William Dudley Pelley

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 75 ans) Noblesville |
| Nom de naissance |
William Dudley Pelley |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint |
Marion Harriet Stone Pelley (d) |
| Organisation | |
|---|---|
| Parti politique | |
| Genre artistique |
Fiction Journalisme politique |
| Condamné pour |
Sédition (10 chefs d'accusation) Conspiration séditieuse |
| Condamnation |
15 ans de prison |
| Distinction |
William Dudley Pelley, né le 12 mars 1890 à Lynn et mort le 30 juin 1965 à Noblesville, est un activiste fasciste, journaliste, écrivain et occultiste américain.
Enfance
William Dudley Pelley naît à Lynn, dans le Massachusetts, de William George Apsey Pelley et de sa femme Grace (née Goodale), et grandit dans la pauvreté. Son père, William George Apsey Pelley, était pasteur de l'Église épiscopalienne méthodiste, avant de devenir homme d'affaires puis cordonnier[1], et de se convertir en Témoin de Jéhovah au crépuscule de sa vie.
Carrière
Autodidacte, Pelley devint journaliste et se distingua par ses compétences rédactionnelles ; ses articles parurent dans des journaux nationaux tel que le Chicago Tribune. Deux de ses nouvelles reçurent les O. Henry Awards : The Face in the Window (litt. « Le visage à la fenêtre ») en 1920, ainsi que The Continental Angle (litt. « L'angle continental ») en 1930[1]. Il fut engagé par le Methodist Centenary afin d'étudier les missions méthodistes à travers le monde. Il rejoignit la Croix-Rouge en Sibérie, où il assista les Russes blancs lors de la guerre civile russe. L'opposition de Pelley au communisme se développa et il se mit à croire au judéo-bolchevisme[2]. Lorsqu'il retourna aux États-Unis en 1920, Pelley se mit à écrire des romans, en addition au journalisme[2]. Dans les années 1920, ses nouvelles parurent fréquemment au sein des pulps tel que Adventure, ou encore Short Stories, ainsi que des journaux populaires comme The American Magazine et The Red Book. Il se rendit à Hollywood, où il devint scénariste, rédigeant les films de Lon Chaney The Light in the Dark, sorti en 1922, et La Terre a tremblé, sorti en 1923[3]. L'industrie cinématographique le déçut. Ce qu'il considérait comme un traitement injuste de la part des dirigeants de studios juifs augmenta ses inclinations antisémites. Il se rendit à New York, puis à Asheville, en 1932, et commença à faire paraître magazines et essais détaillant son nouveau régime religieux, la « Doctrine de la libération »[2].
Notoriété
Il est connu pour son soutien au dictateur du Troisième Reich Adolf Hitler pendant la Grande Dépression ainsi que durant la Seconde Guerre Mondiale[4].

Pelley gagne en notoriété en tant qu'écrivain, remportant deux O. Henry Awards, ainsi que comme scénariste pour le cinéma américain. Son essai Seven Minutes in Eternity, paru en 1929, marque un tournant dans sa carrière, publié dans The American Magazine comme exemple populaire de ce que l'on appelle plus tard expérience de mort imminente. Son antisémitisme le mène à fonder la Silver Shirts, une ligue paramilitaire fasciste, en 1933. Il se porte candidat à l'élection présidentielle américaine de 1936, représentant le Parti chrétien.
En 1942, le gouvernement américain poursuit Pelley en justice pour sédition et complot séditieux, accusé d'avoir conspiré en vue de provoquer l'insubordination de l'armée ainsi que d'obstruer au recrutement. Il est déclaré coupable et condamné à quinze années de détention en prison fédérale. Pelley est relâché en liberté conditionnelle en février 1950. Comme condition de liberté conditionnelle, il est obligé de mettre fin à ses activités politiques[2].
En 1965, The New York Times qualifia Pelley « d'agitateur sans partisans importants »[5].
