Au chevalier Jacques de Farcy, propriétaire du château de Villiers, qui demande aux insurgés de ne point aller perdre la vie pour cette baraque, les paysans répondent qu'après les châteaux des nobles, ce seront leurs métairies qui seront incendiées par les patriotes. Ils décident donc de poursuivre leur action punitive et se dirigent vers le Bourgneuf.
Un des agents de La Rouërie, Jean-Louis Gavard, secondé par Jean Chouan[2], prend alors la tête des insurgés. Les paysans se lancent aussitôt à la poursuite des gardes nationaux, qu'ils rattrapent au Bourgneuf-la-Forêt le soir[3]. La charge menée par les frères Pinçon met rapidement en déroute les gardes nationaux qui abandonnent leur butin et laissent 18 morts sur le terrain[1]. La municipalité du Bourgneuf[4], perturbée par les événements ignore le nom des morts qui ne sont pas du village[5]. L'une des victimes est Pierre Gandon[6], un dixième mort est Pierre Babin[7].
L'embuscade est suivie le lendemain par une échauffourée entre les chouans et la force armée de Laval qui venait pour réprimer l'insurrection. Elle fut reçue à l'étang de la Chaîne par une fusillade à laquelle Jean Chouan ne prit aucune part, s'étant déjà réfugié en Bretagne, avec les frères Pinçon, de Bourgon. Cet accrochage fait deux morts parmi les insurgés[8]; et un blessé[9].
Abbé Gaugain, Histoire de la Révolution dans la Mayenne, tome 1, p.423.;
Christian Le Bouteiller, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères,
Notes et références
1 2 Christian Le Bouteiller, La Révolution dans le pays de Fougères, p.147-149.
↑ Il prenait les ordres de Gavard, connu seulement de quelques-uns des chefs. Telle est la version officielle de la légende des chouans. Pour qui connaît les lieux, un simple maire ne pouvait faire preuve de tant de qualités stratégiques. L'endroit est particulièrement bien choisi: la troupe doit passer sur un pont très étroit, sans possibilité de passer au nord (dans l'étang) ni au sud (en bordure du bois de Misedon et dans les marécages.) Le stratège sera reconnu officiellement un an plus tard, en septembre 1793: il s'agissait de Charles Gaspard Elisabeth Joseph de Bailly, supposé émigré, mais que même la rumeur publique disait réfugié dans la région. (Archives Départementales de la Mayenne, L.2043).