Le Tour de France 1961 est la 48eédition du Tour de France, course cycliste qui s'est déroulée du 25 juin au sur 21 étapes pour 4 397 km. Le départ du Tour a lieu à Rouen; l'arrivée se juge à Paris au vélodrome du Parc des Princes. L'épreuve est remportée pour la seconde fois par le Français Jacques Anquetil, qui a de plus réussi l'exploit de porter le maillot jaune du premier au dernier jour de course. Il devance au général l'Italien Guido Carlesi et le Luxembourgeois Charly Gaul de plus de douze minutes. Excédé par l'attitude résignée du peloton dans les Pyrénées devant la domination de Jacques Anquetil, Jacques Goddet, patron de l'Equipe, parlera dans son journal «des Nains de la route[1]».
Deux coureurs seulement ont porté le maillot jaune sur cette édition: André Darrigade, vainqueur de la première demi-étape, et Jacques Anquetil qui remporte le premier contre-la-montre (deuxième demi-étape), et conserve le maillot jaune jusqu'à Paris.
André Darrigade remporte ici la première étape pour la cinquième fois.
Pour deux secondes, Guido Carlesi prend à Charly Gaul la deuxième place au général à l'issue de la dernière étape.
Moyenne du vainqueur: 36,033km/h.
Du (départ à Saint-Étienne) au se déroule, en prologue de chaque étape du Tour, sur un même parcours, mais d'un kilométrage moindre, une épreuve ouverte aux coureurs amateurs, le premier Tour de l'Avenir.
Résumé de la course
Emil Daems à Charleroi, arrivée de la 4e étape du Tour 1961.
Vainqueur 4 ans plus tôt et après la chute dramatique de Roger Rivière en 1960, Jacques Anquetil entend bien montrer qu'il est le meilleur[2]. Le Normand a dicté ses conditions à Marcel Bidot, le sélectionneur des Tricolores: il sera le leader unique de l'équipe de France; elles sont acceptées, même par Henry Anglade. La première étape est divisée en deux tronçons: le Landais André Darrigade remporte le premier (Rouen-Versailles, 136,5 km); Jacques Anquetil, le second (un circuit de 28,5 km contre la montre autour de Versailles); au soir de la première étape, il porte déjà le maillot jaune.
Dès lors, les Tricolores verrouillent la course: toute échappée est contrôlée. Quand le Luxembourgeois Charly Gaul passe à l'attaque dans la Chartreuse (neuvième étape, Saint-Étienne - Grenoble, 230 km), il ne peut creuser un écart important, comme il avait réussi à le faire en 1958: il ne reprend que 2 min 30 s à Anquetil. Le peloton est résigné.
La grande étape pyrénéenne (dix-septième étape, Luchon-Pau, 197 km, par les cols de Peyresourde, d'Aspin, du Tourmalet et d'Aubisque) est escamotée, personne n'osant attaquer Jacques Anquetil, ce qui provoque la colère du directeur du Tour, Jacques Goddet, qui titre ce soir-là l'éditorial qui livre chaque jour à L'Équipe «Les Nains de la route». Jacques Anquetil s'impose encore dans le dernier contre la montre (dix-neuvième étape, Bergerac-Périgueux, 74,5 km). Il remporte la Grande Boucle après avoir porté le maillot jaune du premier au dernier jour. Cette terne édition a une conséquence importante: Jacques Goddet cède aux pressions des groupes sportifs, qui, depuis 1956, réclamaient l'abandon de la formule des équipes nationales; ce sera chose faite en 1962.
Le système de classement des équipes évolue en 1961. Il est transformé en un classement par points, dans lequel les équipes sont départagées par le nombre de coureurs classés aux premières, deuxièmes puis troisièmes places des étapes. Les coureurs de l'équipe en tête de ce classement portent une casquette jaune (représentée dans les classements par l'icône à côté du nom de l'équipe)[15],[16].
(en) John Nauright et Charles Parrish, Sports Around the World: History, Culture, and Practice, vol.2, Santa Barbara, CA, ABC-CLIO, (ISBN978-1-59884-300-2, lire en ligne)