Occultisme
En mai 1928, Pelley gagna en notoriété après avoir déclaré avoir vécu trois expériences de hors-corps au sein desquelles il voyagea dans d'autres niveaux d'existence dépourvus d'âmes corporelles[6]. La première prit place lorsque Pelley était seul dans une cabine à Altadena[6]. Il décrivit cette expérience au sein de l'article "My Seven Minutes in Eternity", paru dans The American Magazine en mai 1929, puis publié en ouvrage en 1933. Dans d'autres écrits, il qualifia l'expérience de "hypodimensionnelle"[7].
La seconde eut lieu lorsqu'il était chez lui en train de lire un essai de Ralph Waldo Emerson[6]. La troisième se produisit au Nouveau-Mexique, lorsqu'il était seul au sein d'une voiture d'un train, une fois encore lorsqu'il lisait Emerson[6]. Il rédigea qu'au cours de ce dernier événement, il rencontra Dieu ainsi que Jésus, lui ordonnant d'entreprendre la transformation spirituelle de l'Amérique.
Il déclara ensuite que ces expériences lui permettait de léviter, de voir à travers les murs, ainsi que d'avoir des expériences de hors-corps à son gré. Il déclara également qu'ils retirèrent ses penchants pour l'alcool, le tabac, et la caféine, aussi bien que la guérison de certaines maladies physiques, tel que l'indigestion[6].
Ses écrits métaphysiques accrurent grandement sa visibilité publique. Certains membres primitifs de la religion originale des enseignements des Maîtres Ascensionnés, le mouvement I AM (litt. JE SUIS), furent recrutés à partir des membres de l'organisation de Pelley, la Silver Shirts. Le régime religieux de Pelley mélangeait théosophie, spiritualisme, Rose-Croix et pyramidologie. Il le considéra comme étant une forme parfaite du christianisme, dans lequel les "Âmes Noires" (les juifs, les communistes et les papistes) représentèrent les forces du mal[2].
Activisme politique
Lorsque la Grande Dépression frappa l'Amérique en 1929, Pelley devint militant politique. Après avoir déménagé à Asheville, Pelley fonda l'Université Galahad en 1932. L'université se spécialisa dans la formation à distance, concernant la « Métaphysique sociale », ainsi que l'« Économie chrétienne ». Il fonda aussi Galahad Press, qu'il employa afin de faire paraître de nombreux magazines politiques et métaphysiques, des journaux, ainsi que des ouvrages — la plupart ayant été écrits par Pelley, déclarant les avoir transcrits d'âmes d'une autre dimension[6]. La maison d'édition ainsi que l'université firent toutes deux faillite en une année[6].
Le , Adolf Hitler devient chancelier du Troisième Reich. Pelley, admirateur d'Hitler, fonda les Silver Shirts, une organisation antisémite dont les membres, connus sous le nom de Chemises d'argent et Patriotes chrétiens, portaient des chemises d'uniforme argentées de style nazi[1]. Leur insigne était un L écarlate, imprimée sur leurs drapeaux et leurs uniformes. Ils portèrent également des cravates bleues, des pantalons en velours côtelé, ainsi que des bandes molletières[6]. Pelley préférait se faire appeler « Chef » des Chemises d'argent[6]. Le biographe Scott Beekman fit remarquer que Pelley fut « l'un des premiers Américains à créer une organisation célébrant l'œuvre d'Adolf Hitler »[1].
Pelley voyagea à travers les États-Unis, organisant des meetings, des conférences, ainsi que des discours publics. Il fonda des branches des Silver Shirts dans la quasi-totalité des États du pays[1]. Le nombre de membres atteignit 15 000 en 1935, puis chuta en-dessous de 5 000 en 1938[2]. Son idéologie politique consistait en l'anticommunisme, l'antisémitisme, le patriotisme, le corporatisme, l'isolationnisme, ainsi que l'anglo-israélisme, des thèmes étant les premiers centres d'attention de ses nombreux magazines et journaux, y compris Liberation, Pelley's Silvershirt Weekly, The Galilean, Silver Legion Ranger, et The New Liberator.

