Annexe:Grammaire française:La postposition du sujet « je »
Principe
- Dans les phrases avec inversion du sujet je (surtout interrogatives ou interronégatives), si le verbe se termine naturellement par un e caduc — à la première personne du singulier du présent de l’indicatif ou de l’imparfait du subjonctif (et plus-que-parfait conjugué avec avoir dans « eussé-je » + participe passé) —, celui-ci est accentué ; l'orthographe reflète alors cette accentuation, le e final se voyant doté d'un accent aigu (orthographe traditionnelle) ou grave (rectifications orthographiques de 1990).
Orthographe traditionnelle
- Le e final devient é.
- Cette règle est optionnelle lorsque le e final est précédé d’une voyelle.
- Prié-je ? Prie-je ?
- Verbes du 1er groupe (première personne du singulier du présent de l’indicatif) Dans le cas des verbes du premier groupe la forme postposée est égale au participe passé.
- Dansé-je aussi bien que lui ?
- Langue de l’exemple manquante !
- Ne vous embarrassé-je pas plus encore que je ne vous surprends ? — (Crébillon fils, La Nuit et le Moment, 1755, page 2)
- Dans le cas des verbes du premier groupe présentant au présent de l’indicatif une altération du radical, la forme postposée est égale au participe passé.
- Langue de l’exemple manquante !
- Verbes du 3e groupe (première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif)
- Coûtât-il tout le sang qu’Hélène a fait répandre,
Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre,
Je ne balance point, je vole à son secours. — (Jean Racine, Andromaque, acte I, scène IV, 1667) - Que ne puissé-je être alors un Pholégandrien ou un Sicinite et non plus un Athénien ! Que ne puissé-je avoir changé de patrie ! — (Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque, chapitre VIII, 1875)
- Or veuillé-je raconter et retourner aux messages d’Angleterre. — (Jean Froissart, Les Chroniques de Sire Jean Froissart, livre I, partie I, chapitre LXV, 1867, page 60)
- Coûtât-il tout le sang qu’Hélène a fait répandre,
- Verbes auxiliaires être et avoir (première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif)
- Langue de l’exemple manquante !
- Pourquoi eussé-je cru qu’Albertine n’aimait pas les femmes ? — (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, 1913–1927)
Orthographe de 1990
- Le e final devient è.
- Cette règle est optionnelle lorsque le e final est précédé d’une voyelle.
- Priè-je ? Prie-je
- Verbes du 1er groupe (première personne du singulier du présent de l’indicatif)
- Dansè-je aussi bien que lui ?
- Langue de l’exemple manquante !
- Langue de l’exemple manquante !
- Verbes du 3e groupe (première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif)
- Langue de l’exemple manquante !
- Verbes auxiliaires être et avoir (première personne du singulier de l’imparfait du subjonctif)
- Langue de l’exemple manquante !
- Langue de l’exemple manquante !
- Enfin, dans le cas des verbes se terminant en e*er ou é*er (où * désigne une consonne ou groupe de consonnes), la forme de l’inversion suit le participe passé.
- Langue de l’exemple manquante !
Anciennement
- Entre le XVe et le XVIIIe siècles (en moyen français), on a également utilisé des formes en -ai ou -ay au lieu de -é, et parfois jusqu’au XXe siècle par archaïsme.
- espérai-je, puissai-je, dussai-je, dussay-je
- Avant le XVe siècle, cette terminaison était en -oy dans les langues d’oïl (dont le vieux français, ainsi que le vieux picard, le picard actuel ayant conservé la trace de cette ancienne prononciation), à une époque où on n’écrivait pas encore les accents pour différencier les sons effectivement prononcés.
- esperoy-je (vieux français, ou françoys) → esperay-je (français moyen archaïque ou françois) → espéray-je (français moyen ou françays) →espérai-je (français moyen vers 1450 ou français) → espéré-je \ɛs.pe.ʁeʒ\ (français moderne vers 1750, orthographe normalisée par l’Académie française) puis souvent\ɛs.pe.ʁɛʒ\ avec la même orthographe (vers 1970) → espérè-je \ɛs.pe.ʁɛʒ\ (orthographe rectifiée de 1990). Les dates de transition varient suivant les régions, et les accents régionaux d’origine des auteurs ou leur âge d’apprentissage de la grammaire française dans l’enseignement officiel en France.
Références
- Maurice Grevisse, André Goosse, Le Bon Usage, Duculot, 1993, ISBN 2801114049
- François Joseph Michel Noël, Charles Pierre Chapsal, et (Gabriel ?) Taillefer, Nouvelle Grammaire française, 1836
- Auguste Thibaudin, Le Dictionnaire des verbes entièrement conjugués, 1869
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