Filles de la Providence de Saint-Brieuc

Filles de la Providence de Saint-Brieuc
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale
par Pie XII
Institut congrégation religieuse
Type apostolique
Spiritualité école française de spiritualité
But enseignement, soin des malades
Structure et histoire
Fondation
Saint-Brieuc
Fondateur Jean-Marie de La Mennais
Abréviation F.d.L.P
Liste des ordres religieux

Les Filles de la Providence de Saint-Brieuc (en latin : Congregatio Filiarum A Providentia) forment une congrégation religieuse féminine enseignante et hospitalière de droit pontifical.

Marie Connan, 1re supérieure de la congrégation
Une des plaques du monument dédié aux femmes des communautés enseignantes, dont les Filles de la Providence (ville de Québec)

Histoire

En 1816, Jean-Marie de La Mennais (1780-1860) alors vicaire général à Saint-Brieuc organise une mission. Après celle-ci, il établit une association sous le vocable de l'Immaculée Conception pour des jeunes filles appartenant surtout aux classes aisées de la société. Parmi elles, trois jeunes filles (Marie-Anne Cartel, Marie Conan et Fanny Chaplain[N 1]) apprennent le catéchisme et donnent un enseignement aux petites filles[3],[4].

Elles font ensemble une consécration la nuit du 25 décembre 1818. L'acte est signée le 31 décembre suivant par les trois associées et Esther Beauchemin, qui venait de se joindre au groupe. Elles choisissent de suivre la règle des Filles du Cœur de Marie car cet institut permet de se consacrer à Dieu sans habit religieux et de continuer à vivre dans le monde sans qu'il soit nécessaire de changer de mode de vie or Marie-Anne Cartel et Fanny Chapelain ne peuvent pas encore quitter leur famille. La Mennais confie leur formation religieuse à Mme Pouhaër, supérieure des Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve[5]. Elles prononcent leurs vœux le 15 août 1819 avec Marie Conan comme supérieure[4].

L'école continue à prospérer avec une rapidité imprévue. Le Père de la Mennais décide d’acheter une partie de l'enclos de l'ancien couvent des Ursulines qui est en vente en 1820. Les sœurs intègrent le bâtiment le 11 octobre de la même année. Le 25 mars de l'année suivante, les sœurs reçoivent leurs constitutions des mains du fondateur et prononcent leurs vœux[6]. En 1832, elles forment Pélagie Lebreton de Maisonneuve (1789-1874), future fondatrice des Sœurs de l'Immaculée Conception de Saint-Méen sous le nom de Mère Saint-Félix[7]. La congrégation est approuvée civilement le 2 octobre 1838 par une ordonnance de Louis Philippe[8]. Un décret du 7 avril 1877 la reconnaît comme congrégation enseignante et hospitalière à supérieure générale sous réserve qu'elle se conforme aux statuts des Filles du Saint-Esprit[9].

En 1897, six sœurs arrivent dans l'actuelle province du Saskatchewan (Les provinces de Saskatchewan et d'Alberta sont créées en 1905) à l'invitation d'Albert Pascal, évêque de Prince Albert. Il est décidé que trois sœurs restent à Prince-Albert et que les trois autres partent pour Saint-Louis. Elles fondent ensuite à Domremy (1903), Prud'homme (1905), Vegreville en Alberta (1906), Vonda (1923), Saint Brieux (1924), Saint-Front et Périgord (1933-1935) Léoville (1937), Victoire (1950) et Saskatoon (1957). Elles y enseignent surtout auprès de la population francophone des Fransaskois et des jeunes métis et autochtones[10].

Elles s'établissent au Québec en 1947 grâce à Paul-Ernest-Anastase Forget, 1er évêque du diocèse de Saint-Jean–Longueuil, qui recherche des communautés religieuses pour le jeune diocèse. Les Sœurs sont envoyées dans la ville de Jacques-Cartier (aujourd'hui rattachée à Longueuil) où elles enseignent d'abord à l'école Saint-Ernest, puis à l'école Marie-de-Neuville (1950), l'école Jeanne Le Ber[11](1952) ainsi qu'à l'école Providence de Saint-Luc de Saint-Jean-sur-Richelieu (1952). En 1950, elles font construire un noviciat et le pensionnat Notre-Dame-de-Lourdes à Longueuil[12]. La congrégation est mentionnée, parmi d'autres, sur une des plaques du monument dédié aux communautés religieuses enseignantes, situé près du monastère des Ursulines de Québec[13],[14].

En 1903, les expulsion de congrégations par le gouvernement français inquiètent les sœurs qui décident de fonder à Tottenham en Angleterre (aujourd'hui dans le borough londonien de Haringey). Alors qu'elles embarquent le 22 août 1903 à Saint-Malo pour se rendre à destination, elles rencontrent le curé de Chipping Norton dans l'Oxfordshire, qui venait de passer un congé en Bretagne. Il prend alors contact avec la supérieure générale pour que des sœurs vienne enseigner dans sa paroisse de l'archidiocèse de Birmingham située près d'Oxford où les sœurs pourraient étudier. L'école est fermée en 1916 et remplacée par une autre congrégation. Le 27 février 1905, le curé de Wood Green demandent aux sœurs de Tottenham de venir dans sa paroisse pour enseigner dans une école. Elles quittent Tottenham le 14 juin 1905. En 1930, une école est ouverte à Rye qui déménagent en 1936 à Sompting, située en bordure de mer. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le nombre d'élèves diminuent car les familles partent à l'intérieur des terres par crainte d'attaque maritime, et beaucoup ne reviennent pas à la fin de la guerre. En 1949, il est donc décider de partir pour Woking où elles créent une école[15].