Dans son ouvrage marquant No More Hunger, William Pelley appela à des politiques économiques radicalement populistes, tel un revenu universel de $1000 pour l'année (plus de $24000 en 1933) versé à tout citoyen blanc, une interdiction d'héritage sauf pour les foyers, ou un salaire limité à $100000 pour l'année. Il appela à l'esclavage des Afro-Américains, ainsi qu'à la stérilisation et la ghettoïsation des juifs[8].
La popularité de Pelley s'accrut au cours des années 1930[9]. Sinclair Lewis le mentionna dans son roman Impossible ici, paru en 1935, concernant une prise de pouvoir fasciste des États-Unis. Pelley a été loué par le chef du mouvement fictionnel comme précurseur important.
Pelley s'opposa à Franklin Delano Roosevelt ainsi qu'au New Deal, déclarant qu'il faisait partie d'un complot juif dans le but de contrôler le gouvernement américain[6]. Pelley fonda le Parti chrétien en 1935, et s'engagea dans une campagne infructueuse en tant que candidat à l'élection présidentielle américaine de 1936, n'ayant obtenu que 1 600 votes[2]. Il parlait souvent de protéger la constitution américaine[6]. Il proposait également de transformer les États-Unis en société, où chaque citoyen blanc chrétien fut actionnaire[6].
Il entra en conflit avec le prédécesseur de la Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants de la Chambre des représentants des États-Unis[1].
Malgré de sérieux revers financiers et matériels au sein de son organisation ayant provoqué de longues batailles judiciaires, Pelley s'opposa toujours à Roosevelt, en particulier dans le domaine des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'empire du Japon, et la tension au sein de l'Allemagne nazie devint palpable au début des années 1940[pas clair]. Pelley accusa Roosevelt d'être belliciste et préconisa l'isolationnisme. Roosevelt ordonna à J. Edgar Hoover ainsi qu'au FBI d'enquêter sur Pelley. Par la suite, le FBI interrogea les abonnés des journaux et magazines de Pelley[1].
Bien que l'attaque de Pearl Harbor en décembre 1941 menât Pelley à dissoudre les Silver Shirts, il poursuivit ses attaques contre le gouvernement au sein de son magazine, Roll Call, ce qui alarma Roosevelt, le procureur général Francis Biddle, ainsi que la Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants[10]. Après avoir déclaré dans un numéro de Roll Call que la dévastation de l'United States Pacific Fleet à Pearl Harbor était pire que ce que le gouvernement avait affirmé, Pelley fut arrêté au sein de sa nouvelle base d'opérations à Noblesville, puis, en avril 1942, il fut chargé de douze chefs d'accusation de sédition. Sa secrétaire et future femme, Agnes Marion Henderson, son rédacteur en chef, Lawrence A. Brown, ainsi que sa société d'édition, Fellowship Press Incorporated, furent également inculpés. Une charge contre Pelley n'a pas été retenue, en revanche, il fut reconnu coupable des onze autres charges, principalement pour avoir fait des déclarations séditieuses, avoir obstrué le recrutement militaire, ainsi qu'avoir fomenté la révolte au sein de l'armée. Henderson et Brown furent tous deux acquittés de tous les chefs d'accusation, sauf pour l'accusation de complot séditieux. Fellowship Press a également été reconnue coupable. Le juge condamna Pelley à quinze ans de prison, Brown à cinq ans de prison, et Henderson à une peine avec sursis de deux ans. Il imposa également une amende de $5000 à Fellowship Press.
Après avoir passé huit années en prison, Pelley eut droit à une liberté conditionnelle en février 1950[5]. Tandis qu'il était encore en prison, il fut l'un des 30 accusés du « Procès pour sédition de masse » (Mass Sedition Trial) des sympathisants nazis, qui s'acheva sur l'annulation du procès à la suite du décès du juge, Edward Clayton Eicher, en novembre 1944[2].
