Combats de Jaramana et Sahnaya
| Date | - |
|---|---|
| Lieu | Jaramana, Sahnaya (en) et Ashrafiyat Sahnaya (en) |
| Issue | Cessez-le-feu |
Inconnues |
Inconnues Forces aériennes |
28 à 30 morts au moins[1],[2] |
47 à 61 morts au moins[1],[2] Aucune |
Batailles
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- Côte syrienne
- Jaramana et Sahnaya
| Coordonnées | 33° 29′ 00″ nord, 36° 21′ 00″ est | |
|---|---|---|
|
Les combats de Jaramana et Sahnaya se déroulent du au pendant la guerre civile syrienne. Ils opposent les forces gouvernementales et des ex-rebelles à des milices druzes dans les villes de Jaramana, Sahnaya (en) et Ashrafiyat Sahnaya (en).
Prélude
Au début de l'année 2025, la Syrie connait une montée de violences communautaires[4]. En mars, la ville de Jaramana, dans la banlieue est de Damas, est le théâtre d'une fusillade entre ex-rebelles et miliciens druzes[4]. Israël se pose alors en protecteur de la communauté druze et menace d'intervenir militairement[4].
Fin avril, de nouveaux affrontements sont provoqués par la diffusion d'un message audio sur WhatsApp traitant le prophète Mahomet de « maudit » et ses disciples de « porcs »[4],[5]. L'enregistrement est attribué à Marwan Kiwan, un clerc druze, bien que celui-ci nie en être à l'origine[4],[5]. Des appels à la haine contre les druzes circulent alors massivement sur les réseaux sociaux[5].
Déroulement
Malgré l'annonce d'une enquête par le ministère de l'Intérieur et les appels au calme du gouvernement, la situation dégénère[5]. Le , peu après minuit, des centaines d'hommes armés et cagoulés font irruption dans la ville de Jaramana et ouvrent le feu sur les miliciens druzes[4],[5],[6]. Après quelques escarmouches au cours de la nuit, les affrontements s'intensifient au lever du jour[4]. Les combats s'étendent ensuite à Sahnaya (en) et Ashrafiyat Sahnaya (en), deux villes à majorité druze situées à 12 kilomètres au sud-ouest de Damas[4]. Des ex-rebelles et des miliciens druzes venus d'autres régions viennent ensuite prendre part aux affrontements[5]. Le ministère syrien de l'Intérieur fait alors état d'affrontements opposant « des groupes armés » et annonce le déploiement des forces de sécurité « pour protéger les habitants » et « rétablir l’ordre »[6]. En fin de journée, un accord entre le gouvernement de Damas et les chefs druzes est annoncé[5],[7].
Le calme revient alors à Jaramana mais les combat reprennent le lendemain à Sahnaya[7],[4]. Le même jour, un convoi de miliciens druzes venus de Soueïda et en route pour Sahnaya est attaqué par les forces de sécurité[5]. Un nouvel accord est ensuite conclu à Sahnaya, autorisant notamment les milices druzes à assurer la sécurité dans leurs territoires en échange de la remise d'armement lourd[6].
Des violences atteignent cependant le gouvernorat de Soueïda[2]. Dans le village d'al-Soura al-Kubra, près de la ville de Soueïda, un lieu de culte est saccagé et brulé, tandis que le mausolée du général assadiste Issam Zahreddine est mis à sac et sa maison incendiée[2].
Le 30 avril, Israël mène des frappes aériennes autour de Sahnaya[5],[8]. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et son ministre de la Défense, Israël Katz qualifient l’opération d'« action d’avertissement » contre un « groupe extrémiste qui se préparait à attaquer la population druze de Sahnaya »[5]. Le ministère syrien des Affaires étrangères exprime « son rejet catégorique de toute ingérence étrangère » et déclare que « la République arabe syrienne réaffirme son engagement ferme à protéger toutes les composantes du peuple syrien sans exception, y compris les membres de la communauté druze, qui a toujours été et reste une partie intégrante du tissu national »[8].
Le matin du , Israël effectue une nouvelle frappe aérienne aux abords du palais présidentiel de Damas[9]. Puis, dans la nuit du 2 au , il mène plus de 20 frappes contre des sites militaires à travers le pays, dans les environs de Deraa, Damas, Hama et Homs[10]. Selon l'agence SANA, elles causent la mort d'un civil à Harasta, au nord-ouest de Damas[10].
Le , des hélicoptères israéliens se posent au sud de Soueïda pour acheminer des aides militaires et médicales aux milices druzes et emmener des blessés druzes vers Israël[6].
