Wilhelmine de Prusse (1751-1820)

Wilhelmine de Prusse
Titre de noblesse
Princesse
Biographie
Naissance
Décès
(à 68 ans)
Apeldoorn
Sépulture
Nationalités
Activités
Période d'activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Guillaume V d'Orange-Nassau (à partir de )
Enfants

Wilhelmine de Prusse, née Frederika Sophia Wilhelmina, née le à Berlin, morte le à Het Loo, est la fille du prince Auguste-Guillaume de Prusse (1722-1758) et de Louise-Amélie de Brunswick-Wolfenbüttel.

Nièce du roi Frédéric II de Prusse (+1786) et sœur du roi Frédéric-Guillaume II de Prusse, elle est l'épouse de Guillaume V d'Orange-Nassau, stathouder des Provinces-Unies, et la mère de Guillaume VI : par son action en politique intérieure et internationale, elle contribue à faire de celui-ci le fondateur de la dynastie des Pays-Bas régnante depuis 1813.

Biographie

Wilhelmine de Prusse, princesse d'Orange.

Wilhelmine est une femme fière et politiquement ambitieuse. Elle se marie, le à Berlin, avec Guillaume V d'Orange-Nassau, stathouder des Provinces-Unies.

Quand la révolution batave éclate dans les Provinces-Unies et que Guillaume déplace sa cour en Gueldre, elle tente de retourner dans la capitale, La Haye. Le , elle est arrêtée à Goejanverwellesluis (en) et en fin de journée on la renvoie rejoindre Guillaume à Nimègue.

Elle et son frère le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse, qui règne depuis à peine un an, se sentent insultés : une armée prussienne commandée par le feld-maréchal duc de Brunswick envahit les Provinces-Unies le . De nombreux rebelles doivent fuir vers la France ; Guillaume V reprend le pouvoir, son gouvernement étant dirigé de fait par le grand-pensionnaire Laurens Pieter van de Spiegel dont Wilhelmine appuie la politique de renforcement du pouvoir central[1],[2].

En 1790, Wilhelmine et Guillaume V marient leur fille Frédérique au prince héritier de Brunswick, Charles-Georges-Auguste de Brunswick-Wolfenbüttel, fils du feld-maréchal et proche des rois de Prusse et de Grande-Bretagne. En 1791, leur fils aîné épouse sa cousine prussienne et homonyme de sa mère : Wilhelmine de Prusse (1774-1837).

Cependant, en 1795, les patriotes reviennent au pays avec l'appui de la France et rétablissent la République batave. Le jeune Guillaume VI se réfugie chez son allié et son cousin George III du Royaume-Uni tandis que Guillaume V et Wilhelmine vivent tantôt à Kew, tantôt à Nassau et à Brunswick où Guillaume meurt. Wilhelmine et sa fille Frédérique, toutes deux veuves en 1806, vivent ensemble dans différentes villes de la confédération du Rhin.

Pendant la campagne d'Allemagne de 1813, alors que les armées de la Sixième Coalition chassent Napoléon d'Allemagne et que Guillaume VI, réfugié en Grande-Bretagne, se prépare à débarquer aux Pays-Bas avec le soutien des Britanniques, Wilhelmine entreprend de créer une Légion hollandaise d'Orange (nl) (en néerlandais : Oranje Legioen) afin de libérer la Hollande. Le , son frère le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III l'autorise à ouvrir un bureau de recrutement à Berlin et entraîner ses volontaires à Schwedt-sur-Oder. Mais il ne lui fournit pas de subsides et Wilhelmine doit mettre en gage ses propriétés pour financer la Légion. La reddition de la garnison française de Stettin, encerclée par les Prussiens et les Russes, le , permet d'obtenir le ralliement du 3e bataillon du 123e  régiment de ligne, de recrutement néerlandais. La Légion d'Orange est rattachée à l'armée du Nord commandée par Bernadotte. Guillaume, considéré comme un allié de la Coalition, est proclamé souverain d'un royaume uni hollando-belge sous le nom de Guillaume Ier des Pays-Bas[3],[4]. Wilhelmine et sa fille reviennent aux Pays-Bas en 1814. Le fils et héritier de Guillaume, de même prénom que lui, épouse la grande-duchesse Anna Pavlovna de Russie, sœur du tsar Alexandre Ier, mettant son nouveau royaume sous la protection de la Russie.

Un portrait équestre de Wilhelmine par Tethart Philipp Christian Haag (en) est conservé au Rijksmuseum d'Amsterdam.

Enfants

La famille princière d'Orange-Nassau.

Wilhelmine et Guillaume V d'Orange-Nassau eurent cinq enfants :

Bibliographie

  • Meindert Evers: Begegnungen mit der deutschen Kultur. Niederländisch-deutsche Beziehungen zwischen 1780 und 1920. Königshausen & Neumann, Würzburg 2006, (ISBN 3-8260-3260-8), S. 33 f.
  • Fr. Förster: Preußens Helden im Krieg und Frieden. Eine Geschichte Preußens seit dem großen Kurfürsten bis zum Ende der Freiheitskriege. Abteilung 2: Neuere und neueste Preußische Geschichte. (Seit dem Tode Friedrich II. bis auf unsere Tage). Band 1 (Band 3 des Gesamtwerkes). Gustav Hempel, Berlin 1851, S. 118 ff.
  • (de) P. L. Müller, « Wilhelmine », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 43, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 232-234

Liens externes

Notes et références

  1. (en) Herbert H. Rowen, Low Countries in Early Modern Times, Palgrave & MacMillan, , 291 p. (ISBN 978-1349006120, lire en ligne), p. 242-243
  2. Auguste Lecœur, Le Duc de Brunswick, le grand adversaire de la France, de Louis XV jusqu'à Napoléon, Librinova, , 614 p. (ISBN 979-1026270287, lire en ligne), « 1787, le tournant de la situation en Hollande »
  3. Ronald Pawly, Wellington's Dutch Allies 1815, Men-at-Arms 371, Osprey, 2002.
  4. Mark Edward Hay, « The Légion Hollandaise d’Orange: Dynastic Networks, Coalition Warfare and the Formation of the Modern Netherlands, 1813–14 », Journal of Low Countries Study, , p. 26-53 (DOI 10.1179/0309656414Z.00000000066)
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