Urz Goanag Breiz

Urz Goanag Breiz
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Cadre
Forme juridique Mouvement de jeunesse
But Promotion de l’identité et de la culture bretonnes, scoutisme catholique
Zone d’influence Bretagne, Paris
Fondation
Fondation
Fondateur Herry Caouissin
Origine Bretagne
Identité
Siège Landerneau, Finistère
Personnages clés Janig Caouissin, abbé Jean-Marie Perrot, marquis de Régis de l'Estourbeillon
Méthode Scoutisme, nationalisme breton, catholicisme
Membres ~1 000 (1944)
Slogan Doué ha Breiz (Dieu et Bretagne)
Dissolution
Dissolution

Urz Goanag Breiz (en français : Ordre de l'Espérance de Bretagne) est un mouvement de jeunesse breton fondé en 1943 par Herry Caouissin, visant à promouvoir l'identité et la culture bretonnes à travers une approche inspirée du scoutisme. Actif sous l'Occupation allemande, ce mouvement s'inscrit dans le contexte du nationalisme breton et du catholicisme, avec la devise « Doué ha Breiz » (Dieu et Bretagne)[1]. Lié à la revue pour enfants O Lo Lê, il a rassemblé environ un millier de membres à son apogée en 1944[2]. Après la Seconde Guerre mondiale, il a influencé la création de l'Urzh Skouted Bleimor en 1946.

Historique

Contexte et création

L'Urz Goanag Breiz est créé en 1943 par Herry Caouissin, ancien comédien routier et animateur du journal illustré O Lo Lê, lancé en novembre 1940[3],[4]. Ce journal, destiné à la jeunesse bretonne[2], promeut un nationalisme chrétien et des valeurs culturelles bretonnes[5]. L'idée du mouvement émerge spontanément à partir du feuilleton « Les Loups de Coatmenez » publié dans O Lo Lê, qui suscite l'enthousiasme des lecteurs[3]. Ces derniers, surnommés « Loups » (garçons) et « Hermines » (filles), s'organisent pour former un mouvement structuré[5]. La déclaration officielle du mouvement est enregistrée le 27 mai 1943 à la préfecture de Quimper[3]. Inspiré par l'Urdd Gobaith Cymru, un mouvement de jeunesse gallois créé en 1928 pour promouvoir la culture celtique[6], Herry Caouissin adapte ce modèle à la Bretagne en y intégrant une forte dimension catholique, tout en visant un caractère culturel plutôt que strictement confessionnel[2]. Le siège du mouvement est établi à Landerneau (Finistère), avec un recrutement prévu dans les cinq départements bretons[3]. Organisation et fonctionnement L'Urz Goanag Breiz s'adresse aux jeunes de 7 à 18 ans, répartis en trois catégories d'âge. L'adhésion est soumise à quatre conditions :

  • être breton
  • être lecteur d'O Lo Lê
  • avoir prêté la promesse de Saint-Yves le 19 mai[note 1]
  • et avoir réussi un examen culturel breton[3].

Les membres sont organisés en petites unités appelées « Tiernad », dirigées par des « Tiern » (chefs) ou « Tiernez » (cheftaines). Les activités incluent des jeux, des danses, des chants bretons, des sports, ainsi que des apprentissages en histoire, langue bretonne, et instruction religieuse. L'insigne du mouvement, conçu par l'artiste breton Xavier de Langlais, représente une croix celtique blanche herminée sur fond or. Les membres portent un uniforme composé d'une chemise verte, d'une cravate ou d'un foulard blanc, et d'une culotte ou jupe noire. Les distinctions, appelées « gwallen » (anneaux celtiques), sont attribuées pour des compétences variées, comme la langue bretonne, l'histoire ou le secourisme. Les chefs de clan, ou « Penn-Tiern » et « Penn-Tiernez », portent des écussons passepoilés d'or[3].

Soutiens et collaborations

Le mouvement bénéficie du soutien de figures du mouvement breton, comme l'abbé Jean-Marie Perrot, Dom Alexis Presse, et l'abbé Lardic, qui agissent comme conseillers spirituels. Le marquis de Régis de l'Estourbeillon, président de l'Union régionaliste bretonne, est nommé président d'honneur. Janig Caouissin, épouse d'Herry et ancienne cheftaine scoute, ainsi que Roparz Le Masson, écrivain et capitaine de vaisseau, contribuent à l'organisation[2].

