Vesica piscis

Vesica piscis.

La vesica piscis est la forme géométrique déterminée par l'intersection de deux disques de même diamètre ayant chacun son centre sur la circonférence de l'autre. C'est donc un cas particulier de lentille géométrique symétrique.

Le nom signifie littéralement en latin poche d'air, celle que les poissons ont dans leur abdomen pour pouvoir flotter, connue comme la vessie du poisson, mais qui n'a rien à voir avec la vessie contenant de l'urine[1]. Cette figure est aussi appelée mandorle (de l'italien mandorla, « amande »).

Détermination de l'aire

Vesica piscis avec ses deux triangles équilatéraux inclus.

La vesica piscis est la réunion de deux segments circulaires ayant chacun pour angle au centre radians.

Son aire vaut donc, pour des cercles de rayon

pour plus de décimales, voir la suite A093731 de l'OEIS.

Utilisation de la forme

Dans l'art chrétien, certaines auréoles ont la forme d'une vesica piscis verticale, et le sceau des organisations ecclésiastiques est parfois inséré dans une vesica piscis verticale plutôt que dans un cercle.

Une figure de l'art celtique est la triquetra, formée de trois vesica piscis entrelacées, formant donc un nœud de trèfle.

Selon la tradition, vers 360 avant J.-C., le mathématicien Euclide créé et utilise un compas pour la fabrication de la vesica et démontre la construction de figures géométriques à partir de celle-ci[2].

De façon profane, la vesica piscis peut servir de base pour le dessin d'un œil ou d'un poisson (voir aussi à Ichthus)[3].

Signification mystique et religieuse

La vesica piscis a été le thème de plusieurs spéculations mystiques.

Les premières furent probablement celles des Pythagoriciens, qui la considéraient comme une figure sacrée. Pour eux, le rapport entre la largeur (longueur entre les extrémités du poisson sans la queue) et la hauteur était de 265:153 (approximation de à près). À noter que le nombre 153 apparaît dans l'Évangile selon Jean (21:11) comme étant le nombre de poissons que Jésus attrape lors de la pêche miraculeuse[4],[5],[6],[7],[8].

Jésus enseigne que l'être humain est le médiateur entre le monde physique représenté par un cercle et le monde spirituel représenté par l'autre cercle. La vesica piscis est cette partie médiane appartenant aux deux cercles. Jésus lui-même est considéré par les chrétiens comme le médiateur entre Dieu et l'humanité[9].

Le poisson est un symbole de croyance et de foi qui permet aux chrétiens de s'identifier et d'afficher leur religion au cours des premiers siècles du christianisme[10]. Ainsi la forme du poisson est devenue l'emblème de cette nouvelle religion avant que la croix ne la complète puis la remplace partiellement[11].

L'obélisque de Washington trône au centre d'un vesica piscis[12].

Des auteurs New Age ont interprété la vesica piscis comme étant un yoni, c'est-à-dire une représentation des organes génitaux féminins[13],[14],[15],[16],[17].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Vesica piscis » (voir la liste des auteurs).
  1. Marc Léopold, Guide des poissons de mer de Guyanne, Plouzané, Ifremer, , 214 p. (ISBN 978-2-8443-3135-9), p. 119
  2. L. Mascheroni, Géométrie Du Compas, Creative Media Partners, LLC, , 228 p. (ISBN 978-0-3537-6845-1)
  3. Solenn Rogeon, Le petit Guide de la géomètrie sacrée : Découverte, Symboles, Utilisations, mercileslivres, , 218 p. (ISBN 978-2-3835-5583-4)
  4. Archimède : De la mesure du cercle.
  5. (en) Rachel Fletcher, « Musings on the Vesica Piscis », Nexus Network Journal (ISSN 1590-5896), vol. 6, n° 2, 2004 .
  6. (en) John Michell (en), City of Revelation, Abacus, 1972 (ISBN 0-349-12320-9).
  7. (en) John Michell, The Dimensions of Paradise: The Proportions and Symbolic Numbers of Ancient Cosmology, Adventures Unlimited Press, Kempton, Illinois, 2001.
  8. (en) David Fideler, Jesus Christ, Sun of God: Ancient Cosmology and Early Christian Symbolism, Quest Books, Wheaton, Illinois, 1993.
  9. Jonathan Black, L'Histoire sacrée du monde Comment les anges, les mystiques et les intelligences supérieures ont créé notre monde, Roubaix, Pygmalion, , 589 p. (ISBN 978-2-7564-2006-6)
  10. Prosper Guéranger, Sainte Cécile et la société romaine aux deux premiers siècles, Paris, Librairie Jeanne Blonde / Firmin Didiot, , 590 p., p. 291
  11. Henryk Sienkiewicz, B. Kozakiewicz, J.L. de Janasz, Pierre-Marie Valat, Quo vadis ?, Culture commune, , 416 p. (ISBN 978-2-3630-7351-8), p. 14
  12. Robert Solé, Le Grand Voyage de l'Obélisque, Editions du Seuil, , 288 p. (ISBN 978-2-0212-9537-5)
  13. (en) Barbara Walker, The Woman's Encyclopedia of Myths and Secrets, Harper, San Francisco, 1983.
  14. (en) Kevin L. Gest, The Secrets of Solomon's Temple (ISBN 0-85318-256-6)
  15. (en) Kathy Jones, The Goddess in Glastonbury, 1990.
  16. (en) Margaret Starbird, Magdalene's Lost Legacy, Symbolic Numbers & Sacred Union.
  17. (en) Constance S. Rodriguez, PhD, LCSW - Sacred Portals, Pathways to the Self (ISBN 978-1-4033-7592-6).

Voir aussi

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