornado kills six in Sudbury » [archive du ], sur CBC.ca.
- 1 2 (en-CA) « 5 dead as 80-mph winds batter Nickel Belt », The Globe and Mail, , p. 1.
- ↑ (en-CA) « Ottawa ready to help, municipalities are told », The Globe and Mail, , p. 25
- 1 2 (en-CA) « Sudbury homeless start rebuilding; loss is $17 million », Toronto Star, , p. 1
- ↑ (en-CA) « $1 or $10,000 — it all helps patch up the Sudbury area », Toronto Star, , p. 80
- ↑ (en-CA) « $2,000,000 fund for storm victims », Toronto Star, , p. D3
- ↑ (en-CA) « Insurance firms resort to weather office », The Globe and Mail, , B1.
- ↑ (en-CA) « Damage high but INCO 'got off lightly' », Toronto Star, , p. 3.
- ↑ (en-CA) « 6 nearly blown off 1,250-foot smokestack so they quit their jobs », Toronto Star, , p. 6.
- ↑ (en-CA) Harold Carmichael, « 'It's the end of the world' » [archive du ], sur thesudburystar.com, (consulté le ).
- ↑ (en-CA) « Sudbury phone lines still bad; CNE hams send messages », Toronto Star, , p. 8
- ↑ (en-CA) « 6 children put injured mother on door, carry her a mile for help », Toronto Star, , p. 8.
Lien externe
- (en) « Report on 1970 Lively to Sudbury tornado », Université Western Ontario, (consulté le ).
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