Urbain-Adam-Louis-François Gaultier
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| Membre du Conseil des Anciens | |
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| Député aux États généraux de 1789 | |
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(à 76 ans) Tours |
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Urbain-Adam-Louis-François Gaultier (, Tours - , Tours), est un magistrat et homme politique français, député aux États généraux de 1789 et au Conseil des Anciens.
Biographie
Origines familiales et formation
Urbain-Adam-Louis-François Gaultier est issu d'une famille de la noblesse de robe établie en Touraine depuis plusieurs générations[1]. Les Gaultier font partie de l'élite judiciaire tourangelle, avec des ancêtres procureurs du duché de Beaumont dès le XVe siècle et des membres qui ont accédé au parlement de Bretagne[2]. Dans cette lignée, on trouve notamment Jacques Gaultier qui fut maire de Tours en 1619-1620.
Carrière judiciaire sous l'Ancien Régime
Il exerce la fonction d'avocat du roi au bailliage et siège présidial de Tours[3]. Le présidial de Tours, créé en 1551 par Henri II, est une juridiction intermédiaire qui a autorité sur les bailliages d'Amboise, Chinon, Langeais, Loches et Loudun[4]. Cette fonction d'avocat du roi représente une charge prestigieuse dans la hiérarchie judiciaire de l'Ancien Régime.
Député aux États généraux de 1789
Le , il est élu député du tiers état aux États généraux par le bailliage de Touraine[3]. Il figure au 9e rang sur les 16 députés élus pour ce bailliage, aux côtés notamment du duc de Luynes, du baron de Menou et d'autres notables comme Pierre-Claude Nioche et Étienne-Vincent Moreau.
Un portrait gravé contemporain le représente en tant que « avocat du roi au présidial de Tours député de Touraine né le 31 8bre 1740 », œuvre réalisée par De La Place et gravée par Melle Noté en 1791[5].
Il n'adopte qu'avec beaucoup de réserves les idées nouvelles et passe inaperçu sous le régime révolutionnaire.
Sous le Directoire
Le , il est nommé député d'Indre-et-Loire au Conseil des Anciens, par 181 voix sur 205 votants[3]. Cependant, son élection est cassée à la suite de la journée du 18 fructidor, lors du coup d'État mené par trois directeurs contre les royalistes devenus majoritaires dans les Conseils. Les deux Chambres, terrorisées, votent la déportation en Guyane de deux directeurs et de 53 députés[6].
Sous le Consulat et l'Empire
Il se déclare partisan du coup d'État du 18 brumaire et bénéficie de la confiance du nouveau régime. Le , il est nommé président du tribunal civil de Tours[3]. Cette nomination s'inscrit dans le cadre de la réforme judiciaire de l'an VIII, qui crée les tribunaux de première instance en remplacement des anciens tribunaux civils et criminels des départements[7].
Il sert fidèlement le gouvernement impérial durant toute cette période.
Sous la Restauration
Il adhère à la Restauration qui, après l'avoir confirmé le dans ses fonctions de président du tribunal civil, lui confie le celles de président de la cour prévôtale de Tours[3].
Les cours prévôtales, créées par la loi du 20 décembre 1815, sont des juridictions d'exception destinées à juger les faits de sédition politique et de rébellion armée ainsi que certains crimes de droit commun. Elles sont composées d'un président et de quatre juges civils assistés d'un prévôt militaire. Ces tribunaux d'exception, supprimés en 1818, s'inscrivent dans le contexte de la « Terreur blanche » qui suit les Cent-Jours.
Vie privée
Il épouse le à L'Île-Bouchard Élisabeth Anne Drouin de Parçay, née le à L'Île-Bouchard, belle-sœur de Jacques Dumoustier de La Fond, militaire et historien français. La famille Drouin de Parçay est une famille noble établie en Touraine, propriétaire notamment du château de la Brèche à Parçay-sur-Vienne.
Il meurt à Tours le , à l'âge de 76 ans.
Postérité
De son mariage avec Élisabeth Anne Drouin de Parçay naissent deux fils :
- Urbain Charles Gaultier (1773), qui épouse le Éléonore Charlotte Poirier des Bournais. Leur descendance comprend notamment :
- Caroline Gaultier, mariée à Maximilien-Marie Moreau, dont Marie Victoire Moreau (1844-1922) qui épouse Pascal Théodore Joubert de La Motte à Preuilly
- Anne Gaultier (1812), mariée le à Nueil-sous-Faye avec Alfred Gustave de Gréaulme
- Louise Gaultier (1820-1857), mariée le à Nueil-sous-Faye avec Paul Viot, avocat
- Julie Gaultier (1823-1890), supérieure des religieuses du couvent de Sainte-Ursule de Chinon
- Éléonore Gaultier (†1895), religieuse de la Compagnie de Sainte-Ursule, supérieure de la maison de Chinon
- Louis Gaultier (, Tours), licencié ès sciences, professeur de géométrie descriptive au Conservatoire des arts-et-métiers. Il épouse le à Meaux Charlotte Denise Élisabeth Passerat (1788-1867). Leur fils Charles Ludovic Gaultier-Passerat (1816-1898) devient avocat à la cour et juge de paix du VIIIe arrondissement de Paris.
Bibliographie
- « Urbain-Adam-Louis-François Gaultier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore].
Lien externe
- Ressource relative à la vie publique :
Notes et références
- ↑ « Une administration royale d'Ancien Régime : le bureau des finances de Tours - Chapitre V : Une élite sociale ? », sur Presses universitaires François-Rabelais (consulté le )
- ↑ « Une administration royale d'Ancien Régime : le bureau des finances de Tours », sur Presses universitaires François-Rabelais (consulté le )
- 1 2 3 4 5 « Urbain, Adam, Louis, François Gaultier », sur Base de données des députés français depuis 1789 - Assemblée nationale (consulté le )
- ↑ « Atlas Archéologique de Touraine », sur Université de Tours (consulté le )
- ↑ « Urb. A.L.F. Gautier, avocat du roi : au présidial de Tours député de Touraine », sur Gallica BnF (consulté le )
- ↑ « Le Conseil des Anciens », sur Sénat (consulté le )
- ↑ « La réforme judiciaire de l'an VIII », sur napoleon.org (consulté le )
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