Ursulines de l'union romaine

Ursulines de l'union romaine
Image illustrative de l’article Ursulines de l'union romaine
Soli Deo Gratia (À Dieu soit la Gloire)
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale 17 juin 1903
par Léon XIII
Institut congrégation religieuse
Type apostolique
But enseignement
Structure et histoire
Fondation 15 novembre 1900
Rome
Fondateur Union de congrégations
Abréviation O.S.U.
Site web site officiel
Liste des ordres religieux

Les Ursulines de l'union romaine (en latin : Unio Romana Ordinis Sanctae Ursulae) sont une congrégation religieuse enseignante de droit pontifical née en 1900 d'une union de plusieurs instituts d'ursulines.

Histoire

La Compagnie de sainte Ursule est fondée en 1535 à Brescia par Angèle Mérici comme société de femmes vouées aux œuvres de charité[1], mais à partir du XVIIe siècle, en France, les ursulines commencent à mener une vie commune et à faire des vœux solennels, donnant naissance à l'ordre de Sainte-Ursule formé de religieuses cloîtrées[2].

Le monastère des ursulines de Rome est fondé en 1688 par la congrégation des ursulines de Bordeaux, puis en 1718, le monastère de Calvi dell'Umbria. Après l'unification de l'Italie, de nombreuses propriétés religieuses sont confisquées et contraints à la fermeture. L'accueil des novices étant interdite, les deux monastères sont obligés de demander l'aide des ursulines de Blois pour recevoir leurs candidates et les former, mais les normes canoniques ne permettaient pas aux ursulines cloîtrées, organisées en maisons autonomes, de faire le noviciat dans des monastères autres que le leur. Pour cette raison, le pape Léon XIII, en 1878, décrète l'union des maisons de Blois, Rome et Calvi. Le pape conseille également que tous les monastères de l'ordre soient réunis en une seule congrégation centralisée, sous l'autorité d'une supérieure générale, résidant à Rome. Le , le cardinal Vannutelli, par ordre du pape, écrit une lettre à tous les évêques où il y a des monastères d'ursulines pour pousser les religieuses à se joindre au même institut.

Le , les déléguées de 71 monastères d'ursulines se rencontrent à Rome, dont 63 choisissent le 21 novembre suivant de rejoindre l'union. C'est ainsi que l'union romaine voit le jour avec une présence en Autriche-Hongrie, au Brésil, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni , en Indonésie, en Italie, aux Pays-Bas et aux États-Unis. Le pape Léon XIII promulgue le décret d'approbation de l'union le et le 17 septembre de la même année approuve les constitutions religieuses.

Le , le pape Pie X exhorte les monastères qui n'ont pas encore adhéré à l'union romaine, par le motu proprio Apostolicae Sedis. Avant la demande du pape, certains monastères du Mexique (1910) et du Pérou (1936) s'agrègent à l'union romaine et, à la suite de ces recommandations continuelles, les monastères du Mexique (1910) rejoignent l'Union romaine. En outre, trois congrégations indépendantes adhérent à la congrégation, à savoir l'union de Roermond (1928), l'union polonaise (1935) et l'union Weltevreden (1939). Avec cette dernière, en 1939, les Ursulines comptaient plus de 7 000 religieuses dans le monde entier.

Fusion

Plusieurs instituts d'Ursulines ont fusionné avec l'union romaine :

