Tuntenhaus (Berlin)

Photo couleur d'un immeuble. Sont suspendus aux fenêtres plusieurs drapeaux et banderoles, dont deux rouge et noir.
La maison du numéro 86 la Kastanienallee en juin 1990.

La Tuntenhaus est un projet de logement communautaire géré par des homosexuels berlinois, entre les années 1980 et aujourd'hui. Tuntenhaus signifie littéralement « maison des tantes/tata/tapettes »

Histoire

Bülowstraße

Photo couleur d'un immeuble avec, devant, quelques arbres.
La première Tuntenhaus, à Bülowstraße 55 (1981–1983), photo prise en 2022.

La première Tuntenhaus berlinoise a été fondée le , au numéro 55 de la Bülowstraße, dans le quartier de Schöneberg. Elle était habité principalement par des hommes gays dans des logements partagés, rénovés et agrandis par ces derniers. Cette première Tuntenhaus a entretenu des liens étroits avec l'Homosexuelle Aktion Westberlin. En décembre 1983, la maison fut finalement évacuée et, peu de temps, après partiellement démolie[1].

Mainzer Straße

Photo couleur. On voit 5 personnes (Lars, Paula, Louis, Pünktchen et Mutti/Basti) au balcon d'un immeuble. Est suspendue à ce balcon une banderole sur laquelle est écrit : "Besetzt". Paula a une ombrelle à la main.
Apparition de certains de ses membres au balcon de la Tuntenhaus de Mainzer Straße, à l'été 1990.

Le projet de Tuntenhaus continue en 1990 avec le Forellenhof, dans le quartier de Friedrichshain. C'était l'une des premières maisons occupées de la Mainzer Straße. Une trentaine d'hommes gays ont pu s'y installer après l'avoir rénovée[2]. Le documentaire Battle of Tuntenhaus de la réalisatrice américaine Juliet Bashore donne un aperçu de la vie du lieu à cette époque.

En novembre 1990, le squat est, comme le reste de la Mainzer Straße, expulsé après de violents affrontements entre la police et des groupes autonomes. Un second documentaire réalisé par Juliet Bashore, Tuntenhaus-Update, relate la vie des anciens résidents après l'expulsion.

Kastanienallee

Après l'expulsion de la Mainzer Straße, un grand nombre de résidents ont emménagé dans l'aile arrière du numéro 86 de la Kastanienallee, dans le quartier de Prenzlauer Berg[3]. Contrairement aux précédents projets, cette Tuntenhaus était moins orientée politiquement. Néanmoins, de nombreux résidents ont participé à des initiatives politiques autonomes telles que le « gay Antifa », le magazine Tuntentinte né des rencontres Homoland, et le bar punk H-bar[4]. Le Hoffest, un festival annuel y est également organisé.

La maison avait été expulsée par l'Administration municipale du logement en RDA, avant d'être à nouveau occupée après la réunification. Des contrats de location ont ensuite été conclus avec la Société de logement de Prenzlauer Berg (aujourd'hui Gewobag ), qui est désormais responsable du bâtiment.

Photo couleur d'un immeuble sur lequel on peut lire tout en haut : "Kapitalismus" (capitalisme) ; à gauche, de haut en bas : "normiert" (normé) ; au milieu, se croisant : "zerstört" (détruit) et "tötet" (tué).
Lettrage sur la façade de la maison.

Alors que la Tuntenhaus était située dans l'aile arrière du bâtiment, des projets non commerciaux ont été créés dans l'aile avant : la Galerie Walden, un point de distribution de nourriture (similaire à la Tafel) et un magasin gratuit.

La Tuntenhaus est considérée comme l'une des dernières institutions à ne pas avoir été affectées par la gentrification de la Kastanienallee. Après son rachat en 2004, les trois nouveaux propriétaires — Brauner, Witte et Schlothauer — ont décidé de rénover la maison. Les habitants du 86 de la Kastanienallee ont protesté contre les augmentations de loyer et les changements de conditions de vie liés à ce rachat lors de plusieurs rassemblements. Ils ont également installé une enseigne lumineuse sur laquelle était écrit : « Le capitalisme normalise, détruit, tue ».

En mars 2024, un accord d'achat est annoncé pour la Tuntenhaus. Les résidents et les sympathisants ont appelé le district de Pankow à utiliser son droit de préemption pour préserver le bâtiment, ce qu'il fait en mai de la même année[5]. La maison a été vendue à la fondation Edith Maryon, qui s'engage alors à préserver des logements abordables sur le long terme[6].

Projets similaires

Plusieurs établissements similaires ont existé par le passé : la Tuntenhaus de Brême, la Tuntenhaus « DerDieDas » à Berne ou la Tuntenhaus gay et lesbienne de Genève. Par ailleurs, ces dernières années, plusieurs squats, composés en majorité d'hommes ou de femmes homosexuelles, des Wagenplatz et des projets de logements comme « le Kanal » ont émergé en Europe, dont certains existent encore aujourd'hui[réf. nécessaire].

Notes et références

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Tuntenhaus (Berlin) » (voir la liste des auteurs).
  1. Berlin – Erinnerungen an ein Haus voller Tunten (Memento vom 26. Oktober 2004 im Internet Archive)
  2. Tuntenhaus Mainzer Straße (Memento du 4 juillet 2008 sur Internet Archive)
  3. (de) Darius Ossami, Kampf gegen Verdrängung: Berliner Tuntenhaus sucht Finanzier, Die Tageszeitung: taz, (ISSN 0931-9085, lire en ligne)
  4. Martin Seeliger, « Le Berlin des années 1990 : quand les « rats queer » créèrent la Maison des Tantes et trainèrent dans la boue le conformisme gay », Allemagne d'aujourd'hui, no 240, , p. 93-102 (lire en ligne)
  5. (de) Berliner Ikone droht das Aus: „Tuntenhaus“ in Prenzlauer Berg soll verkauft werden., Der Tagesspiegel Online. (ISSN 1865-2263, lire en ligne)
  6. (de) Marie Frank, Queeres Hausprojekt in Berlin: Das Tuntenhaus ist gerettet., Die Tageszeitung: taz, (ISSN 0931-9085)

Voir aussi

Filmographie

  • Juliet Bashore : The Battle of Tuntenhaus . Documentaire en deux parties (1991 et 1993), 46 minutes.

Liens externes

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