L'institut reçoit le décret de louange le et l'approbation finale par le Saint-Siège le [16].

Activités et diffusion

Les sœurs se consacrent à l'enseignement et au soin des malades.

La maison-mère se trouve à Rennes.

En 2017, la congrégation comptait 57 sœurs dans 7 maisons[17].

Notes et références

Notes

  1. Marie-Anne Cartel est née le 4 juin 1773 dans une famille nombreuse. Elle est la fille de Charles-François Cartel, médecin, et de Marguerite-Marie Pastol. Dès son âge, elle est sensible à la pauvreté environnante et entreprend, avec son amie mademoiselle Poulain de Corbion de faire le catéchisme aux enfants, de s'occuper des pauvres et de donner des soins aux prisonniers. Son amie décède en 1812, et elle continue son œuvre à l'aide notamment de Fanny Chaplain. Lorsque la congrégation est mise en place en 1816, elle est nommée en tant que supérieure. Elle décède à l'âge de 48 ans, le 21 octobre 1821. Marie Connan est née le 25 mars 1778 dans une famille nombreuse. Elle est la fille de Marie-Hippolyte Connan, notaire, et de Françoise-Marie Le Maingant. Trois de ses sœurs deviennent religieuses. Après la Révolution, elle se fait recevoir chez les Filles du Cœur de Marie. Elle songe à s'engager dans la vie religieuse, mais ses parents étant âgés, elle souhaite également rester à leurs côtés. De plus, son directeur de conscience lui conseille de s'engager dans un institut nouvellement créé, en lien avec les besoins de l'époque. Elle s'associe à Marie-Anne Cartel et en 1818, lorsque la congrégation prend une forme plus régulière, elle est nommée supérieure, étant plus libre que ses compagnes, du point de vue de la famille. Elle exerce la fonction de supérieure pendant neuf ans, jusqu'en 1827. Elle endosse ensuite la charge de l'économat. Elle décède le 24 mars 1858, à l'âge de 80 ans, après 37 ans de profession religieuse. Fanny Chaplain est née le 29 juillet 1792, c'est la fille de Marie-Françoise Rouault et de Pierre-Julien Chaplain. Son père était avocat, et aussi l'un des premiers juges au tribunal de commerce de Saint-Brieuc. Sa mère décède alors qu'elle est très jeune. À la suite du mariage de ses quatre sœurs, c'est à elle que revient le rôle de rester auprès de son père. Elle s'engage, parmi les premières, dans la congrégation établie par les Pères Jésuites lors d'une mission en 1816. Elle participe activement aux activités de la communauté de la Providence et à la mort de son père, en 1832, elle s'engage définitivement dans l'institut. Elle est élue supérieure le 8 avril 1836, et conserve ce rôle jusqu'en 1845. Elle devient ensuite maîtresse des novices. Puis, elle est réélue en 1848 et gouverne l'institut jusqu'à son décès le 3 août 1856[1],[2].

Références

  1. Aline Hamon 1909.
  2. Sœur Simone Morvan 2003, p. 2-5.
  3. Eugène Herpin 1900, p. 212-213.
  4. 1 2 Guy Mesnard, La vie consacrée en France : ses multiples visages, Éditions de Solesmes, (ISBN 978-2-85274-198-0), p. 266-268
  5. Auguste Laveille 1903, p. 298-299.
  6. Auguste Laveille 1903, p. 300-301.
  7. Henri Fouqueray, La mère Saint Félix : fondatrice des sœurs de l'Immaculée-Conception de Saint-Méen, Immaculée-Conception, (lire en ligne), p. 29
  8. « La congrégation des Filles de la Providence de Saint-Brieuc en France », sur http://www.lamennais.org (consulté le )
  9. Bulletin des lois de la République franc̜aise, t. XIV, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 324-325
  10. « Les Filles de la Providence de Saint-Brieuc dans l'ouest canadien », sur https://www.lamennais.org (consulté le )
  11. Michel Pratt, Jacques-Cartier. Une ville de pionniers 1947-1969, Pratt, , 279 p. (ISBN 9782981695666), p. 88 et 91
  12. « Filles de la Providence », sur https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le )
  13. Ministère de la Culture et des Communications, « Plaques du monument des communautés religieuses enseignantes », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec
  14. « Monument aux Communautés religieuses enseignantes », sur Commission de la capitale nationale - Québec
  15. « Histoire de la province d'Angleterre », sur https://www.lamennais.org (consulté le ), p. 4-18
  16. (it) Guerrino Pelliccia et Giancarlo Rocca, Dizionario degli Istituti di Perfezione, vol. III, Milan, Edizione Paoline, 1974-2003, p. 1669-1670
  17. (it) Annuaire pontifical, Vatican, Librairie éditrice vaticane, (ISBN 978-88-209-9975-9), p. 1594

Bibliographie

  • Eugène Herpin, L'abbé Jean-Marie de La Mennais, fondateur des Frères de l'instruction chrétienne de Ploërmel et des Filles de la Providence de Saint-Brieuc, Ploërmel, Saint-Yves, , 350 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Auguste Laveille, Jean-Marie de La Mennais (1780-1860), t. I, Paris, Poussielgue, , 564 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Aline Hamon, Notice sur les trois fondatrices et premières religieuses de la Providence, Guingamp, E. Thomas, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Sœur Simone Morvan, « Les filles de la Providence de Saint-Brieuc en France », Études mennaisiennes, no 30, , p. 2-5 (ISSN 1149-1086, BNF 34426467, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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