Contexte historique et controverses

Fondé sous l'Occupation allemande, alors que le scoutisme traditionnel est interdit, l'Urz Goanag Breiz s'inscrit dans un courant de nationalisme breton qui suscite des débats[1],[7]. La revue O Lo Lê et le mouvement prônent une identité bretonne indépendante et chrétienne, parfois marquée par des positions anticommunistes, anglophobes, et, selon certaines sources, antisémites. Ces ambiguïtés idéologiques, portées par certains rédacteurs extrémistes, entraînent des controverses[1]. Herry Caouissin, interné à la fin de la guerre, bénéficie d'un non-lieu après huit mois[5]. Le mouvement, éphémère en raison du contexte de l'Occupation et de l'épuration qui suit la Libération, cesse ses activités en 1944[1],[7]. Une bannière de l'Urz Goanag Breiz est conservée dans le trésor de la basilique Sainte-Anne-d’Auray. Héritage Après la guerre, l'Urz Goanag Breiz inspire la création de l'Urzh Skouted Bleimor en 1946, un mouvement scout breton initié par Perig et Lizig Géraud à Paris, dans les milieux de l'émigration bretonne[8]. Ce nouveau mouvement s'inscrit dans une démarche de repli culturel, marquée par le discrédit du nationalisme breton après 1945[2].

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Gwenael Foucré, Les frères Caouissin, bretons sans entrave, biographie des fondateurs d’O Lo Lê et de l’Urz Goanag Breiz[9].
  • Christophe Carichon, Grandes figures du scoutisme : Hier et aujourd'hui, le scoutisme toujours vivant, Artège Editions, , 360 p. (ISBN 9791033611974, présentation en ligne)
  • Yvon Tranvouez, Catholiques en Bretagne au XXe siècle, Presses universitaires de Rennes, , 240 p. (ISBN 9782753531499)
  • Jean-Jacques Gauthé, Le Scoutisme en France : Inventaire de la bibliographie et des sources, FeniXX réédition numérique, , 444 p. (ISBN 9782402402675)
  • Yvon Tranvouez, La puissance et l’effacement : Destin du catholicisme breton (fin xixe-début xxie siècle), Presses universitaires de Rennes, , 238 p. (ISBN 9782753587441)
  • Jean-Marie Mayeur, La Bretagne : Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Beauchesne, , 425 p. (ISBN 9782868220349)
  • Pierre Philippe Lambert et Gérard Le Marec, Partis et mouvements de la collaboration : Paris 1940-1944, FeniXX réédition numérique, , 257 p. (ISBN 9782402109574)

Articles connexes

Notes et références

Notes

  1. Promesse à Saint-Yves:
    En ce jour, moi, je promets
    de conquérir les vertus de Saint Yves
    afin de toujours mieux servir et défendre la Bretagne.
    Sous le signe de la croix celtique et de l'hermine,
    je promets
    d'être fier toujours et partout de mon titre de breton.
    Je promets
    de rester fidèle à la devise "Dieu et Bretagne"
    Vive la Bretagne.

    source:Pierre Philippe Lambert et Gérard Le Marec, Vichy 1940-1944 : Organisations et mouvements, Grancher, , 520 p. (ISBN 9782733910511)

Références

  1. 1 2 3 4 Tranvouez 2015, p. 108
  2. 1 2 3 4 5 Christophe 2021, p. 294
  3. 1 2 3 4 5 6 Philippe 1992
  4. « Herri Caouissin ✞ », sur Institut culturel de Bretagne (consulté le )
  5. 1 2 3 Mayeur 1990, p. 68
  6. « Mort de Herry Caouissin, une figure du nationalisme breton », sur Le Monde, (consulté le )
  7. 1 2 Tranvouez 2022, p. 108
  8. « Bleimor », sur AGSE Bretagne (consulté le )
  9. Gauthé 1996, p. 294

Liens externes

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