Fin de vie
Lors de ses dernières années de vie, Pelley fit face aux charges de fraudes à la Ponzi ayant été portées contre lui tandis qu'il résidait à Asheville[11].
Les termes de la liberté conditionnelle de Pelley stipulèrent qu'il demeure dans le centre de l'Indiana, et qu'il cesse toute activité politique[2]. Il développa une philosophie religieuse élaborée qu'il appela "Soulcraft" basée sur sa croyance aux objets volants non identifiés ainsi qu'en la vie extraterrestre, et publia Star Guests en 1950[12]. Pelley mourut chez lui à Noblesville, le 30 juin 1965[5]. Il est enterré au Cimetière de Crownland, à Noblesville[13].
Filmographie
Scénariste
- 1917 : A Case at Law d'Arthur Rosson
- 1919 : One-Thing-At-a-Time O'Day de John Ince
- 1920 : What Women Love de Nate Watt
- 1922 : The Light in the Dark de Clarence Brown
- 1922 : Back Fire d'Alan James
- 1923 : The Fog de Paul Powell
- 1923 : As a Man Lives de J. Searle Dawley
- 1923 : Her Fatal Millions de William Beaudine
- 1923 : La Terre a tremblé de Lambert Hillyer
- 1924 : Ladies to Board de John G. Blystone
- 1924 : The Sawdust Trail d'Edward Sedgwick
- 1924 : Torment de Maurice Tourneur
- 1927 : The Ladybird de Walter Lang
- 1927 : The Sunset Derby d'Albert S. Rogell
- 1929 : Come Across de Ray Taylor
- 1929 : Drag de Frank Lloyd
- 1929 : Courtin' Wildcats de Jerome Storm
Articles connexes
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « William Dudley Pelley » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Scott Beekman, William Dudley Pelley : A Life in Right-Wing Extremism And the Occult, Syracuse University Press, , 269 p. (ISBN 978-0-8156-0819-6, lire en ligne).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Scott Beekman, « Pelley, William Dudley », dans American National Biography, New York, Oxford University Press, .
- ↑ « William Dudley Pelley »
, sur IMDb. - ↑ (en) William Choi, « The American Hitler Comes to Washington » [« L'Hitler américain arrive à Washington »]
, . - 1 2 3 (en) « William Dudley Pelley, 75, Dies;I Founded Fascist Silver Shirts », The New York Times, (lire en ligne
). - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (en) Rachel Maddow, Prequel : An American Fight Against Fascism [« Préquelle : un combat américain contre le fascisme »], , 416 p. (ISBN 978-0-593-44451-1)
- ↑ (en) Alex Abella, Shadow Enemies : Hitler's Secret Terrorist Plot Against the United States [« Ennemis de l'ombre : le complot terroriste secret d'Hitler contre les États-Unis »], , 320 p. (ISBN 9781585747221)
- ↑ (en) William Dudley Pelley, No More Hunger, Trafford Publishing, (1re éd. 1933), 236 p. (ISBN 978-1426951114, lire en ligne).
- ↑ (en) David Lobb, « Paper presented at the 4th Annual Conference of the Center for Millennial Studies : Fascist Apocalypse: William Pelley and Millennial Extremism »
[PDF], . - ↑ (en) « The Press: Strange Doings in Noblesville »
, sur Time, . - ↑ (en) Steven Baum, Neil Kressel, Florette Cohen et Steven Leonard Jacobs, Antisemitism in North America : New World, Old Hate, vol. 26, Brill, , 475 p. (ISBN 9789004307148, lire en ligne)
- ↑ (en) Will Schultz, « William Dudley Pelley (1885-1965) »

- ↑ (en) « The Noblesville Ledger from Noblesville, Indiana • 6 », The Noblesville Ledger, , p. 6
Liens externes
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