Ogiyaka

Ogiyaka
宇喜也嘉
Image illustrative de l’article Ogiyaka
Titre
Reine de Ryūkyū
1469 - 1476
Monarque Shō En
Prédécesseur Fille de Gushikawa Aji, reine de Shō Toku
Successeur Kyoni, reine de Shō Shin
Informations personnelles
Warabinā Ogiyaka
Nom divin Gekkō
Titres Yushiiudun Ufuanjiganashi,
Yushiiufuchura Gumēganashi
Date de naissance 1445
Lieu de naissance ?
Date de décès 1505
Lieu de décès Shuri
Résidence Château de Shuri
Sépulture Izena Tamaudun
Famille
Conjoint Shō En
(roi de Ryūkyū)
Enfants Shō Shin
(roi de Ryūkyū)
Utuchitunumuigani 

Ogiyaka (宇喜也嘉 ou 於義也嘉), également appelée Ukiyaka, Ujiyaka ou Yosoidon (1445–1505) est la reine de Shō En, premier roi de la seconde dynastie Shō du Royaume de Ryūkyū de 1469 à 1476, et la mère du troisième roi de la seconde dynastie Shō, Shō Shin, pendant la minorité duquel elle assure la régence du royaume[1]:168,[2]:62.

Liens familiaux

Née en 1445, Ogiyaka devient à 20 ans la seconde femme de Kanamaru (le futur roi Shō En), de trente ans son aîné. Il est alors seigneur de Uchima et occupe divers postes de haut fonctionnaire pour le gouvernement royal de Shō Toku[3]:70.
Bien que les circonstances et la date du mariage ne soient pas enregistrés, elle donne naissance à son premier fils, le futur roi Shō Shin, en 1465.
Elle est également la mère de Utuchitunumuigani, qui deviendra la première Kikoe-ōgimi de la seconde dynastie Shō après la réforme religieuse de son frère.
Les autres enfants de Shō En sont nés de ses maîtresses[4],[2]:62.

Politique

Après la mort du roi Shō Toku, Kanamaru monte sur le trône sous le nom de Shō En, débutant ainsi la seconde dynastie Shō[5].

Ogiyaka porte les titres de Grand Seigneur de la Maison de Yushii Udun (世添御殿大按司加那志, Yushiiudun Ufuanjiganashi, souvent traduit de manière erronée comme son nom en Yosoidon) et l’honorable très belle personne de Yushii (世添大美御前加那志, Yushiiufuchura Gumēganashi)[6]. Yushii (世添), bien que généralement non traduit, peut être compris comme « la personne qui a épousé le roi » ou « la personne qui a conquis le monde »[7].

À la mort de Shō En en 1476, son frère Shō Sen'i monte sur le trône. Environ six mois plus tard, lors de la cérémonie au cours de laquelle le nouveau roi doit recevoir des dieux son nom divin (son couronnement officiel), Utuchitunumuigani, qui, en tant que Kikoe-ōgimi de la famille royale, préside les rites de la cérémonie, annonce que les dieux sont opposés à cette succession et qu’ils préfèrent voir Shō Shin, le fils de Shō En, monter sur le trône. Shō Sen’i abdique en faveur de son neveu, qui n’a alors que 13 ans, et le pouvoir passe dans les mains d’Ogiyaka pour plusieurs années[1]:80,[2]:58-59, 62.

Dans les Annales de la dynastie Joseon (朝鮮王朝実録), des marins coréens de retour de Ryūkyū mentionnent que le roi est alors un enfant et que le pouvoir est aux mains de la reine-mère[1]:180,[8]:91,[3]:73-75.

Il est possible que la réforme religieuse qui place Kikoe-ōgimi au sommet de la hiérarchie des noros soit également le fait d’Ogiyaka[2]:60.
Pendant sa régence, Ogiyaka fait construire le temple Enkaku-ji et le mausolée Tamaudun, qui servent à perpétuer la mémoire des rois de la seconde dynastie Shō. Elle décide également de l’agrandissement du temple Sōgen-ji[9]:109.

Elle meurt en 1505, à l’âge de 61 ans et son nom posthume est Gekkō (月光). Bien que le nom d’Ogiyaka figure sur la stèle dédicatoire de Tamaudun (Ohitori Yosohioton no Anshi Okiyaka (御一人よそひおとんの大あんし、おきやか)), et que le Chūzan Seifu mentionne qu’elle est enterrée à Tamaudun, aucune des urnes funéraires à l’intérieur du monument ne porte son nom. Une urne qui pourrait être la sienne (portant l’inscription Yosoi Udun no Ōanji Ogiyaka (世添御殿之大按司宇喜也嘉)) a été trouvée dans le mausolée Tamaudun de Izena, que Shō En a fait construire pour sa famille restée sur l’île[10],[11].

Légende noire

De nombreux historiens sont d’avis qu’Ogiyaka a orchestré l’abdication de Sen’i pour obtenir le pouvoir. Sa mort très rapide après son abdication est également généralement regardée comme suspecte[1]:180,[2]:62,[8]:91.

Après avoir assis son fils sur le trône, la réforme religieuse qu’elle a probablement orchestré fait de Kikoe-ōgimi, un poste occupé par sa fille, la seconde plus haute autorité du royaume après le roi[12]:33,[13]:182.