  • 1968 : Ursulines de Clermont fondées en 1615 par la Mère Antoinette Micolon (1592-1659)[3]. Le 16 avril 1616, les sept premières religieuses reçoivent l'habit religieux des mains de Joachim d'Estaing, évêque de Clermont. La Mère Micolon quitte ensuite Clermont pour aller fonder un autre monastère à Tulle ; elle est remplacée par Clémence de Ranquet, ursuline de Lyon[4]. À la Révolution, les religieuses sont dispersées ou incarcérées et leurs biens confisquées[5]. La congrégation est restaurée par Jeanne-Marie Bravard, (Mère Saint-Pierre) qui achète l’ancienne abbaye de Saint-Alyre en avril 1807[6]. Un décret impérial de 1810 les autorise à enseigner. En 1906, Les sœurs sécularisées continuent l’enseignement[5]. Elles fusionnent avec l’Union Romaine le 13 mai 1968[7].
  • 1995 : Union Sainte Angèle Merici née en 1973 de l'union de quatre congrégations d'Ursulines[8]. Elles rejoignent l'union romaine en 1995[9]:
    • Ursulines d'Ambert fondées en 1614 par la Mère Antoinette Micolon qui part l'année suivante fonder celui de Clermont. La clôture est établie en 1616 et six novices prennent l'habit religieux. En 1620, une bulle de Rome érige cette maison en monastère sous la règle de Lyon[4].
    • Ursulines de Saint-Chamond fondées en 1613 par les Mères Perrette de Bermond et Isabeau du Moulin. La maison est érigé en communauté regulière en 1620, sous la protection de Melchior de Chevrières, marquis de Saint Chamond, et de son épouse Isabeau de Tournon[10]. Le monastère de Saint-Chamond fonde ensuite ceux d'Autun (1620), Saulieu (1624), Montbrison (1628), Monistrol-sur-Loire (1634), Mende (1635) et Saint-Étienne (1636)[4]. Après la Révolution, douze religieuses rétablissent la communauté le 4 octobre 1806[10].
    • Ursulines de Monistrol-sur-Loire fondées en 1634 par des Ursulines de Saint-Chamond. Après plusieurs années d'existence, il est la proie d'un incendie, ce qui force les religieuses à se disperser. Elles peuvent rentrer dans leur couvent en 1715. La Révolution les oblige à quitter de nouveau le monastère. Après l'épisode révolutionnaire, la Mère de Sainte-Thérèse rachète une partie des bâtiments de l'ancien monastère. Deux Ursulines de Saint-Chamond viennent l'aider à reformer une communauté. Au mois d'août 1826, Louis de Bonald, évêque du Puy, vient y établir la clôture[10].
    • Ursulines de Jésus et Marie de Malet fondées en 1806 à Saint-Côme-d'Olt par Jeanne Planchon, sœur de l'Union Chrétienne de Mende, à la demande de l’ancien régisseur des moines d’Aubrac, pour ouvrir une école dans l'ancien prieuré de Malet. Elle fonde une communauté d’Ursulines mais l’évêque lui demande de renoncer à la clôture afin que les sœurs puissent aller dans les plus petits villages en vue d’éduquer les femmes et les jeunes filles. Au cours du XIXe siècle, la congrégation connaît un véritable essor. L'institut implante une mission au Togo en 1964 qu’elle cède en 1973 à la congrégation indigène de Notre-Dame de l’Église[9].
  • 1995 : Ursulines de Lozère fondées en 1805 à Quézac par les sœurs Vivens et Dubeix, religieuses de l'Union Chrétienne de Mende[11]. La communauté est ensuite confiée à une ancienne ursuline qui adopte en 1810 la règle et le costume des Ursulines. En 1841, un incendie dévaste le monastère. L'année suivante, les religieuses déménagent la maison-mère dans le château des seigneurs d'Ispagnac situé à 2 kilomètres de la collégiale Notre-Dame de Quézac tout en laissant trois sœurs à Quézac à la demande des habitants[12]. Elles fusionnent en 1995 avec l'union romaine[13].

Activités et diffusion

Les Ursulines de l'union romaine se consacrent essentiellement à l'enseignement.

Elles sont présentes en :

La maison généralice est à Rome.

En 2017, la congrégation comptait 1671 sœurs dans 211 maisons[14].

Notes et références

  1. Guy-Marie Oury, Les Ursulines de Québec: 1639-1953, Québec, Septentrion, (ISBN 9782894481363), p. 32
  2. Michel Picard, Madame Acarie : un portrait d'après ses contemporains, Téqui, coll. « Les saints du monde », , 235 p. (ISBN 9782740309230), p. 172-177
  3. Henri Pourrat (annotation), Mémoires de la mère Micolon (1592-1659) : manuscrit des Ursulines de Clermont, Clermont, Centre Henri Pourrat, (lire en ligne)
  4. 1 2 3 Victor Postel, Histoire de sainte Angèle Mérici et de tout l'ordre des Ursulines, t. I, Paris, Poussielgue, (lire en ligne), p. 440-444 & 451,455-458
  5. 1 2 Guy Mesnard 1998, p. 116-117.
  6. Victor Postel, Histoire de sainte Angèle Merici et de tout l'ordre des Ursulines, t. II, Paris, Poussielgue, (lire en ligne), p. 357-359
  7. Charles Molette, Guide des sources de l'histoire des congrégations féminines françaises de vie active, Éd. de Paris, , 477 p., p. 373 et 607
  8. Guy Mesnard 1998, p. 607.
  9. 1 2 « congrégation des Ursulines Union Sainte Angèle Merici » (consulté le ), p. 48-49
  10. 1 2 3 Annales de l'Ordre de Ste-Ursule. Tome II., Annales de l'Ordre de Ste-Ursule, t. II, Clermont-Ferrand, Ferdinand Thibaud, (lire en ligne), p. 103-105 & 121-122
  11. Bulletin de la société des lettres, sciences et arts du département de la Lozère, t. XIX, Mende, Imprimerie de C.Privat, (lire en ligne), p. 62
  12. Albert Solanet, Histoire de Notre-Dame de Quézac au diocèse de Mende, Mende, C.Pauc, (lire en ligne), p. 130-135
  13. Guy Mesnard 1998, p. 99.
  14. (it) Annuaire pontifical, Vatican, Librairie éditrice vaticane, , 2329 p. (ISBN 978-88-209-9975-9 et 88-209-9975-7), p. 1585

Bibliographie

  • Guy Mesnard, La vie consacrée en France : ses multiples visages, Éditions de Solesmes, (ISBN 978-2-85274-198-0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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