Réactions
Le ministère de la Justice déclare qu'il « ne tolérerait aucune attaque contre le prophète » Mahomet mais souligne que le recours à la justice est « le seul moyen légitime » et appelle les habitants à « s'abstenir de tout discours haineux », sous peine de sanctions[6].
Les plus hauts dignitaires druzes lancent quant à eux un appel au calme[6]. Cependant, l'un d'entre-eux, le cheikh Hikmat al-Hajri, se montre plus virulent et dénonce une « campagne génocidaire » contre sa communauté : « Nous ne faisons plus confiance à une entité qui prétend être un gouvernement, a-t-il lancé. Un gouvernement ne tue pas son peuple en recourant à ses propres milices extrémistes, puis, après les massacres, prétend que ce sont des éléments incontrôlés »[5],[7].
Cependant la communauté druze se montre divisée[2]. Un autre cheikh, Laith al-Balous, se montre plus conciliant envers le nouveau pouvoir[6].
Le , le leader druze libanais Walid Joumblatt appelle les membres de sa communauté en Syrie à « rejeter toute ingérence israélienne »[5]. Un mois plus tôt, celui-ci avait accusé Israël d'instrumentaliser les druzes de Syrie : « Israël continue de vouloir appliquer son plan de toujours (…) consistant à morceler la région en entités confessionnelles et étendre le chaos »[7]. Le , il est reçu à Damas par Ahmed al-Charaa[10].
Le même jour, le mufti de Syrie, Oussama al-Rifaï, lance également un appel au calme : « Frères syriens, méfiez-vous de la discorde, car on en connaît le début, mais nul ne sait comment elle se termine. […] Si la discorde se répand dans notre pays […] nous serons tous perdants »[8].
La France condamne « les violences confessionnelles meurtrières à l'encontre des druzes en Syrie » et enjoint « Israël à ne pas conduire d’actions unilatérales susceptibles d’aggraver les tensions communautaires »[7],[5].
La Turquie appelle également Israël à cesser ses frappes[8].
Bilan humain
Au , le bilan est d'au moins 101 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), dont 30 combattants pro-gouvernementaux, 61 combattants druzes, neuf hommes druzes exécutés et un civil druze tué par un obus de mortier[3],[1]. Selon l'OSDH, quatre combattants druzes sont également tué le par une frappe de drone dans le gouvernorat de Soueïda[10]. Le , le journaliste Wassim Nasr donne quant à lui un bilan de 28 morts pour les forces de sécurité, 47 morts pour les miliciens druzes et 18 morts chez les civils, dont 14 pendant les combats et 4 victimes de frappes de drones israéliens[2].
Vidéographie
- [vidéo] Affrontements communautaires : comprendre ce qu'il se passe avec les Druzes en Syrie, France 24, 5 mai 2025.
Notes et références
- 1 2 3 "Campagne génocidaire", affrontements religieux, Israël… Tout comprendre aux violences en Syrie, L'Express avec AFP, 1er mai 2025.
- 1 2 3 4 5 6 7 [vidéo] Affrontements communautaires : comprendre ce qu'il se passe avec les Druzes en Syrie, France 24, 5 mai 2025.
- 1 2 9 حالات إعدام ميداني و92 قتيلا خلال الاشتباكات والكمائن.. ارتفاع العدد الإجمالي للتوترات الطائفية في السويداء وريف دمشق إلى 101, OSDH, 1er mai 2025.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Nissim Gasteli,En Syrie, des affrontements dans des villes druzes autour de Damas font craindre de nouvelles violences communautaires, Le Monde, 30 avril 2025.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 Célian Macé, En Syrie, les Druzes visés par une vague de violences au sud de Damas, Libération avec AFP, 1er mai 2025.
- 1 2 3 4 5 6 7 Syrie: 14 morts dans des heurts confessionnels près de Damas, France 24 avec AFP, 29 avril 2025.
- 1 2 3 4 5 Syrie: plus de 100 morts en deux jours de violences à caractère confessionnel, un chef druze dénonce des «massacres», RFI avec AFP, .
- 1 2 3 4 Syrie: Israël bombarde les environs de Damas, estimant «protéger les druzes», RFI, 30 avril 2025.
- ↑ Israël bombarde les abords du palais présidentiel syrien, Damas accusé de «génocide» des Druzes, RFI, 2 mai 2025.
- 1 2 3 4 Plus de 20 frappes israéliennes à travers la Syrie, "les plus violentes" cette année (ONG), AFP, 3 mai 2025.
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