Les circonstances de l’accession au trône de Shō Shin sont troubles, il est possible qu’il y ait eu une période d’instabilité politique, voire une guerre de succession, pendant de longues années, comme le suggère le fait qu’il n’y a aucune archives des vingt premières années de son règne, à l’exception des enregistrements des tributs et du commerce avec la Chine. Probablement pour apaiser les tensions, Shō Shin fait de Kyoni (居仁, également traduit « Kyojin »)[1]:169,[2]:64,[8]:92, la fille de Sen’i, sa reine. Elle lui donnera deux fils, Shō Ikō, Prince Urasoe Chōman (尚維衡 浦添王子朝満) (fondateur de la maison Oroku Udun) et Shō Chōei, Prince Ōzato (尚朝栄 大里王子), qui seront tous les deux écartés de la succession, probablement à la suite de conflits et rumeurs orchestrés par Ogiyaka, qui ne voulait pas que des descendants de Sen’i héritent du trône[1]:176, 179, 180,[8]:91-92. Ils sont expressément écartés des personnes autorisées à être enterrés dans la mausolée dynastique de Tamaudun, et leurs noms ne figurent pas sur la stèle dédicatoire de 1501. La tradition veut que la malédiction gravée sur la stèle, censée frapper toute personne extérieure à la liste qui tenterait de se faire enterrer dans la mausolée, ait été dictée par Ogiyaka elle même[2]:63-65,[8]:92.

Les archives étrangères la dépeignent également comme une régente extravagante. Dans les Annales de la dynastie Joseon, les pêcheurs coréens naufragés à Ryūkyū entre 1477 et 1479 racontent qu’elle utilise une chaise à porteur entièrement laquée, avec des décorations en or et soulevée par vingt personnes, alors que son fils, le roi, vient derrière elle sur un simple cheval. Elle se déplace avec une procession de cent personnes dont certains chantent et jouent de la musique, certains portent des armes et d’autres allument des pétards[1]:180,[8]:91,[3]:73-75.

Références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 (ja) Takara Kurayoshi [高良倉吉], L'époque de Ryūkyū, à la recherche d'une perspective historique plus large[琉球の時代 大いなる歴史像を求めて] [Ryūkyū no jidai, ooinaru rekishizō wo motomete], Tōkyō, Editions Chikuma, , 319 p. (ISBN 978-4-480-09443-8)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 (ja) Arashiro Toshiaki [新城俊昭], Histoire de Ryūkyū et Okinawa : Manuel d'histoire pour bien comprendre Okinawa [琉球・沖縄史 沖縄をよく知るための歴史教科書] [Ryūkyū・okinawashi: okinawa wo yoku shiru tame no rekishi kyōkasho], Editions Kōbō Plan Tōyō, , 368 p. (ISBN 978-4-938984-56-4)
  3. 1 2 3 (ja) Shin’yashiki Kōhan [新屋敷幸繁], Histoires de l'histoire de Ryūkyū [琉球歴史物語] [Ryūkyū rekishi monogataru], Gekkan Okinawa, , 271 p.
  4. (ja) Comité éditorial du Grand dictionnaire des généalogies des clans de la préfecture d’Okinawa [沖縄県姓氏家系大辞典編纂委員会], Grand dictionnaire des généalogies des clans de la préfecture d’Okinawa [沖縄県姓氏家系大辞典] [Okinawa ken seishi kakei daijiten], Kadokawa, coll. « Kadokawa’s Great Dictionary of Japanese Names and Historical Figures [角川日本姓氏歴史人物大辞典] [Kadokawa nihon seishi rekishi jinbutsu daijiten] », , 805 p.
  5. (ja) Grande encyclopédie du Japon (Nipponica), Dictionnaire des personnages historiques de Asahi, Petit dictionnaire de l'histoire du Japon de Yamakawa [日本大百科全書(ニッポニカ),朝日日本歴史人物事典,山川 日本史小辞典] Nouvelle édition du dictionnaire encyclopédique mondial [改訂新版,世界大百科事典内言及], « À propos de Shō En, signification et utilisation [尚円(しょうえん)とは? 意味や使い方] », sur Kotobank [コトバンク] (consulté le )
  6. (ja) Sai On [蔡温], chap. 2 « Shō En [尚園] », dans Sai On [蔡温], Chūzan Seifu [中山世譜], vol. 6, (lire en ligne)
  7. (ja) « Les profondeurs de l'Antique Ryūkyū - Le mystère d'Ogiyaka (2) [古琉球の深淵 – おぎやかの謎(2)] » (consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 6 (ja) Asato Susumu [安里進], Takara Kurayoshi [高良倉吉], Tana Masayuki [田名真之], Tomiyama Kazuyuki [豊見山和行], Nishizato Kikō [西里喜行], Maehira Fusaaki [真栄平房昭], Histoire de la préfecture d'Okinawa [沖縄県の歴史] [Okinawaken no rekishi], Editions Yamakawa, coll. « Histoires des préfectures [県史シリーズ] », , 371 p. (ISBN 978-4-634-32471-8)
  9. (en) Georges Kerr, Okinawa, l'histoire d'un peuple insulaire [Okinawa, the history of an island people], Charles E.Tuttle, , 560 p.
  10. « Le patrimoine mondial d'Okinawa - épisode 8 [沖縄の世界遺産_エピソード8] », sur gusuku.que.jp (consulté le )
  11. (ja) « Izena Udun - Sous le ficus géant [伊是名玉陵 - がじゅまるの樹の下で。] », sur goo blog (consulté le )
  12. (en) Edward E. Bollinger, « The Unity of Government and Religion in the Ryūkyū Islands to 1,500 A.D. », Contemporary Religions in Japan, Nanzan Institute for Religion and Culture, vol. 10, no 1‑2, , p. 1‑56
  13. (ja) Bureau de publication du Grand dictionnaire encyclopédique d’Okinawa [沖縄大百科事典刊行事務局], Grand dictionnaire encyclopédique d’Okinawa Vol. 3 Na-N [沖縄大百科事典 下 ナ〜ン] [Okinawa dai hyakka jiten ka na kara n], Okinawa Times, , 1018 p.
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