Yasser Abu Shabab

Yasser Abou Shebab
Naissance
Rafah
Origine Palestinien
Commandement Drapeau de la Palestine Forces populaires
Conflits Guerre de Gaza

Yasser Abou Shebab, né le 19 décembre 1993 à Rafah, est le chef de la milice « Forces populaires », une organisation criminelle palestinienne impliquée dans le détournement de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza et soutenue par Israël[1].

Biographie

Yasser Abou Shebab est issu du clan des Abou Shebab de la tribu des Tarabin, une grande famille bédouine de Rafah, aussi présente dans le Néguev et dans le Sinaï[2],[3]. Emprisonné à plusieurs reprises pour des infractions pénales[3], notamment le trafic de drogue[4], il est libéré au début de la guerre de Gaza lorsque les prisons ont commencé à être bombardées par l'armée israélienne[5].

Un responsable de la sécurité israélienne a déclaré au journal israélien Yedioth Ahronoth que les activités principales du gang étaient « la contrebande, la prostitution et l'extorsion »[6]. Selon Samuel Forey, journaliste au Monde : « Il est réputé être un criminel de modeste envergure et un trafiquant de drogue »[2].

Il se fait connaitre comme le chef d’un important gang impliqué dans des attaques armées sur des convois d’aide humanitaire survenues entre octobre 2024 et janvier 2025[3]. Il arrive que des chauffeurs soient tués dans ces attaques, et les cargaisons volées sont ensuite vendues sur le marché noir[7]. Le gang compterait entre 100 et 200 membres en 2025 et bénéficie de la protection de l'armée israélienne. Il opère depuis des zones de Rafah contrôlées par l'armée israélienne et interdites à la population palestinienne[3]. Il arrive aussi que l'armée israélienne ouvre le feu sur les escorteurs civils non armés accompagnant les convois ou les policiers palestiniens, facilitant ainsi les activités du gang[3].

Le Hamas crée en une force appelée « Flèche » pour combattre les pilleurs mais elle ne peut pas intervenir dans les zones occupées par Tsahal[7]. Yasser Abou Shebab survit en novembre 2024 à une attaque du Hamas dans laquelle son frère et neuf autres membres de son groupe sont tués. La famille de Yasser Abou Shebab prend officiellement ses distances avec lui dans un communiqué[5].

En mai 2025 le gang se fait appeler « Forces populaires » ou « Service antiterroriste » et prétend sécuriser les convois d'aide humanitaire et combattre le terrorisme[2],[5]. Yasser Abu Shebab se réclame alors de l'Autorité palestinienne[8]. Cette dernière dément tout lien avec ce groupe[9].

L'historien Jean-Pierre Filiu remarque que ce « gang opère sous les yeux de l’armée israélienne, peu après le passage de Kerem Shalom, et il est doté d'armes flambant neuves, un indice irréfutable de sa collaboration avec les occupants »[10],[2].

Le 5 juin 2025, l'opération secrète d'armement de la milice de Yasser Abou Shebab, selon les instructions du Premier ministre d'Israël Benyamin Netanyahou, est dévoilée par l'ex-ministre israélien Avigdor Lieberman[2]. Lieberman reprend les accusations de l'ONU[11] et accuse alors le gouvernement israélien de transférer des armes « à des groupes de voyous et de criminels qui s’identifient à l'Etat islamique »[2],[12]. Cependant, l'accusation d'affiliation d'Abou Shebab à l’État islamique n'est pas prouvée selon le journal Le Monde[2], même si « comme au nord-Sinaï, il y a une intersection entre les liens claniques, les réseaux criminels et les groupes djihadistes », analyse l’European council for foreign relations[2]. Netanyahou reconnaît, « sur les conseils des responsables de la sécurité », avoir « dirigé des clans à Gaza qui s’opposent au Hamas », mais il ne fait pas mention de livraison d'armes[8],[2]. Yasser Abou Shebab nie quant à lui avoir reçu des armes d'Israël[8].

Notes et références

  1. (en) « «Ils veulent délibérément créer le chaos»: à Gaza, le soutien d'Israël à des groupes criminels n'étonne personne », rfi, (lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Samuel Forey, A Gaza, Israël promeut des milices anti-Hamas liées à des réseaux criminels, Le Monde, 7 juin 2025.
  3. 1 2 3 4 5 Enzo Quenescourt, « A Gaza, le rôle trouble de Yasser Abu Shabab, chef de gang et pillard, accusé d’opérer avec l’aval de l’armée israélienne », sur Libération (consulté le )
  4. « Tribu bédouine, « gang criminel »… Qu’est-ce que le clan opposé au Hamas à Gaza, à qui Israël a reconnu donner des armes ? », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  5. 1 2 3 « Que sait-on sur Yasser Abu Shabab, l’homme accusé de pillage à Gaza ? », sur Les Observateurs - France 24, (consulté le )
  6. 'No guarantee weapons won't target troops': Inside Israel's operation to arm Gaza militia, Ynet
  7. 1 2 Samuel Forey, « A Gaza, le pillage de l’aide humanitaire sous l’œil de l’armée israélienne », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  8. 1 2 3 Gautier Cruchaudet, Gaza : Netanyahou affirme avoir armé une milice opposée au Hamas, Le Figaro, 7 juin 2025.
  9. « Gaza : L'Autorité palestinienne nie tout lien avec la milice armée qui pille l'aide humanitaire », sur www.aa.com.tr (consulté le )
  10. « « Je suis à peine de retour que me submerge déjà la tragédie de ce territoire assiégé » : l’historien Jean-Pierre Filiu raconte son séjour à Gaza », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  11. Stanislas Vasak, « Israël financerait un groupe criminel armé dans la bande de Gaza », France culture, (lire en ligne, consulté le )
  12. (en) Jonathan Lis et Nir Hasson, « Netanyahu Says Israel Fighting Hamas 'In Various Ways' Amid Claims It Armed ISIS-affiliated Gaza Militia », Haaretz, (lire en ligne, consulté le ).
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